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Ils ont voté contre la réintégration du Maroc à l’Union Africaine à Addis-Abeba

L’Union Africaine a vu la réintégration du Maroc au sein de son organisation après 33 ans d’absence lors de la célébration du 28 eme Sommet à Addis-Abeba en Éthiopie. Voici les pays qui auraient voté contre la réintégration du Maroc à l’organisation panafricaine.

©Patricia Etonde (Stagiaire)│La Voix des Décideurs Le 28 eme Sommet de l’Union Africaine s’est tenu du 30 au  31 janvier 2017. Cette réunion était avant tout marquée par le retour du Maroc au sein de l’organisation, et par deux nominations majeures  à sa tête. Adama Barrow, le tout nouveau président de la Gambie, était le grand absent de ce sommet. Il était remplacé dans l’assistance par sa vice-présidente, Fatoumata Tambajan.

Le retour de l’enfant prodigue accepté et contesté

Le lundi 30 janvier 2017, sur les 54 pays que compte l’Union Africaine, 39 se sont prononcés pour la réadmission sans condition du Maroc au sein de son organisation.  Une victoire pour le roi Mohamed VI et pour la diplomatie marocaine.

Le Maroc avait quitté l’UA en 1984 à la suite de l’admission de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), proclamée par les indépendantistes du Front Polisario au Sahara Occidental, ex-colonie espagnole que Rabat contrôle et considère comme sienne. Les oppositions de l’Algérie, principale alliée de la RASD, et de l’Afrique du Sud, n’ont pas été suffisantes pour faire barrage à sa réintégration.  Le Maroc va devoir siéger à l’UA aux côtés de la RASD, ce qu’il avait toujours refusé de faire. C’est donc une victoire symbolique pour la RASD mais qui doit quand même s’attendre aux manœuvres du Maroc pour obtenir un arbitrage en sa faveur. Ces tensions provenaient également du fait que l’ensemble de la communauté internationale, l’ONU (Organisation des Nations Unies), la Russie, les Etats-Unis et même la Chine ont été favorables à une autodétermination du  Sahara Occidental.

En filigrane, l’adhésion du Maroc pose la question de la rivalité avec l’Algérie. L’Algérie dirige depuis seize ans l’importante Commission Paix et Sécurité de l’UA et elle n’a donc pas l’habitude de se voir contestée au sein de l’institution et va devoir traiter avec son rival historique. Alger s’est toujours positionnée comme  « un soutien historique aux indépendantistes sahraouis ». « L’Afrique du Sud s’opposera énergiquement au retour du Maroc au sein de l’UA » selon les officiels sud-africains. Le média sud-africain rappelle que des pays dirigés par d’« anciens mouvement de libération sur le continent » dont le Zimbabwe, la Namibie, le Mozambique, le Botswana et l’Algérie s’étaient opposés à l’adhésion du Royaume du Maroc avant que l’UA puisse trancher lundi après-midi.

L’ANC, le parti historique de Nelson Mandela, allié de longue date du Sahara Occidental, avait soutenu le peuple sahraoui « dans sa lutte pour la libération contre le Maroc, l’un des derniers colonisateurs sur le continent ». « L’ANC, tout en respectant la décision de l’UA, espère dans les prochains mois, l’organisation panafricaine ne permettra pas que la question de l’indépendance du Sahara Occidental soit balayée sous le tapis de l’opportunité politique », a-t-il ajouté.

Le président Robert Mugabe n’avait masqué sa fermeté au cours des décennies sur le soutien de son gouvernement à l’indépendance du Sahara Occidental selon le Herald,  journal étatique du Zimbabwe. Le média ne manque pas de rappeler les liens forts entre l’Afrique du Sud et la «  RSAD », notant que Brahim Ghali, chef du front Polisario,  était l’invité spécial lors du 105 eme anniversaire de l’ANC au Stade Orlando  de Soweto au début du mois de janvier dernier. Il aurait aussi rencontré le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, le président tanzanien  John Magufuli et le président zambien Edgar Lungu. Des pays qui ont voté pour le retour du Maroc à l’UA lors de ce sommet selon le site du Front Polisario. Brahim Ghali a également rencontré quelques chefs d’Etat qui ont voté contre le retour du Maroc et notamment le président namibien Hage Geingob, le président sud-africain Jacob Zuma, le président du Zimbabwe, Robert Mugabe ainsi que le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, rapporte le même site.

« L’adhésion du Maroc à l’UA est une victoire pour la RASD et le Front Polisario demeure disposé à négocier avec le Maroc pour mettre fin à la colonisation des terres sahraouies », selon Mohamed Salem Ould Salek,  ministre des Affaires étrangères de la RASD.

