Des centaines d’ administrateurs des greffes dument formés et prêts à l’emploi restent en chômage du fait de la non-intégration dans la fonction publique.

© Jean Assomo Mbida | La Voix Des Décideurs (Edition N°0016) – Partis pour occuper des bureaux feutrés dans certaines administrations, le Ministère de la Justice en occurrence, où ils devaient réaliser leurs rêves devant les porter progressivement à des hautes sphères de notre administration au sein des départements ministériels devant les employer. Le profil de carrière aidant, ils occuperaient des fonctions de responsables dans l’administration centrale : chefs de services, sous-directeurs, directeurs … Mais il se trouve que tout cela est en grande partie fonction du nombre d’années passées dans l’administration.

Ces jeunes administrateurs des greffes se sont déjà vus perdre plusieurs années qui auraient dû jouer en leur faveur, après leur sortie de la prestigieuse ENAM. Ils sont restés au quartier, survivant grâce à la modique prime qui leur servait de subsistance lorsqu’ils étaient en formation.

Or cette prime s’avère déjà insuffisante pour subvenir à leurs multiples besoins, étant donné que beaucoup ont pris femmes et enfants. La famille n’est plus à même de supporter les charges : une vraie galère. Il est su chez nous que lorsque des parents réalisent l’exploit d’envoyer leur enfant à l’ENAM, c’est la relève ou plutôt le départ  pour une aisance matérielle et financière pour toute la famille, au sens le plus africain du terme. A partir du moment où cet espoir semble tituber, le malaise est autant pour le principal concerné que pour les dizaines, voire des centaines de proches.

Il s’agit, selon nos sources, de la  promotion 2011-2013 qui est à quatre ans d’inactivité, la promotion 2012-2014 qui est à trois ans de chômage, la promotion 2013-2015 qui en est à 2 ans et la promotion 2014-2016 qui vient juste de terminer sa formation à l’ENAM.

Que perd le Cameroun à travers cette attitude ?
L’administrateur des greffes est un Cadre de conception formé au même titre que l’administrateur civil, l’administrateur du travail et autres, il est donc apte à servir  dans n’importe quel secteur de l’administration publique et participer  efficacement au développement de notre pays, ou à l’atteinte de son émergence  que les autorités et toutes les populations appellent de tous leurs vœux.

Par ailleurs, lorsqu’on se rend dans les différents services publics aujourd’hui, l’on parvient facilement à l’évidence que ceux-ci font face à un manque criard de personnels, et ceux qui sont là n’ont jamais cessé de surprendre par leur amateurisme et leur manque de professionnalisme.

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Pourquoi donc, dans ces conditions, on laisserait de côté des personnes formées, compétentes et donc capables et prêts à servir la nation avec loyauté, détermination et efficacité, sans raison valable ? La conséquence en est que le service public se poursuit avec les lourdeurs qu’on lui connait, du fait d’un manque de personnels qualifiés.

D’un autre côté, l’Etat dépense des sommes importantes pour la formation de ces administrateurs des greffes sachant qu’en retour, ceux-ci, à travers leurs compétences et leur savoir-faire, vont créer des biens et services susceptibles de renforcer l’économie du pays. Hélas, c’est l’impasse.

Il est à noter que parmi ces diplômés de l’ENAM, on retrouve  des internes, c’est-à-dire ceux qui étaient précédemment sur le terrain et sont revenus à l’ENAM obtenir le grade d’administrateur. Pour cela, Ils ont perdu leurs postes, ne touchent plus les émoluments et arpentent désormais les couloirs de juridictions et du Minjustice en attente d’une affectation qui tarde à arriver, cela engendrant un état psychologique des plus affaiblis et un stress difficile à gérer. « qu’est-ce qui m’a même fait rentrer à l’ENAM », semblent-ils dire car, ils ne peuvent plus supporter les charges familiales et le train de vie d’avant le retour à l’école ne peut plus être soutenu.
Qu’est ce qui fait problème ?
La cause de ces comportements ne résiderait que dans ce phénomène tant décriée par la plus haute autorité de ce pays ; l’inertie manifeste au sein du ministère de la justice pour le cas d’espèce de manièreparticulière, et tout l’appareil gouvernemental en général. Cette inertie a quant à elle, des conséquences sur les plans personnel et professionnel.

Sur le plan professionnel, étant donné que tout apprentissage n’est utile que s’il est mis en valeur ou s’il est pratiqué, tout porte à croire qu’au jour où l’on penserait à employer ces cadres pourtant bien formés, on n’aura dans les bureaux que des cadres sans expertise ni expérience et par ricochet une administration moribonde.

A qui la faute ? En tout état de cause, il est clair qu’à force de ne pas pratiquer ce qu’ils ont appris à l’ENAM, ces Camerounais auront perdu le contenu de leur formation.
Au niveau personnel, des sources proches de ces administrateurs des greffes,  indiquent que « ces personnes vivent dans l’anxiété ». Il est vrai, ils ont une bourse mais ils doivent surtout pratiquer ce pourquoi ils ont été formés. Cela leur apporterait de l’épanouissement en eux et au sein de leurs familles, en plus ils se sentiront utiles à leur société.

Que dit le ministère de la justice sur ce blocage ?
Dans une correspondance n°0090/DP/LVDD/17 datant du 17 janvier 2017 adressée au Monsieur Ministre d’Etat, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, votre journal La Voix Des Décideurs a voulu savoir comment cette situation est accueillie au Ministère de la Justice ou encore les mesures envisagées pour y remédier. Malheureusement, seul le silence a sanctionné notre démarche.

Affaire à suivre.

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