Accueil >> Magazine >> Ces ex-présidents qui nous ont quittés depuis 2015

Ces ex-présidents qui nous ont quittés depuis 2015

La classe politique mondiale subit de plein fouet les affres du temps. On assiste de plus en plus à un vieillissement voire à la disparition de figures politiques d’envergure. Et l’année 2015 est une des plus prolifiques avec plus de sept ex-présidents passés de vie à trépas après la mort de Nelson Mandela le 05 décembre 2013.

© Patricia Etonde (Stagiaire) ׀ La Voix Des Décideurs  – L’ouverture du bal débute avec Mathieu Kérékou. L’ex-président béninois est mort à l’âge de 82 ans le 14 octobre 2015. Il  a gouverné le pays pendant près de 30 ans, dont 19 en tant que putschiste. Né le 2 septembre 1933 à Kouarfa, dans le nord du Bénin, il est sans doute l’homme politique qui a le plus marqué le Bénin, qu’il a dirigé d’abord comme autocrate militaro-marxiste avant d’accepter la démocratie et d’être élu à deux reprises. L’ancien chef de l’Etat, qui avait pris l’habitude de porter en public des lunettes fumées, avait quitté le pouvoir en 2006, à l’âge de 72 ans, atteint par la limite d’âge constitutionnelle.

Le 10 novembre 2015, c’est au tour du patriarche des Allemands, Helmut Schmidt, de décéder à l’âge de 96 ans à Hambourg dans la ville qui l’a vu naître. L’ancien chancelier, qui dirigea le gouvernement de la République Fédérale d’Allemagne (RFA) de 1974 à 1982, a reçu un hommage unanime, en Allemagne comme à l’étranger. Il était un européen convaincu qui a œuvré de concert avec Valery Giscard d’Estaing en faveur du projet européen, par exemple en mettant sur les rails l’élection au suffrage universel du Parlement européen. L’ex-chancelier  était toujours présent dans la vie politique allemande, régulièrement invité à commenter la vie politique et la plupart du temps  sur les plateaux de télévision, une cigarette à la bouche.

La série noire continue en 2016

L’année 2016 a également vu la disparition d’autres leaders politiques tels que l’ancien président italien Carlo Azeglio Ciampi.  Il fut le président de la République italienne de 1999 à 2006. Il est décédé le vendredi 16 septembre 2016 à l’âge de 95 ans dans une clinique de Rome, où il était hospitalisé depuis plusieurs semaines. Principal artisan de l’entrée de l’Italie dans la zone euro et unanimement respecté en Italie, du simple citoyen au monde politique et économique, Carlo Azeglio Ciampi était entré très tard en politique à l’âge de 72 ans, en prenant la tête d’un gouvernement de transition, en avril 1993. Avec l’arrivée de Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement en mai 1994, il redevient simple citoyen et ne reparaît en politique qu’en mai 1996, à la tête d’un super-ministère de l’Economie d’éphémères gouvernements de centre-gauche, avant d’être élu  triomphalement à la présidence de la République en 1999.

Ce même mois, le prix Nobel de la paix 1994 et ancien président israélien Shimon Pérès mourrait. Le doyen de la scène politique israélienne, Shimon Pérès, s’est éteint à l’âge de 93 ans, à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Il a tiré sa révérence le 28 septembre 2016 et a été dix-huit fois ministre ou premier ministre. De tous les responsables de son pays, il était à la fois le plus ancien et le moins israélien. Longtemps mal-aimé parmi les siens, toujours prêts à moquer son inaptitude persistante au suffrage universel, et pourtant sans conteste meilleur commis voyageur d’Israël. Cultivé, épris de littérature, parfois visionnaire, et en même temps sinueux, âpre avec ses adversaires comme avec ses alliés, et comme incapable surtout de résister à l’attrait du pouvoir. D’ailleurs, son empreinte sur les affaires politiques de son pays sera manifeste notamment avec la signature des accords d’Oslo le 13 septembre 1993, sur la pelouse de la Maison Blanche. La poignée de main entre le premier ministre israélien et Yasser Arafat est immortalisée, mais Shimon Pérès est honoré conjointement avec les deux responsables par un prix Nobel de la paix décerné en 1994. Ce prix couronne une évolution politique commencée plus d’une décennie auparavant. Il est à présent la   « colombe » la plus célèbre d’Israël.

