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Cameroun : Toute la vérité sur les 500 millions de F Cfa pour « avoir la tête » de Antoine Félix Samba

 Selon nos informations, cet argent noir, tenu par un descendant d’une famille autochtone de Nkozoa en service au ministère des Finances (Minfi), est destiné à pilonner le « baron de Nkolondom », Antoine Félix Samba .

© Ongong Bella ǀ La Voix Des Décideurs  – Vous avez dit « argent noir », celui qui circule à Yaoundé l’est. De sources dignes de foi, le pactole est un chiffre rond : 500 millions de francs CFA. Il a, selon les mêmes sources, été mobilisé en deux dates.

La date du 22 février 2017 est évoquée en premier. Ce jour-là, 400 millions ont été sortis des caisses d’une microfinance sise à Mvog-Mbi (Yaoundé IV).

Le 16 mars 2017, en fin de matinée, c’est la même structure qui a débloqué 100 autres millions dans un compte privé. En fouinant un peu dans les détails, un responsable, tenu par le secret bancaire, révèle néanmoins que « c’est l’argent de l’un de nos usagers pas plus !».

Mis au parfum, des responsables de l’Agence nationale d’investigations financières (Anif) sont tombés sur plus grand. « Il s’agit d’un cadre en service à la direction du budget au Minfi ; un natif de Nkozoa », souffle-t-on avant d’indiquer ce à quoi était destiné un tel mouvement de fonds.

De l’aveu obtenu auprès de l’intéressé par les services spéciaux de la capitale, « le premier retrait opéré a servi à payer des hommes et des femmes de main pour traquer la moindre casserole trainée par Antoine Félix Samba et le second a été viré dans le compte d’un magazine panafricain (avec pour siège en France)  afin que celui-ci pilonne dès le début mai l’ancien directeur général du budget ».  

Plus croustillants encore : « au moins 03 directeurs de publications de tabloïds locaux ont été contactés pour le même service mais l’un a craché sur  l’offre à la dernière minute».

Dans son déroulé, « la campagne anti-Samba » s’articule autour de trois grandes séquences. La première s’est étalée du 06 mars au 15 avril 2017. Elle a été consacrée à la « collecte d’infos », apprend-on. La seconde séquence tire du 16 avril au 13 mai 2017. « Ça a été prévue pour le grand déballage ».

Timing

A voir comment les choses se passent, tout porte à croire que le scénario a été ourdi il y a bien longtemps. Ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire du château d’Antoine Félix Samba » et son traitement médiatique et politique, a constitué une onde de choc. On a vu une éclosion de réactions et d’analyses sur le sujet. Mais dans ce vent, la question (suspecte) de l’ajustement ou de l’alignement des faits avec un certain calendrier n’a pas été abordée.

En regardant au plus près de ce qui est arrivé au quartier Nkozoa et qui mettait en scène Antoine Félix Samba  et les populations riveraines ne manque pas d’intérêt. Dix hectares de terrain, voilà le problème. En effet, l’alors Directeur général du budget, qui n’est pas un bébé tout comme tous les autres Camerounais, a entrepris la construction d’un mur sur la parcelle objet du litige. Il est accusé d’utiliser sa proximité familiale avec l’épouse du président Paul Biya, pour démolir des habitations et jeter à la rue, des centaines de familles à Yaoundé.

Comble de coïncidence, le 10 mars 2017, Antoine Félix Samba  est débarqué du poste  de Directeur du budget au Minfi.

Le 18 avril 2017, des photos et des vidéos des scènes de vie à sa venue d’un natif de pactole L’histoire nous enseigne et nous renseigne que depuis l’aube des temps, des politiciens, des Etats, des Royaumes n’hésitent pas à utiliser des mensonges grossiers, des calomnies abjectes pour salir, ternir ou neutraliser leurs adversaires.