Au lieu de ruminer la défaite, les responsables algériens évoquent une grande victoire pour le Sahara Occidental. Cité par Radio Algérie, Abdelmalek Sellal a déclaré qu’« il y a des conditions pour les pays souhaitant adhérer. La Charte de l’UA est assez claire. Le Maroc doit adhérer à cet acte. Son adhésion s’est faite selon les conditions et les termes de celle-ci ». La radio algérienne donne aussi la parole à Mohamed Salem Ould Salek, « ministre des Affaires étrangères de la RASD », selon lui « l’adhésion du Maroc à l’UA est une victoire pour la RASD et le Front Polisario demeure disposé à négocier avec le Maroc pour mettre fin à la colonisation des terres sahraouies ».

Le Maroc contrôle et administre environ 80 % de la RASD, tandis que le Front Polisario en contrôle 20 % laissé par le Maroc derrière une longue ceinture de sécurité, le « mur marocain ». Le statut final du Sahara Occidental, qui figure toujours sur la liste des « territoires non autonomes » de l’ONU, reste à déterminer.

Election du président Alpha Condé au poste de président de l’UA

Le président guinéen Alpha Condé a été nommé nouveau président de l’UA à la suite d’Idriss Déby Itno, actuel chef de l’Etat tchadien. « Je tiens à féliciter mon frère, Alpha Condé, élu à la tête de l’Union africaine », a solennellement déclaré, Idriss Déby Itno, avant de passer le relais à son homologue.

Conformément aux statuts de l’UA, Alpha Condé occupera ce poste pendant une année. Auréolé de son rôle dans la crise gambienne, il a affiché son ambition pour l’Afrique. « La grande majorité de la population continue de souffrir de la pauvreté, du chômage, des crises de natures diverses, y compris le terrorisme, l’immigration, les maladies, privant notre continent de bras et de cerveaux pouvant probablement continuer à son développement », a-t-il constaté. Et de lancer cet appel : « Il est de notre responsabilité commune d’améliorer les conditions de vie de ces jeunes en quête de lendemains meilleurs en dehors du continent et de mettre fin à leurs aventures suicidaires à travers le Sahara et les eaux de la Méditerranée. »

De plus, Ellen Johnson Sirleaf a pour sa contribution au règlement de la crise en Gambie, a reçu une distinction des mains d’Idriss Déby Itno et de Nkosazana Dlamini Zuma « pour s’être tenue aux côtés du peuple gambien et avoir défendu les principes fondateurs de l’UA ».

L’engagement panafricaniste du Tchad avec Idriss Déby Itno récompensé

Les pays francophones ont de plus en plus une influence certaine sur le fonctionnement de l’UA. Le panafricanisme d’Idriss Déby Itno (ndlr, IDI) est enfin récompensé. Il avait d’ailleurs dénoncé le fait que sur les 2500 décisions prises par l’UA, seulement 200  ont été appliquées sur le terrain jusqu’à ce jour.

Idriss Déby s’est aussi réjoui de la décision des chefs d’Etat d’accepter le retour du Maroc au sein de l’organisation panafricaine.  « Le Maroc est un très grand pays de l’Afrique qui nous a manqué pendant 33 ans. Son retour est un plus pour notre union, pour notre continent…Je dois dire que je ne suis pas le seul chef d’Etat à apprécier la démarche qui a été faite. Et je ne suis pas le seul d’Etat qui a exprimé sa joie par rapport au retour du Maroc dans la famille africaine.  » a-t-il déclaré.

Elu au septième et dernier tour de scrutin, le fidele du président tchadien, Moussa Faki Mahamat, a battu la candidate kenyane Amina Mohamed. Il remplace la sud-africaine Nkosazana Dlamini Zuma à la présidence de la commission de l’UA. Ministre des affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat a profité de l’engagement important de son pays dans la lutte contre les groupes terroristes dans la région du lac Tchad et dans le Sahel.

Son élection sonne plutôt comme une bonne nouvelle pour la majorité des chefs d’États africains résolus à se maintenir au pouvoir en se jouant des Constitutions et de la voix des urnes. Enfin, l’arrivée d’un Tchadien à ce poste clé de l’UA montre combien N’Djamena est devenu, en quelques années, un acteur majeur du continent.

Félicitation de Paris

La France a félicité chaleureusement le président de la République de Guinée, Alpha Condé pour son élection à la présidence de l’Union africaine, ainsi que le ministre des affaires étrangères de la République du Tchad, M. Moussa Faki Mahamat, pour son élection à la présidence de la Commission de l’Union africaine.

Paris a également salué le retour historique du Royaume du Maroc au sein de l’UA où il a toute sa place. Il s’agit pour la France d’une étape majeure dans la voie de l’unité, de la stabilité et du développement du continent africain. Elle est d’ailleurs à la disposition de tous les pays africains pour travailler ensemble à la réalisation de ces objectifs. L’engagement historique des chefs d’Etat africains pour une meilleure couverture vaccinale en Afrique fut un autre événement majeur au cours de ce sommet.

 

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