Le 24 octobre 2016, c’était le tour de l’ancien président uruguayen Jorge Batlle.  Né le 25 octobre 1927, il avait présidé l’Uruguay entre 2000 et 2005 à l’aube de son 89 eme anniversaire. Membre d’une dynastie politique d’origine catalane qui a compté quatre chefs d’état, il est décédé au Sanitario Americano de Montevideo des suites d’une opération pour un caillot sanguin après une chute, a déclaré la clinique. Ancien avocat et journaliste de radio, il avait été emprisonné après le coup militaire de 1973 et interdit de toute activité politique en 1976. En 2002, le président cubain, Fidel Castro, avait qualifié Jorge Battle de « laquais » de Washington, ce qui avait provoqué la rupture des relations diplomatiques entre Montevideo et la Havane.

En novembre 2016, le père de la révolution cubaine Fidel Castro tirera la révérence et cela  suscitera une très vive émotion au Cuba, en Afrique et dans le reste du monde.  Il est décédé à l’âge de 90 ans à la Havane, a annoncé son frère Raul Castro, qui lui a succédé au pouvoir en 2006. Il a ensuite précisé que Fidel Castro serait incinéré samedi aux premières heures de la matinée, « conformément à la volonté exprimée par le camarade Fidel ».

Neuf jours de deuil national ont été décrétés par les autorités cubaines. Castro avait abandonné en avril 2011 ses dernières responsabilités officielles, en cédant son poste de premier secrétaire du Parti communiste de Cuba à Raul, numéro deux du parti depuis sa fondation en 1965. Son décès survient à peine deux ans après l’annonce historique du rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis, initiée par Barack Obama et Raul Castro.

Un 2017 qui commence  mal

Hospitalisé depuis le 13 décembre 2016, l’ancien président socialiste portugais Mario Soares est mort samedi 07 janvier 2017, à l’âge de 92 ans, a annoncé le porte-parole de l’établissement où il était soigné, José Barata. Né à Lisbonne le 07 décembre 1924, Mario Alberto Nobre Lopes Soares considéré comme le père de la démocratie portugaise qu’il avait contribué à fonder après la « révolution des œillets » du 25 avril 1974. Le président conservateur Marcelo Robelo de Sousa a salué «  un combattant pour la liberté ». Après quatre ans d’exil en France, Mario Soares avait opéré un retour triomphal à Lisbonne au lendemain de l’opération militaire destinée à mettre fin à la dictature héritée de Salazar (1889-1970). Il avait ensuite été nommé deux fois premier ministre (1976-1978 et 1983-1985) et avait conduit le Portugal sur la voie de l’adhésion à la Communauté européenne, obtenue en 1986, puis il avait été élu deux fois président, avant de quitter le pouvoir en mars 1996.

Le mardi 10 janvier 2017, on apprenait cette fois-ci la mort de l’ancien président allemand Roman Herzog , célèbre dans son pays pour avoir exhorté ses concitoyens à se réformer dans un discours de 1997, à l’âge de 82 ans.  Roman Herzog fut le septième président de la République Fédérale d’Allemagne (RFA) mais premier à avoir été élu après la réunification du pays, en 1990. Membre de l’Union chrétienne – démocrate (CDU), il  était entré en politique dans les années 1970.

Problèmes de santé pour les patriarches Bush

Le 41 eme président des Etats-Unis et père de Georges W. Bush, a été hospitalisé pour une insuffisance respiratoire le 14 janvier à Houston, au Texas. Le mercredi 18 janvier 2017, il a été admis en soins intensifs. Barbara Bush, quant à elle,  a été admise à l’hôpital, «  à la suite d’une fatigue et d’une toux », selon Jim McGrath, fidèle porte-parole de l’ancien président.

