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La mort est la fin de la vie. C’est l’instant de regret qui impose au moins, la dignité d’une honorable fin. C’est en cela que l’anthropologie africaine en fait un instant d’introspection fondamental pour faire le deuil et permettre au vivant de passer à autre chose.

La catastrophe d’Eséka nous met inexorablement, face à l’hideux visage d’une bataille futile où généralement, ceux qui ont pris le train de l’histoire en marche, travaillent à tronquer les chiffres pour servir au monde ce qui serait « acceptable ». Personne n’a perdu de vue, qu’en février 2008 pendant les émeutes dites de la faim, le dénombrement fut encore une fois de plus à l’épreuve des politiques et de la politique, accentuant les clivages entre l’ordre dominant et la société civile.

Ce qui est indiscutable dans les sciences du développement et en démographie en particulier, c’est le rôle clef que le juste décompte joue dans la prise de décision objective et inclusive. C’est donc, quand il s’agit de celui des Hommes, même mort, un indicateur sûr de développement.

« Instaurer la falsification systématique des chiffres autour des morts, devient de ce point de vue, trahir la mémoire endogène et entamer au demeurant l’idée de l’amélioration du cadre de vie et bien être des gens dont l’absence de certains n’est pas banale », Narcis Bangmo

Instaurer la falsification systématique des chiffres autour des morts, devient de ce point de vue, trahir la mémoire endogène et entamer au demeurant l’idée de l’amélioration du cadre de vie et bien être des gens dont l’absence de certains n’est pas banale.

Personne, ne sait jamais demandé pourquoi la température n’est toujours pas retombée après les émeutes dites de la faim. Les meilleures politiques de population dans les sud actuellement, travaille à corriger les déclarations des décès qui font le plus défaut à la démographie africaine, l’empêchant de mettre au servir de tous, une collecte plus saine de l’information.

Tronquer donc les chiffres, même ceux des morts d’un accident, c’est rentrer dans un rituel sans fin de triche dont le point culminant est le plus souvent le recensement général et autres enquêtes qu’on sait, dans le balbutiement de la mise en œuvre des programmes socio-économiques qui n’en sont plus de véritables, à juste titre. Les clivages entre les pouvoirs publics et les mouvements sociaux se creusent aussi, du mépris condescendant des actions dont la finalité est davantage corrélée à un conservatisme rébarbatif.

S’il faut reconnaître que le dénombrement fait peur à tous les politiques de tous les pays, même les plus sérieux au monde, il est quand important de faire remarquer qu’ailleurs, en occident notamment, les guerres de chiffres ont davantage lieu dans les batailles d’opinion, ou du nombre manifestants, mais jamais sur le nombre de morts !

Mentir sur les chiffres dans la catastrophe d’Eséka comme ce fut déjà le cas après les événements de février 2008, serait se refuser de questionner la gravité de cet accident dont les responsabilités iraient, des conditions de privatisation aux erreurs humaines, en passant par l’état des véhicules et le cahier des charges des gestionnaires. Ce serait surtout, sous-estimer son impact social pour se faire bonne presse au risque de s’interdire de “reproblématiser” le transport ferroviaire au Cameroun.

Il serait donc utile pour une fois, que la majorité bedonnante prenne de la mesure, si elle travaille véritablement à faire du mouvement des populations un facteur de développement et d’intégration sociale. La bonne gouvernance et l’image de notre pays en dépendent.

 

Narcis Bangmo
Sociodémographe et Ecrivain

 

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