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Moussa Fakhi Mahamat, nouveau président de la CUA - Source: Liberation.fr

Afrique : Un travail titanesque pour Moussa Fakhi Mahamat à la Commission de l’Union Africaine

La récente élection de Moussa Fakhi Mahamat à la présidence de la Commission de l’UA s’est effectuée à un moment crucial, où l’Afrique en branle se trouve à la croisée des chemins entre le repli identitaire occidental et les  exigences de souveraineté des peuples Africains.

© Gabriel NOAH  ǀ La Voix Des Décideurs – L’élection devait avoir lieu lors du sommet de juillet 2016 à Kigali (Rwanda).  Elle se déroulera finalement lors du 28e sommet de l’UA, qui s’est tenu les lundi 30 et mardi 31 janvier à Addis-Abeba en Ethiopie. C’est d’un héritage quasi empoisonné par un retour fulgurant au nationalisme en Occident, pendant que les peuples Africains revendiquent leur droit à la souveraineté de leurs Etats mais, tenus à l’œil par les lobbies Occidentaux, certains chefs des Etats d’Afrique  francophone notamment traînent le pas quand  ils ne s’y opposent pas ouvertement.

Import et export du terrorisme par les marchands d’armes occidentaux, Boko-Haram, les éternels conflits internes en Somalie, au Mali,  la dévastation de la Libye et son occupation par la France et ses alliés dans l’assassinat de Mouammar Kadhafi, le prochain retrait collectif des Etats Africains de la CPI etc….ne sont nullement pour alléger le fardeau de Moussa Fakhi Mahamat Au contraire, par la promiscuité en vigueur dans les rapports entre la France de Sarkozy et Jean Ping puis son prolongement pendant l’ère de Madame Zuma, l’UA s’est trouvée malade de sa gestion des crises en Afrique par la Commission. Elle n’aura relevé la tête qu’avec l’implication personnelle du président Idriss dans la crise burundaise en tant que président exercice de cette institution, où il réussissait le tour de force d’éviter un autre génocide programmé par la France à l’Afrique.

La consécration de Moussa Fakhi Mahamat reflète toutefois la forme de la reconnaissance du mérite du chef d’Etat Tchadien sur la scène africaine, notamment dans le règlement des conflits qui endeuillent ce continent. Elle ne saurait de ce fait se limiter au seul climat délétère dont l’assainissement dépend désormais des immenses capacités managériales et diplomatiques de son actuel président. A travers elle, le Tchad se positionne davantage comme la plaque tournante du maintien de la paix en Afrique sub-saharienne.

     L’éveil de lAfrique malgré le ressentiment de lOccident.

Le bref séjour de son armée dans le génocide provoqué par la France en république centrafricaine était également fort remarqué. Toutefois, sa double détermination de neutraliser les belligérants puis éteindre les foyers de tension se heurtera à la voracité des mercenaires français débarqués dans ce pays sous le prétexte de restaurer la paix, mais munis d’un autre agenda, celui de pêcher en eaux troubles et ravager les ressources minières dont regorge la République Centrafricaine. Elle lui vaudra alors son départ précipité de ce front, les hommes politiques français ayant trouvé que les soldats tchadiens outrepassaient leur mission en tentant de s’interposer contre ledit pillage dans les champs de mines.

Néanmoins, de nombreux Africains doivent aujourd’hui à cette vaillante armée le fait de leur avoir ouvert  les yeux sur la « philanthropie » française à travers leur continent.  Le ressentiment des hommes politiques de ce pays à l’égard du président tchadien s’en explique du reste, même si le langage diplomatique et politique demeure tout autre pour masquer les faits.

 

Un héritage glauque

Quoi qu’il en soit, ces rancœurs n’ont en rien entamé l’aura dont jouit le régime tchadien parmi ses pairs Africains. Il demeure cependant la constante équation que pose l’héritage glauque mâtiné de traitrise, de l’importation du terrorisme, du pillage du continent et pire, de la multiplication des foyers de rébellion au gré des intérêts de la France, légué par Dlamini Nkosazana Zuma à son successeur. Comme le soulignait déjà le président Deby en janvier 2016, les Africains bavardent plus qu’ils n’agissent.Passé l’instant des discours, toutes les résolutions restent lettres mortes.

Le nouveau président de la commission de l’Union Africaine a donc fort à faire dans la recherche des solutions aux crises politico-militaires, l’expansion des rébellions et l’exportation du terrorisme sur le sol Africain par la même France en tirant les avantages non plus au profit de l’Occident comme le faisait Mme Zuma, mais au mieux des intérêts des peuples africains. Le plus difficile semble cependant de faire fédérer autour des mêmes idéaux de souveraineté les 54 Etats que compte le continent, en secouant les acteurs de l’immobilisme inféodés à l’Occident, qui placent de multiples obstacles au développement de leurs Etats. En attendant, on peut souhaiter beaucoup de succès à Moussa Fakhi Mahamat.

 

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