Bush père a la santé déclinante depuis plusieurs années. En effet, il s’est fracturé une vertèbre en juillet 2015 ; en décembre 2014, il a souffert de problèmes respiratoires ; en novembre 2012, une bronchite l’avait obligé à passer deux mois à l’hôpital. Le républicain qui succéda à Ronald Reagan, de 1989 à 1993, se déplace désormais en fauteuil roulant.

Né au Massachusetts mais installé au Texas, lui-même fils de sénateur, le patriarche de la dynastie Bush a été élu du Congrès avant de devenir ambassadeur aux Nations unies sous la présidence de Richard Nixon et président du parti républicain. Il a ensuite été directeur de la CIA, puis candidat malheureux à la présidentielle de 1980, avant d’être repêché en tant que vice-président par Ronald Reagan. A la fin de ses deux mandats, il lui succède à la tête des États-Unis. Sa présidence est marquée par le succès de la guerre du Golfe contre l’Irak de Saddam Hussein. Mais des problèmes économiques et une hausse des impôts plombent son bilan. Il est battu par le jeune candidat démocrate Bill Clinton, alors âgé de 46 ans.

Santé aussi fragile pour les époux Chirac

L’ancien chef de l’Etat français (1995-2007), âgé de 83 ans, a été hospitalisé le 18 septembre 2016 à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris pour une infection pulmonaire.  Il revenait d’un voyage au Maroc avec son épouse Bernadette. Réputé pendant des décennies pour sa santé de fer, Jean Chirac avait connu en septembre 2005, pendant son second mandat présidentiel, un accident vasculaire cérébral. Ce qui l’avait  fortement affaibli et a laissé des traces.

Depuis son départ de l’Elysée, l’ancien président (de droite) a été hospitalisé à plusieurs reprises, notamment pendant une quinzaine de jours en décembre 2015, pour affaiblissement. Il a également été fortement éprouvé par la mort en avril dernier de sa fille aînée, Laurence, qui a longtemps souffert d’anorexie et qui avait fait plusieurs tentatives de suicide. Ses proches faisaient toutefois état ces dernières semaines d’une amélioration de l’état de santé de Jacques Chirac, qui fut pendant 12 ans président de la République (1995-2007), deux fois Premier ministre, et maire de Paris pendant 18 ans (1977-1995).

L’ex-première dame, âgée aussi de 83 ans, a également été admise au sein du même établissement. « Après quatre jours de suivi et de repos, Bernadette Chirac, a quitté vendredi soir l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le président Chirac y demeure hospitalisé et poursuit le traitement et les soins de son infection pulmonaire», a déclaré leur gendre Frédéric Salat-Baroux, époux de Claude Chirac, fille cadette du couple.

La présidence de Jacques Chirac a été marquée par le « non » de la France à la deuxième guerre en Irak déclenchée par le président américain George W. Bush en 2003, et par la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs durant la Seconde guerre mondiale.

Et l’Afrique n’est pas en reste

A l’analyse, ces octogénaires et  nonagénaires symbolisent une classe politique mondiale  de plus en plus vieillissante. Et le continent africain fait office de précurseur. C’est le cas avec Robert Mugabe, 93 ans, actuel chef de l’Etat du Zimbabwe, est un nonagénaire encore aux affaires.  C’est le doyen des chefs d’état africains.  José Eduardo Dos Santos, chef d’état angolais, 74 ans  cumule déjà 37ans de pouvoir, tout comme  Teodoro Obiang Nguema, 74 ans, au pouvoir depuis 1979, à la présidence équato-guinéenne. Affaibli et malade, le président algérien  Abdelaziz Bouteflika, âgé de 79 ans, est aux fonctions depuis 17 ans.

Notifications

DOC AIR, la trottinette électrique la plus légère et la plus polyvalente de Nilox

Batterie amovible, frein électrique sur le guidon et trois vitesses différentes pour l’haut de la gamme de …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »