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Ces dirigeants africains tués ou déchus pour s’être opposés au Franc Cfa

La volonté d’abolir le Franc Cfa et de créer une monnaie nationale pour ces dirigeants africains a signé non seulement le début de la déstabilisation de leurs pays mais a aussi précipité leur éjection du fauteuil présidentiel.

©Patricia Etonde (Stagiaire) ׀ La Voix Des Décideurs – L’abolition du franc CFA au sein des pays africains après l’indépendance  a toujours suscité l’espoir et les efforts de certains dirigeants africains qui voyaient cette monnaie comme une autre forme de domination coloniale.

Le Franc CFA qui signifie Franc des colonies françaises d’Afrique traduit de par son appellation la volonté de la France de dominer économiquement ses ex-colonies. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec le déclenchement des mouvements de libération nationale dans ses colonies, la France changea cette appellation en « Franc de la Communauté franco-Africaine ». A l’avènement des indépendances, le même sigle devient « Franc de la Communauté Financière Africaine ».

Du Togo au Cameroun en passant par le Sénégal et la Côte d’Ivoire, tous ces pays ont été et sont soumis aux exigences de l’ex-colonisateur puisque cette monnaie demeure entièrement française, car le franc CFA est toujours de création, d’émission et de gestion française. Toutefois, plusieurs leaders du continent africain  ont essayé de lutter contre cette situation en essayant  de mettre en place leur monnaie propre. Mal leur en a pris.

 

Ahmed Sékou Touré en 1958

Le  premier président guinéen  Ahmed Sékou Touré souhaitait une totale indépendance pour son pays, aussi bien dans le domaine politique, qu’économique. Ce qui eut le don de froisser considérablement le président français de l’époque, Charles de Gaulle qui, au cours d’une tournée en Afrique en 1958, fut reçu de manière triomphale,  dans les colonies malgache, congolaise et ivoirienne. Mais froidement reçu lors de son passage en Guinée.

Le 28 septembre 1958, la Guinée vote à 95% « non » à son maintien au sein de la communauté française. Dans son discours, Le président guinéen déclara: « Je préfère la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage »  ce à quoi de Gaulle répond : « l’indépendance est à la disposition de la Guinée ». Deux mois plus tard, le 2 octobre, la Guinée obtient son indépendance (le premier pays d’Afrique francophone).

Celle-ci est vécue comme une humiliation par la France, qui retire alors, tous ses fonctionnaires et ses crédits. Elle a définitivement quitté la Zone Franc le 2 mars 1960, en créant sa propre monnaie, le syli. Le mot syli signifie Éléphant  en malinké. Pour déstabiliser la Guinée, la France va organiser le boycott monétaire du syli en introduisant dans le pays une grande quantité de faux billets de banque guinéens en vue de déséquilibrer l’économie. Cette opération était baptisée opération persil.

L’ancien ministre de la défense de l’époque, Pierre Messmer, raconte dans ses mémoires que les services français ont tenté un coup d’Etat contre Sékou Touré avec la collaboration du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. La tentative avait été déjouée par Touré. Le Franc guinéen est lancé en 1960, et est toujours la monnaie officielle du pays.

Modibo Keita du Mali en 1962

Modibo Keita décida  de se retirer de la zone Franc puis créa le franc malien, qui devint la monnaie officielle du Mali, le 30 Juin 1962.

Comme Olympio, Keita sera victime d’un coup d’Etat, mené par un autre ex-légionnaire français, le lieutenant Moussa Traoré, le 19 Novembre 1968. Ce dernier succédera lui aussi à la présidence et ramènera le Mali entre les griffes du Franc CFA le 1er juillet 1984.

Modibo Keita mourra  en prison empoisonné, après 09 ans de détention le 16 mai 1977.

 

 

Sylvanus Olympio  en 1963

En 1963, Sylvanus Olympio décide de rompre les accords monétaires avec la France et de frapper une monnaie nationale. Et il sera assassiné trois jours plus tard, le dimanche 13 janvier 1963.

Le 06 septembre 1962, Hospice Dominique Coco, ministre togolais des Finances et des Affaires économiques rencontre son homologue français Valéry Giscard d’Estaing, pour les négociations relatives à cette question.

Selon le Dr Rudolph Trénou, les autorités françaises s’étaient opposées à la création d’une monnaie nationale togolaise. Le président  Sylvanus  Olympio s’adressa finalement  aux Allemands, aux Anglais et aux Américains. Ceux-ci accédèrent tous aux desiderata du gouvernement togolais. De surcroît, ils accordèrent des fonds destinés à favoriser la réalisation du projet de création d’une monnaie nationale togolaise. A cause de ses échos favorables, le chef de l’Etat togolais  fera adopter la loi n° 62-20 du 12 décembre  1962, portant création d’une banque centrale du Togo et approuvant ses statuts.

Cette décision lui aurait coûté la vie et placé au sommet de l’Etat togolais Faure Gnassingbé Eyadema.

 

François Tombalbaye  du Tchad en 1962

Élu président de la République en 1962,  le président tchadien commence peu à peu à cumuler les fonctions : chef de gouvernement, puis après 1966, dirige lui-même plusieurs ministères.

Réélu en juin 1969, il s’accapare de tous les pouvoirs régaliens de l’État. Déjouant une tentative de coup d’État en 1971 (orchestrée par la Libye), il se lance, comme Mobutu du Zaïre, dans une violente campagne « d’authenticité » africaine (changement des prénoms empruntés de l’occident aux prénoms d’origine africaine et tchadienne, lui même passant de François à Ngarta, Fort-Lamy et Fort-Archambault deviennent respectivement N’Djamena et Sarh, exaltation du yondo, l’initiation culturelle systématique des jeunes garçons Sara, etc.) En 1972, il rompt avec la France et avec Israël.

Le 13 avril 1975, François Tombalbaye  est assassiné dans des circonstances obscures et qui a amené au pouvoir le général Félix Malloum. Selon Eric Denécé, directeur du centre français de recherche sur le renseignement, ce sont des confidences sur l’oreiller, faites par le président tchadien  à l’une des call-girls de Madame Claude, par lesquels il lui faisait part de son intention de se détourner de la France et de changer d’alliance, qui aurait entraîné le coup d’état de 1975 et sa chute.

 

Thomas Sankara, le leader du pays des hommes intègres en 1987

Refusant toute aide du Fonds Monétaire International ou de la Banque Mondiale, afin de ne pas subir le diktat des financiers internationaux, Sankara a transformé son pays semi-désertique, affamé et endetté, en un pays auto-suffisant dans le domaine alimentaire en seulement 4 ans.

Le leader burkinabé voulait également une certaine autonomie économique pour son pays et sera lui aussi lâchement assassiné le 15 octobre 1987. Il sera victime d’un coup d’Etat de la part de Blaise      Compaoré  qui lui, fut installé sur le fauteuil de président par François Mitterrand  pendant 27 longues années.

 

Mouammar Kadhafi, la Libye à feu et à sang en 2011

En 2011, le gouvernement Kadhafi détenait, d’après la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, 143 tonnes d’or et une quantité semblable d’argent. Cet or aurait été accumulé dans le but avoué de créer une monnaie panafricaine basée sur le dinar libyen, afin de proposer une alternative aux pays de la zone franc.

 

Le leader libyen sera  alors été traqué puis abattu par les services Français le 20 octobre 2011.

 

 

 

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