Cette diffamation s’étant bonifiée au fil des temps, surtout avec les nouvelles technologies, les logiciels de tout acabit montrant l’avancée remarquable de la science. De ce fait, n’importe qui peut rester assis dans son salon, derrière son ordinateur et fabriquer des faits, fabriquer des preuves sur n’importe quel sujet et salir l’image, le nom ou l’honorabilité de qui il veut, même si ce dernier est au bout du monde. Quoi de plus soporifique que d’ameuter toute la horde de va-nu-pieds virtuels en panne de stratégie et d’intelligence efficiente pour jouer leur dernier va-tout : s’essayer à clouer au pilori l’homme par qui la jouissance exacerbée et les privilèges ont pris fin.

Pression constante et obstinée, harcèlement tout azimut, révélations quotidiennes, articles de presse incendiaires, déclarations tonitruantes de présumés sachants etc., on en est au point où toute nouvelle actualité, tout déplacement ou toute déclaration des autorités politiques est décrypté à l’aune du Sorogate par des «politologues» infusés de sciences et de connaissances qui prétendent nous instruire de leurs lumières sur les faces cachées de cet imbroglio.

LIRE AUSSI : Et si A. Félix Samba était la proie d’une guerre de positionnement ?

Un véritable pilonnage qui témoigne d’une rage trop longtemps contenue et d’une volonté farouche de régler définitivement le compte de l’ex patron des Forces Nouvelles. Face à ce déferlement médiatico-politique, il ne fait pas bon ramer à contre courant de la meute.

Et tout soupçon de mollesse dans l’appréciation ou de modération dans l’analyse vous vaut illico une estampille de suiveur moutonnier. Le coupable est déjà connu, désigné, jugé et condamné. Circulez ! Il n’y a rien à voir…. Pour qui connait le concerné, une telle situation (au-delà de l’amertume qu’elle suscite) ne saurait en aucun cas ébranler la sérénité ou entamer la volonté ferme d’aller au bout d’un destin que tous s’accordent à reconnaitre comme exceptionnel. L’homme en a vu d’autres. Les victimes d’un complot qui viserait à les abattre au regard du danger qu’ils représenteraient. Une cabale qui serait l’œuvre d’un système politico-médiatique prêt à tout pour court-circuiter leur irrésistible ascension.

Un complot médiatique apparaît en parallèle de cet amalgame. Les internautes dénoncent un lynchage médiatique contre Antoine Félix Samba. Les premiers débats sur la présomption d’innocence apparaissent dans les discussions. Si ceux qui croient en une cabale ne sont pas d’accord sur « les sources financières du coupable », ils le sont sur le fait qu’il existe des zones d’ombre dans cette affaire et qu’il subsiste des éléments douteux et illogiques. Ce sont ces éléments qui les mettent sur la piste d’un complot. Ils sont rejoints dans leur réflexion par ceux qui doutent.

« Au Cameroun, l’on fait ou défait des réputations par plaisir de la formule puisque vous avez été comme on dit « impliqué dans», théorise le politologue Belinga Zambo. Il ajoute avant de s’interroger: « La mort médiatique par injonction narrative…Celui qui est pris dans ce réseau aura de toute façon beaucoup de mal à s’en remettre ; comment un homme puissant à la trajectoire stellaire peut-il être mis en accusation par tout le peuple sans que cela n’ait été pensé dans une officine ? » En clair, ce propos valide la piste du complot.

Là, plusieurs camps s’affrontent. Ceux qui regardent Antoine Félix Samba comme un détourneur de fonds publics utilisent (en écho au litige foncier de Nkozoa) « le stéréotype de l’homme puissant qui pense qu’il a droit à tout et qui n’a pas de limite doit s’attendre à une telle situation ».

Loin de cette frange, quelques-uns avancent eux aussi l’idée d’un complot mais atténuée. Ils pensent que « les réseaux du Minfi ont eu raison du pasteur-fonctionnaire-homme d’affaires ». Cette thèse  montre que l’interprétation dissonante de la réalité est utilisée via des effets de communication et des rumeurs pour tenter de modifier la réalité. « Pour ce cas, soutient un internaute, les acteurs extérieurs mais aussi intérieur sont tenté, d’une certaine manière, de sculpter la réalité à leur guise et selon l’orientation géopolitique à laquelle ils voulaient faire allégeance ». Dans ce cadre, ce qui est vrai devient faux et ce qui est faux devient vrai Des erreurs peuvent être prises en considération pour constituer des évaluations pertinentes et orienter des stratégies. « La preuve nous est donnée par la chronologie des faits. C’est le choc de deux figures, deux symboles, deux incarnations si extrêmes des inégalités du Cameroun. Eux ce sont des pauvres. Lui : un des représentants les plus connus du monde très fermé de la haute administration du pays, une incarnation aussi, de la réussite sociale, de l’entre-soi des riches et de la jouissance facile ; la campagne qui est menée contre lui, se révèle totalement disproportionnée par rapport à ce qui est en cause, dans son ampleur comme dans ses moyens et dans son orchestration», appuie un citoyen de la diaspora.

