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Cameroun / Perquisition : Plus de 40 millions retrouvés dans le local de Yves Michel Fotso …

denoncezDepuis plus de quatre mois, une histoire se raconte en sourdine au sein de l’opinion publique nationale. Dans le sérail, la chronique  précise que les rapports entre Laurent Esso et Jean-Baptiste Bokam se seraient envenimés à cause d’un copieux pactole de plus de 40 millions de francs CFA. Enquête.

© Ongoung Zong Bella ǀ La Voix Des Décideurs – Laurent Esso et Jean-Baptiste Bokam sont-ils à couteaux tirés. Le duel entre le Garde des Sceaux et le secrétaire d’Etat à la Défense en charge de la gendarmerie offre une raison de s’attacher à ce qui l’a provoqué. Sur ce point, l’élégance du phrasé de quelques personnels de la prison secondaire de Yaoundé ne contourne aucunement les crêtes de l’affaire. « Il s’agit d’un truc ténu qui, d’un seul coup, en fin octobre 2016, a coupé le souffle de ces deux personnalités », renseigne pudiquement un fonctionnaire du Service de la discipline du Groupement polyvalent d’intervention de la gendarmerie nationale (Gpig), une unité d’élite des forces armées, gardienne de la prison. Sous les mots, que comprend-on ? Pas grand-chose en tout cas dans ce cadre où tout le monde joue formidablement bien l’ormeta.

Underground

Pour se démarquer, deux éléments du même service démontrent, à l’aide d’un faisceau convergent d’indices, que l’underground entre Laurent Esso et Jean-Baptiste Bokam est bien grand. « Ces deux se livrent à un foire d’empoigne depuis fin octobre 2016. En fait lors d’une perquisition dans la cellule de Yves-Michel Fotso, un pactole aurait été découvert. On parle de plusieurs dizaines de millions de francs CFA », apprend-on. Au cours du même entretien mené sous le manteau (pour des raisons évidentes), on peut aussi obtenir quelques miettes d’informations sur le déroulé de la perquisition sus-évoquée.   Venus pour une perquisition, les gendarmes ont évolué en colonne et en petite foulées vers la cellule de l’ex-administrateur directeur général de Camair-Co.  Cinq d’entre eux sont casqués, visières baissées, gilets pare-balles et armes à portée de main. Selon nos sources, le procès-verbal de perquisition, dressé trois jours plus tard,  mentionnait  qu’ « une somme d’agent a été découverte dans la cellule de Yves-Michel Fotso ». En bonus, les mêmes sources révèlent que les usages en matière de perquisitions ont été respectés.

Info ou intox

Parmi les agents qui ont mené l’opération, personne n’a pas pu garder le secret ou bien « le secret a été inventé », allègue-t-on. Reste que cette « fouille » qui a duré toute la journée, « a mobilisé 10 agents de l’administration pénitentiaire et 10 gendarmes », parmi lesquels « des éléments des unités spécialisées de ce corps des forces de sécurité. « Cette opération rentre dans le cadre des actions que nous menons sur l’ensemble des cellules », explique un gendarme. Un exercice qui a permis de fouiller les moindres coins et recoins de la prison, y compris les toits et toilettes des cellules. Parallèlement à ces perquisitions, l’ensemble des détenus ont fait l’objet de fouilles corporelles individuelles, menées par les matons, sous l’œil vigilant des pandores et chiens renifleurs. Ainsi, progressivement, un inventaire des objets et appareils découverts, aurait été effectué et couché sur un registre.

Au terme de ce laborieux exercice, les éléments de ce dispositif combiné ont saisi un important stock d’objets précieux et autres appareils non autorisés dans la prison. « Pour ce qui est de l’argent en espèces, on ne peut pas dire avec exactitude si oui ou non, un tel montant tel que celui que vous évoquez a été découvert dans le cachot de Yves-Michel Fotso », se débrouille un officier du Secrétariat d’Etat à la Défense (SED).

A en croire ce dernier (qui revendique au parfum de telles allégations), la rigueur de  Jean-Baptiste Bokam suffit à elle seule de balayer cette prétendue affaire. Pour étayer son propos, le pandore convoque les principes et le cadre normatif en matière de perquisitions au Cameroun. « Dans le cadre d’une perquisition, les indices trouvés peuvent être saisis, sous la forme de papiers, documents, données informatiques, autres objets, espèces, lingots, effets ou valeurs, billets de banque ou pièces contrefaits. Des objets peuvent être saisis, mais seulement s’ils ont un lien avec l’objet de l’enquête et s’ils sont utiles à la manifestation de la vérité ou s’ils constituent en eux-mêmes une infraction, par exemple des armes non autorisées. Les objets saisis sont immédiatement inventoriés et placés sous scellés Le procès-verbal des opérations de perquisition est immédiatement dressé par l’officier de police judiciaire. Il contient la liste des objets saisis. Les personnes qui ont assisté aux opérations sont invitées à le signer. Mais celles-ci ont intérêt à le lire soigneusement. Elles peuvent éventuellement refuser de le signer », brandit-il, s’inspirant du code de procédure pénale camerounais.

Selon le même document, l’argent d’une personne détenue est placé sur un compte bancaire interne à la prison. Les personnes détenues n’ont pas le droit d’avoir de l’argent sur elles, ceci pour éviter les rackets et les pressions sur les détenus. L’argent est placé sur un compte bancaire, qui est appelé compte nominatif. Lorsqu’une personne est écrouée, son argent est placé sur un compte nominatif (interne).

