Les réfugiés centrafricains, tchadiens et nigérians installés au Cameroun sont en danger sanitaire. Depuis le début de l’année 2016, le Haut-commissariat des réfugiés (HCR) se retire de la prise en charge du paiement des frais dans les hôpitaux camerounais…comme promis en 2015.

© Daniel Ebogo ǀ La Voix Des Décideurs – Les réfugiés des guerres de Boko Haram, de République Centrafricaine (Rca) et d’ailleurs n’ont décidément pas de chance avec la vie. Après que  Monsieur KHASSIM DIAGNE, Représentant du Haut Commissariat des Nations-Unis pour les Réfugiés (HCR) au Cameroun leur ait annoncé que leur ration alimentaire passe de deux repas à un seul repas par jour, ces réfugiés en quête d’espoir et d’une vie meilleure loin des zones de conflits doivent faire face à un nouveau péril, celui de la prise en charge de leurs soins médicaux dans les hôpitaux. En effet, le HCR est quasiment en faillite d’argent au Cameroun et ne parvient plus à faire face aux besoins de premières nécessités de ses protégés. La nourriture et la santé sont les premiers domaines sociaux de base touchés.

En février 2016 déjà, la collaboration entre les institutions sanitaires camerounaises, sous la houlette du ministère de la Santé publique du Cameroun d’une part, et le HCR d’autre part, a connu une perte de vitesse pour le moins vertigineuse. En effet, le HCR a décidé de ne plus payer les frais d’hospitalisation d’une frange majoritaire de réfugiés dans les centres de santé et les hôpitaux du Cameroun. Par la suite, ce sont les frais de prise en charge des ordonnances de médicaments qui ont perdu le bénéfice des paiements.

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A cela, il faut aussi ajouter la prise en charge des dépenses mortuaires. De fait, par le passé, le HCR payait aux réfugiés les coûts d’hospitalisation ainsi que les médicaments qui étaient prescrits à la seule condition que les pris en charge présents une carte d’identité de réfugié et aussi qu’il ne soit pas dans la poste de demandeur d’asile au Cameroun. Etant donné dans ce deuxième cas, que l’asile intègre l’étranger au pays sur le long terme tandis que le statut de réfugié n’est en principe que temporaire.

De plus, le HCR prenait en charge les frais de morgue, lorsqu’un réfugié venait à décéder au Cameroun. Ce à quoi, il fallait ajouter toutes les dépenses entourant les obsèques et l’enterrement. L’on ne peut désormais que s’interroger sur le comment est ce que des réfugiés démunis vont gérer leurs morts. On se souvient qu’en avril 2016, le journal La Voix Des Décideurs rapportait déjà que le HCR était accusé d’avoir abandonné le corps d’un réfugié centrafricain à la morgue de l’hôpital du Centre Jamot au quartier Mballa II. L’on est tenté de redouter que des cas similaires se démultiplient.

Cette situation se produit alors même que la mise en œuvre des activités génératrices de revenus pour ces réfugiés est loin d’être un acquis.

 Budget en baisse

La baisse du budget alloué par le Haut commissariat des Nations unies pour les refugiés (HCR) pour le compte de l’année 2016 a chuté comme cela s’augurait depuis l’année dernière et les effets sont donc connus. C’est le ratio entre 55 millions de dollars pour 455 000 réfugiés qui fait problème, il est insuffisant pour apporter satisfaction à tous ces réfugiés. En effet, du fait de la crise au Nigéria et en RCA, le Cameroun connaît un afflux inattendu de réfugiés. Et toutes les prévisions sur les chiffres ne cessent d’être battues en brèche par la réalité.

Il est aujourd’hui à peine excessif de dire que le HCR abandonne ses réfugiés. La seule nuance reste que, quelques catégories seules restent prises en charge. « Aujourd’hui, commente un médecin camerounais, nous ne prenons en charge que les réfugiés comme les femmes enceintes, les enfants non accompagnés, les survivantes de violences sexuelles ou encore les personnes vivants avec le VIH/SIDA ».

Cela est d’autant plus préoccupant que La Convention de 1951 relative au statut des réfugiés stipule que, les réfugiés doivent bénéficier d’un accès aux services de santé identique à celui de la population d’accueil, tandis qu’en vertu du droit international, toute personne a le droit de jouir d’un état de santé physique et mentale répondant aux normes les plus élevées.

Vivement que la communauté des donateurs du HCR se mobilise. Car de fait, cette institution est entrain de passer à côté de l’une de ses priorités qui consiste à améliorer l’état de santé des populations réfugiées, en plus de leur assurer l’accès à l’éducation et bien d’autres.

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