Pourquoi l’affaire est-elle déterrée maintenant ? « C’est que l’affaire est emblématique d’une multitude d’enjeux à l’intersection des questions de pouvoir, de classe sociale, d’origine culturelle, de générations ; elle interroge la façon d’agir et l’articulation entre eux des différents pouvoirs, politiques, medias, justice… Ses acteurs ou victimes font figure, malgré eux, de véritables stéréotypes. Tout cet ensemble finit par ressembler à un immense triangle reposant sur une tête d’épingle. Au finish, comme en un miroir brisé, les questions convergent les reflets d’une seule : à qui profite le crime ? », analyse le Pr Belinga Zambo.

Il retient que Antoine Félix Samba est bel et bien un entrepreneur prospère. Le statut de la fonction publique au Cameroun l’autorise. Le problème que pose sa fortune est moins celui de la corruption que de la collusion entre fortune privée et fortune publique. « D’ailleurs, les opposants à l’actuel statut des fonctionnaires posaient ce problème de conflit d’intérêts car, il devient difficile de dire si la fortune querellée est issue des caisses publiques ou des entreprises privées. La vérité dans cette affaire est que la résidence de fantasmes/rêves de monsieur Samba est le fruit d’une bonne quinzaine d’années de construction. Ce n’est donc pas le fruit de ses dernières nominations, au budget par exemple ». Un commerce charnel destiné « à les impliquer dans des scandales sexuels, à les faire chanter et à leur soutirer des informations secrètes et des concessions politiques en faveur d’Israël au lendemain des révélations fracassantes sur les dépenses intrigantes de son ancien ministère, Rachida Dati est passée à l’attaque.

Selon elle, c’est dans son propre camp qu’il faut trouver les responsables de cette “cabale politique” a-t-elle expliqué ce jeudi sur Itélé. “J’en ai parlé à Nicolas Sarkozy, je sais que son entourage… Rappelez-vous en 2010, ils ont failli me faire tomber, ils n’ont pas réussi parce que la justice était de mon côté” a-t-elle lancé sans citer de noms.

“Je ne laisserai pas faire” a-t-elle martelé. “S’ils veulent me qualifier, comme certains dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, de voleuse de poules, d’arabe, de beurette… Certains me traitant de ‘zoubida’… Maintenant stop! Sans vous parler des attaques sexistes.”

Selon une information du Point du mercredi 13 mai, la Cour des comptes a découvert “des bordereaux de vêtements de luxe qui n’avaient rien à faire là”, en décryptant scrupuleusement le budget du ministère de la Justice en 2008, à l’époque où Rachida Dati était Garde des Sceaux et a décidé de les invalider. La somme serait évaluée à près de 9000 euros

Est-ce que j’entends par là une conspiration? Oui, en effet. Je suis convaincu qu’il y a un tel complot, d’envergure internationale, en planification depuis plusieurs générations, et de nature incroyablement maléfique.

Il est impossible de comprendre ce qui nous arrive sans comprendre comment fonctionne ce réseau d’argent noir. L’histoire remarquable d’un député britannique nous offre un aperçu unique de ce réseau, des deux côtés de l’Atlantique. Il s’appelle Liam Fox.

Et le réseau d’argent noir déjà développé par certaines sociétés américaines était parfaitement bien placé pour le faire. L’argent noir [dark money] est le terme utilisé aux États-Unis pour le financement des organisations qui se livrent au lobbying politique et qui ne sont pas obligées de révéler d’où provient l’argent.

