Fabien Assigana, acteur sociopolitique camerounais qui nourrit l’ambition d’âtre à la prochaine élection présidentielle prévue en 2018…

bien connu comme un des membres fondateurs du Mouvement de la Renaissance du Cameroun que dirige le pro-français Maurice Kamto, vient d’interpeller par une lettre ouverte, le chef de l’Etat, Paul Biya sur la problématique du F Cfa.

Voici en intégralité ladite lettre.

ABANDON DU FRANC CFA : LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Monsieur le Président ;

En tant qu’acteur sociopolitique, permettez-moi d’apporter un peu de ma générosité intellectuelle en vous entretenant sur la problématique du franc CFA.

Maîtriser la création de la monnaie et sa circulation donne à un État un pouvoir considérable dans la création de la richesse.

Au cours d’une conférence de presse lors de la célébration de la fête nationale de son pays, le Président Idriss Déby Itno à donné son avis sur la problématique du franc CFA. Il a dit haut et fort que débattre sur l’avenir du franc CFA n’était plus un sujet « tabou », et qu’il était temps et tout-à-fait normal que ces accords soient au mieux revisités, et au pire dénoncés.

De par la bouche de Michel Sapin, Ministre des Finances et des Comptes publics de la France, rien n’est figé ni tabou. La France est maintenant prête à abdiquer, grâce à la pression des patriotes sur le dossier franc CFA. Rediscuter des termes de l’accord de coopération monétaire qui lie les pays de la zone Franc à la France ? Pourquoi pas a-t-il lancé.

Il a continué en disant que « la France est entièrement ouverte à toutes les discussions et que tous les pays-membres de cette zone monétaire sont libres et indépendants, ils peuvent donc demander à rediscuter les accords monétaires qui les lient à la France ».

Toutefois, Michel Sapin, a interpellé la responsabilité de chaque pays-membre de la zone Franc « de rediscuter les accords qui le lie à la France au plan monétaire, financier et économique. Rester ou partir de la Zone franc? Ce sera donc à chaque État de décider », a-t-il clamé.

Conscients de ses responsabilités devant l’avenir, le gouvernement camerounais doit dès maintenant, prendre pour engagement d’œuvrer pour son développement, en prenant le courage entre ses deux mains pour dénoncer cette monnaie de singe, l’un des derniers chainons du colonialisme.

Nous noterons au passage que lorsque, chaque deux ans, la France imprime à la Chamalières 1000 milliards de francs CFA, le coût d’impression de ces bouts de papiers représente 25% de ces 1000 milliards, soit 250 milliards de francs CFA, somme qu’elle prélève, en euro, dans notre argent qui se trouve dans le compte d’opérations logé au trésor français. Ce qui représente près de 400 millions d’euros. Il en coûtera bien moins au Cameroun lorsqu’il imprimera sa propre monnaie.

Ainsi, au lieu de se résigner et de prier Dieu pour que le malheur ne continue pas à s’abattre sur nous, notre pays se doit de prendre des initiatives afin d’éviter le pire, voire d’en tirer des leçons avantageuses pour l’après-franc CFA. Si le Cameroun veut réellement sortir de son sous-développement, la crise économique actuelle est certainement une occasion d’en poser les jalons.

La Chine vient en force avec son yuan. L’euro, le dollar et les autres monnaies sont déjà là. Le départ du franc CFA vers notre propre monnaie, sera une occasion en or pour créer la concurrence entre ces monnaies. Le Cameroun doit bénéficier de cette logique de domination de la Chine dans les échanges économiques en ouvrant le jeu du marché financier. Ceci doit être un des aspects de la nouvelle politique monétaire, celle de l’ouverture, qu’il faut appliquer.

Ainsi en utilisant par exemple le Yuan comme monnaie de règlement et de réserve dans ses transaction avec la Chine, le Cameroun ne sera plus obligé de déposer 50% de ces paiements directs provenant des transactions Chine-Cameroun au compte d’opérations logé au trésor français.

Selon l’agence ECOFIN, L’Angola a noué un accord monétaire avec la Chine qui fait du yuan la deuxième monnaie ayant cours légal dans le deuxième pays producteur de brut en Afrique. Le kwanza sera aussi accepté en Chine, selon cet accord qui va permettre à l’Angola d’importer davantage de biens chinois et d’être moins dépendant du dollar.

Monsieur le Président, vous nous avez promis l’émergence en 2035. Quoique j’en doute sincèrement, voici au moins comment créer les mécanismes financiers qui nous permettrons de financer la relance de notre économie.

Profonde considération

Fabien Assigana

Acteur sociopolitique

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