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Ce compte est divisé en 3 parties : pécule disponible : (la partie du compte que la personne peut utiliser pour acheter des cantines) ; pécule libérable (le pécule qui sera remis à la libération) et le pécule parties civiles (la partie qui sert à payer les parties civiles, s’il y en a).

Argent ou pas dans la cellule ?

D’un autre côté, le chiffre et la date sont portés à la connaissance du reporter. « Quarante millions de francs CFA…en espèces, c’est ce qu’on a découvert dans la cellule de Yves-Michel Fotso le 20 octobre 2016 », affirme sous cape un élémént ayant pris part à l’opération. Dans une ébauche d’analyse, il ne manque pas de s’attarder sur les états d’âmes de deux personnages : Laurent Esso et Jean-Baptiste Bokam.

En lien avec ces derniers, les développements autour de la destination finale de ladite somme détaillent le combat entre les deux. Selon une première version (débitée par les hommes de mains des deux protagonistes), rien ne précise clairement qu’ils sont à couteaux tirés. Une seconde version s’étale sur la pertinence de l’existence d’un conflit autour de plus de 40 millions de francs CFA.

Cette version-là s’adosse sur un empilage d’éléments retraçant le parcours dudit argent. « Bokam a décidé unilatéralement que cet argent soit mis à la disposition de ses services. Ces mêmes services auraient vendus la mèche chez le procureur du Tribunal criminel spécial (TCS). A son tour, ce dernier aurait informé Laurent Esso qu’aucun magistrat, encore moins un avocat n’a assisté à la perquisition. C’est tout cela qui a contribué à amplifier les sourdes entre les deux personnalités », assure une source au TCS.

Une source proche des resposables de la Prison Centrale de Yaoundé dont l’extension est au SED, qui a requis l’anonymat que le Minjustice  aurait « mal apprécié cette initiative et demandé à Monsieur le Secrétaire d’Etat à la Défense en charge de la Gendarmerie Nationale de restituer au concerné l’importante somme d’argent » qui aurait été retrouvée et les articles précieux récupérés au cours de cette perquisition.

 

A l’analyse, tout le monde ne dit pas la même chose autour de la perquisition dans la cellule de l’industriel incarcéré depuis avril 2016 à la peine de prison à perpétuité, « pour détournement de 32,4 milliards de francs CFA ». « C’est un sacré micmac qui barbote une collusion gombotique dénoncée comme résolument abjecte », théorise Maître Jean-Marie Essoh, avocat au barreau du Cameroun. « Cette affaire d’argent dessine chaque jour un sonagramme différent, compliqué à décrypter. Chaque jour, elle accouche d’un spectacle nauséabond où se croisent autant de versions », ajoute-t-il.

Regards

A Yaoundé le 21 février 2017, l’internationaliste et activiste de la société civile  camerounaise a démontré que l’incarcération de l’ex-PDG de la Camair n’est autre que l’aboutissement d’une enquête scélérate. «On peut y voir de l’audace, tant ces ouvrages sont représentatifs de la pensée d’un intellectuel. Mais ce qu’on manque de voir ou d’entendre, ce sont les noms de ceux qui ont jeté Yves Michel Fotso en prison comme l’a fait Zola en son temps pour l’affaire Dreyfus». Frontalement, Rodrigue Ntongue s’adresse au Pr Jean-Claude Shanda Tonme. Ce dernier  saisit l’occasion pour affirmer qu’il n’a rien d’un écrivain rebelle;  celui qui aurait soudain décidé de se payer la tête de certains. Conséquence, il refuse de se prononcer sur ce qu’il convient d’appeler « l’affaire des 40 millions récupérés à la cellule de Yves-Michel Fotso ».  «J’élabore juste des grilles de discernement, au demeurant assez souples»,  a dit l’écrivain prolixe (46 ouvrages, une moyenne de 5 à 6 livres publiés chaque année depuis 2008).

Contrairement à Emile Zola, l’auteur de «J’Accuse», Jean-Claude Shanda Tonme refuse catégoriquement de citer des noms. Même si en filigrane on peut, à la lumière d’une interview qu’il a accordée à Jeune Afrique en mars 2015, dire que Yves Michel Fotso ne les aurait pas cachés à son «plaideur». Incarcéré depuis décembre 2010, l’homme d’affaires aujourd’hui âgé de 56 ans, continue de pointer Laurent Esso (actuel Garde des Sceaux)  comme l’un de ses bourreaux.

Le Garde des Sceaux garde le silence et Jean-Claude Shanda Tonme perd sa langue

Dans une correspondance n°0090/DP/LVDD/17 datant du 17 janvier 2017 adressée à  Monsieur Ministre d’Etat, Ministre de la Justice, votre journal La Voix Des Décideurs a voulu obtenir les éclairages du Garde des Sceaux.  Malheureusement, seul le silence a sanctionné notre démarche.

Saisi à son tour sur la question de la mystérieuse perquisition du local de Yves Michel Fotso, Jean-Claude Shanda Tonme est resté indifférent. Pourtant, une source proche du détenu Yves Michel  Fotso confirme que le local de ce dernier avait été perquisitionné. Il précise que Yves Michel aurait lâché après cette opération : « ils ont violé mes droits ».

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un commentaire

  1. Que Dieu te protege Michel et qu il te montre des jours meilleurs.Sois toujours fort la victoire ne tardera pas.

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