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Liberté d’expression: Un ministre camerounais accusé de museler les jeunes

Bien que dynamique et créatif, le ministre de la jeunesse dont la physionomie et l’âge n’ont rien avoir avec la jeunesse aux yeux des jeunes, a démontré à la Secrétaire Générale de l’OIF Michaëlle Jean que…

Lucien Embom ׀ La Voix Des Décideurs – C’est le troisième âge qui pense à la place des jeunes au Cameroun et décide sur leur avenir. En effet, lors de sa visite au Cameroun, la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie Michaëlle Jean a eu un échange avec les jeunes Camerounais. Notamment les leaders d’associations jeunes le 14 avril 2015 au Palais des Congrès de Yaoundé. Au cours de cet échange qui se voulait franc et animé par les jeunes, le ministre camerounais de la Jeunesse et de l’Education Civique, s’est brillamment illustré par des basses manœuvres.

Liberté d’expression : Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt  musèle les jeunes

Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt a privé de parole, certains leaders jeunes qui avaient un tas de choses à dire. Des observateurs attentifs ont remarqué que le Docteur Pierre Ismaël Bidoung a affiché une détermination folle à étouffer les jeunes, qui pouvaient présenter les problèmes réels de la jeunesse camerounaise. Cette détermination qui l’a poussé au ridicule. Il s’est même vu corriger à plusieurs reprises par la Secrétaire Générale de l’OIF malgré le désarroi de l’assistance.

La dynamique du musèlement en marche

Le rôle de Bidoung Kpwatt était d’empêcher les jeunes de dire « ce qui peut salir l’image du Cameroun ». C’est ce qu’ont laissé entendre quelques jeunes avant l’entrée en salle de la Secrétaire Générale. « Ne dites rien qui puisse salir l’image du Cameroun votre pays. Vous n’avez rien à dire ici.», Ces propos auraient été adressés aux jeunes mobilisés comme nous l’a souligné un étudiant.

Bien que dynamique et créatif, le ministre camerounais de la Jeunesse dont la physionomie et l’âge n’ont rien en commun avec la jeunesse aux yeux des jeunes, n’a pas manqué l’occasion de démontrer à la Secrétaire Générale de l’OIF en mondovision, que c’est le troisième âge qui pense et décide à la place des jeunes au Cameroun.

Première preuve. Il a déclaré le 14 avril 2015 à la SG de l’OIF que : « La jeunesse camerounaise m’a chargé de vous demander d’être sa marraine ». Seconde preuve. Les textes du Conseil National de Jeunesse élaborés par le Ministère de la Jeunesse limitent l’âge de la jeunesse à 35 ans, les observateurs lucides de la scène sociopolitique remarquent et déplorent le fait que tous les chefs de ce département ministériel, soient presque du troisième âge.

Mise en scène planifiée

Des sources internes au Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique, nous ont d’ailleurs révélé qu’une véritable mise en scène a été planifiée avant le début de l’échange du 15 avril 2015, entre la SG de l’OIF et l’assistance constituée majoritairement des étudiants des Universités de Yaoundé I et de Yaoundé II. Ces derniers ont été soigneusement recrutés pour jouer le rôle d’applaudimètre. Au regard de ce qui s’est passé, on peut dire que la mission a été accomplie.

Mascarade de haut niveau

Au sortir de cette parodie d’échange, des étudiants des Universités de Yaoundé I et II se sont réjouis d’avoir fait le sale boulot. Ceux-ci ont rempli les fiches de présence en lieu et place des leaders d’association.

Deux « intrus » réagissent

En dehors des quatre interventions préparées et orientées d’avance par les organisateurs, le MINJEC n’a pas été favorable à l’intervention de deux leaders d’association inattendus. Il s’agit du président de l’ONG « Afrique Avenir » Franc Hubert Atéba et du leader du Cercle de Réflexion d’Action pour le Développement (CERAD) Denis Emilien Atangana. En jouant au protocole de Michaëlle Jean, Pierre Ismaël Bidoung a dévoilé sa volonté de museler la jeunesse.

En tant que modérateur de l’échange, il a même feint de se soucier de l’agenda de la patronne de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Le nombre de questions posées par les jeunes a été limité à quatre. Cette formule n’a pas prospéré à cause de l’esprit d’ouverture qui caractérise Michaëlle Jean. Elle ne s’est pas faite priée pour ramener le modérateur du jour en déclarant que : « Je suis venue échanger avec les jeunes. » Le MINJEC a été gêné aux entourloupes par la ténacité de deux invités inattendus et pertinents.

« Afrique Avenir » pour une Francophonie sans visa

Prenant la parole, Franc Hubert Atéba a profité de cet échange pour vendre son ONG. Il a fait un plaidoyer pour une intégration plus accrue entre pays membres de la Francophonie. Même si sa proposition a semblé utopique pour bon nombre d’observateurs, le président d’Afrique Avenir est favorable à une « Francophonie sans visa ».

Le CERAD pour une majorité électorale à 18 ans au Cameroun

Le président exécutif du CERAD, Denis Emilien Atangana s’est adressé à Michaëlle Jean en ces termes: «  Je suis d’accord avec vous que la jeunesse est une force incontournable. Comment peut-elle être une force si elle n’est pas consciente de sa force ? Selon une étude réalisée après les élections législatives et municipales en 2013 au Cameroun, 95 % d’étudiants en âge de voter n’étaient pas inscrit sur les listes électorales. Au Cameroun, à 18 ans on peut être fonctionnaire, militaire et même mourir dans une guerre. Mais à 18 ans, on n’exerce pas son droit politique. Comment voulez-vous que dans cette condition que la jeunesse soit perçue comme une force au Cameroun ? »

Engagement politique : un appel de l’OIF aux jeunes

Et à la Secrétaire Générale de l’OIF de réagir devant les jeunes: « Le vote est un devoir citoyen. Ne pas voter c’est se suicider. C’est refuser d’exister et de vivre. Aux Etats-Unis, c’est grâce aussi aux jeunes que, ce qui était impossible est devenu possible avec l’élection d’un Noir à la Maison Blanche, Barack Obama ». Elle a ainsi invité les jeunes Camerounais à participer à la vie politique de leur pays.

Des jeunes Camerounais ont du mal à s’exprimer à travers le Conseil National de la Jeunesse du Cameroun (CNJC) qui est un organe sans statut juridique. Un état de choses qui semble arranger, pour des raisons inavouées, le Ministère de la Jeunesse et ses collaborateurs. Car, ici, le CNJC est considéré comme une sous-direction apprend-on.

D’ailleurs, tout est organisé pour que le CNJC soit initié à la corruption et brille dans l’inertie. Comment comprendre que le budget 2014 du CNJC, élevé à 30 millions de FCFA soit disponible seulement en fin d’année notamment en décembre 2014 ?

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