Ce prétendu complot se donne pour nom (impénétrable) « bolchevisme », pour corpus idéologique les thèses de Karl Marx, philosophe apatride d’origine juive allemande, et pour chef Vladimir Ilitch Oulianov, qui se dissimule sous le pseudonyme de Lénine. A la différence de tant d’autres révolutionnaires, les bolcheviques sont parvenus à leur objectif rapidement : ils s’emparent du pouvoir un peu plus de vingt ans après la formation de leur parti. Un tel exploit politique n’a pu que susciter à l’époque la hargneuse incompréhension des défaits, et éveiller chez eux le fantasme du complot. Ils dénoncent en Lénine un agent allemand missionné par le Reich pour démobiliser les soldats russes et briser la résistance à l’Est.

Cette accusation se répand d’autant plus facilement qu’en ces temps de guerre et de nationalisme outrancier, l’espionnite fait rage. La France condamne Mata Hari, danseuse exotique du renseignement allemand, qui sera exécutée, ou Joseph Caillaux, radical coupable de militer pour une paix sans annexion ni réparations, et finalement épargné.

En Russie, le colonel Miassoiédov, pourtant innocent, est exécuté en 1915 pour intelligence avec l’ennemi ; et la tsarine, d’origine allemande, porte le poids d’un soupçon généralisé. Dans ce contexte d’emballement des rumeurs et de manipulation des informations,

En décembre 2007, le Spiegel republiait le plan de Parvus, y voyant une preuve inédite de la félonie bolchevique. Les archives des chancelleries, assez mal informées sur l’état des forces politiques en Russie et prêtes à payer pour tout renseignement tout en s’en méfiant, regorgent de tels kompromaty : de vrais-faux documents, exhumés de temps à autre dans un objectif clairement marchand, relancent à bon compte les accusations contre Lénine et dédouanent au passage ses nombreux adversaires de leurs multiples erreurs stratégiques.

De telles révélations ne résistent guère à la critique historique, mais l’anticommunisme primaire brûle encore d’un feu vivace, surtout là où le Parti communiste a été puissant après la seconde guerre mondiale. Le pouvoir monarchique tricentenaire, puis une démocratie incapable de mettre un terme à un conflit meurtrier, avaient épuisé leur potentiel de séduction auprès du peuple ; mais sans doute est-il encore aujourd’hui plus commode d’en appeler à l’antique mythe du complot que de l’admettre. La lutte des classes exacerbée par la guerre a rendu réalisable la prise du pouvoir par la frange la plus marginale des sociaux-démocrates ; après Octobre, il leur restait à conquérir un pays et à révolutionner une société.

Il s’en déduit par contraposition que ces conclaves occultes Il serait temps pourtant d’en appeler, en quelque sorte, à une pensée non complotiste des complots, c’est-à-dire aussi bien : 1) reconnaître qu’il y a parfois des menées concertées et dissimulées — on pourra les appeler des complots —, et 2) refuser de faire du complot le schème explicatif unique de tous les faits sociaux, ajouter même que, de tous les schèmes disponibles, il est le moins intéressant, le moins souvent pertinent, celui vers lequel il faut, méthodologiquement, se tourner en dernier… et cela quoiqu’il ait parfois sa place !

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« Les services secrets influent sur l’opinion publique par la diffusion de rumeurs »

Cette grille de lecture s’applique aussi à la situation syrienne. De l’aveu d’un spécialiste algérien du renseignement, les rumeurs ont toujours été des « exercices » organisés par la Sécurité militaire afin de tester la crédulité des foules et de renforcer l’idée d’une persistance de menaces « Disons-le tout net : je ne crois pas à la version officielle que les médias nous présentent en boucle ad nauseam », s’enorgueillit un contributeur de Médias-Presse-Info (1).

Ce doute permanent procure l’impression agréable d’appartenir à une avant-garde éclairée, de compter parmi ceux à qui on ne la fait pas. « Admettre que quelque chose ne va pas dans la thèse officielle, comprendre la façon dont évidemment elle a été fabriquée, c’est un travail sur [soi] que beaucoup de gens ne sont pas capables de faire, que la majorité n’est pas capable de faire », explique.

Derrière ce masque savant se cache en fait un circuit d’informations fermé.

 

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