Accueil >> Gouvernance >> Civisme >> Cameroun / Lutte contre la corruption : Pourquoi la Conac veut se muer en procureur ?
????????????
????????????

Cameroun / Lutte contre la corruption : Pourquoi la Conac veut se muer en procureur ?

Le Président de la Commission Nationale Anti- Corruption (Conac), Rev. Dr. Dieudonné Massi Gams, a adressé ses attentes  au président de la République destinataire de son rapport 2015 présenté, le 29 décembre 2016 à Yaoundé.

© Wily Zogo La Voix Des Décideurs – La Conac n’est pas vraiment au point. En matière de lutte contre la Corruption dans le monde, l’on peut faire nettement mieux. La Conac en a conscience et à la faveur de la présentation de son 6ème rapport sur l’Etat de la lutte contre la corruption au Cameroun, son président  Rev  Dieudonné Massi Gams n’a pas manqué l’occasion de rappeler un certain nombre de lacunes propres à cette institutions. Dans le même sens, il a formulé des propositions de solutions qui sont au final de nature à ériger la Conac au rang de procureur.

 La Conac n’a pas de siège social pourtant, «l’institution doit avoir ses propres locaux répondant aux normes internationales» a expliqué le président. Elle n’a pas non plus de représentations dans les 10 régions du Cameroun, une situation qui alimente les réseaux de faux agents Conac. De plus, elle n’a pas de personnels de terrain pour mener avec efficience, des enquêtes et audits sur l’ensemble du territoire. «Nous ne disposons que de 68 personnels dont 34 cadres seulement traitent des dossiers » a longuement déploré l’homme d’église qui doit assainir les mœurs des Camerounais. «Dans certains pays a-t-il noté, le personnel des institutions chargées de la lutte contre la corruption sont dotées de 600 voire 3000 personnels comme c’est le cas au Botswana, qui, est d’ailleurs l’un des pays les mieux classés au monde dans la lutte anti-corruption».

 Ce que la Conac veut

 Pour Dieudonné Massi Gams, la  solution pour faire de la Conac un outil plus sérieux et plus pertinent, consiste à « recourir à l’usage des informateurs confidentiels (des espions) qui seront rémunérés par la Conac », « faire prêter serment aux enquêteurs et cadres de la Conac »  « faire déclencher les poursuites judiciaires directement par la Conac » et enfin « faire des enquêteurs de la Conac des Officiers de police judiciaire ». La situation est d’autant plus urgente que ces agents disent subir des menaces par téléphone de personnes contrôlées. Mais, la plus importante requête du pasteur a été qu’une loi anti corruption soit prise et que « les prérogatives d’institution chargée de recevoir les déclarations de la loi sur la déclaration des biens et l’article 66 de la constitution lui soient confiées ». Au risque de faire la grenouille qui voulait se faire bœuf, la Conac (r)appelle ainsi à l’application de l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens, dans un contexte où il manque plus de volonté politique que toute autre chose.

 Si les requêtes de la Conac vont croissantes au bout des années, selon l’institution que préside le Révérend Dieudonné Massi Gams,  les dénonciations des actes de corruption dans tous les domaines sont elles aussi en nette progression au Cameroun. En effet, la Conac soutient que les dénonciations qui étaient limitées à 164 en 2008, sont passées à 3268 en 2015. La cérémonie de présentation qui s’est faite devant un parterre pluriel de personnalités représentant l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre la corruption au Cameroun, s’est présentée comme une occasion pour le président de magnifier la participation de plus en plus collaborative des Camerounais dans la lutte qu’elle mène. La Conac qui a été boudée depuis sa création en 2006 explique cette nette augmentation de l’implication de tous par le traitement des dénonciations plus diversifié selon que la Conac est ou non compétente.

 Même si les ambitions de la Conac sont plus grosses chaque jour, au point de vouloir concurrencer le parquet et avoir sa propre police judiciaire, elle a néanmoins regrettée d’être souvent saisie par les citoyens qui n’ont pas eu satisfaction devant les juridictions. Aussi, elle sait qu’elle doit saisir le garde des Sceaux en cas de corruption des magistrats et greffiers. Elle qui s’emploie dans la prévention des actes de corruption se targue tout de même d’avoir organisé le concept de « Concours sans Corruption » et d’avoir mené jusqu’en 2015, une bonne campagne d’information et de sensibilisation contre la corruption, notamment avec son programme radio et télé  « Espace Conac » totalisant plus de 380 émissions.

 Un recouvrement de 16 milliards de FCFA

 Pour 2015, la Conac assure qu’elle s’est montrée plus incisive sur les contrôles inopinés, les audits administratifs et financiers comme à l’Hôpital Central de Yaoundé, aux Hôpitaux Généraux de Yaoundé  et  Douala, la CRTV, la SODECOTON ou encore la Direction des Examens du Minesec. Elle présente aussi à son actif, un peu plus de 508 personnes auditionnées et dont les dossiers ont fait l’objet d’une transmission au DGSN. La Conac se réclame par ailleurs de multiples enquêtes, notamment dans les industries extractives, dans les indemnisations de la catastrophe de Nsam et Efoulan, de la fraude fiscale des Brasseries du Cameroun SA, de la CDC dans le cadre de la corruption pour les  terres.

Le Pr François Anoukaha en sa qualité de vice président de la Conac est allé dans le détail des 21 contrôles effectués en 2015, à l’instar de celui sur les travaux de la route Ngaoundéré-Belen.

En 2015, il ressort que 42 affaires ont été transmises par la Conac aux tribunaux et 28 ont abouties à des condamnations. Au total, c’est 6 milliards de FCFA de recouvrement  fiscal, de retombées de l’usage de faux virements qui a été réalisé et 10 milliards de FCFA sont en cours de recouvrement.

La Conac ressort par ailleurs qu’en 2015, le Port de Kribi a été touché par 19 milliards de FCFA de détournés et les impôts et taxes que MTN et Orange ne payent pas préjudicient l’Etat au même titre, que 8 milliards de FCFA sont attendus par l’Etat sur Nsam et Efoulan .

Par ailleurs, la Conac a classé les dix régions du Cameroun par ordre d’efforts de lutte contre la corruption : Adamaoua est en tête et suivie par l’Extrême Nord, le Centre, le Sud-Ouest , le Nord-Ouest, le Nord, l’Ouest, l’Est, le Sud et le Littoral.

 

Notifications

message_du_chef_de_l_etat_a_la_jeunesse_10.02.2017_full

Paul Biya aux jeunes : « Chacun d’entre vous est une étoile dans notre ciel »

Le texte intégral du message du chef de l’Etat Paul Biya à la jeunesse, dans …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »