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Cameroun : Et si Antoine Félix Samba était la proie d’une guerre de positionnement ?

Antoine Félix Samba est placé sur le gril. Son impressionnante résidence accolée à ses origines crée le buzz dans les réseaux sociaux, y compris dans les médias nationaux.

© Gabriel Noah│ La Voix Des Décideurs – C’est un banquet qui, pour plusieurs raisons, fait des gorges chaudes. Il s’agit d’un originaire du département d’où est issue l’épouse du chef de l’Etat, dans un pays où de surcroit, l’on admet difficilement l’enrichissement d’un fonctionnaire. Aussi, plutôt que son mode d’accumulation de la fortune, c’est son statut professionnel qui fait problème. On tente d’expliquer cette désinformation à la lumière du décret n° 94/190 du 17 octobre 1994 portant Statut Général de la Fonction Publique ainsi que ses modifications subséquentes. Pourtant, on ne compte plus les cadres administratifs et agents de l’Etat propriétaires de vertigineuses fortunes sans provenance justifiable.

Le mutisme d’un CNC d’ordinaire bilieux

Ainsi, de Bagangté à Garoua et de Ngaoundéré à Nkolfoulou, les châteaux féériques, il y en a partout au Cameroun. Il s’avère même que la plupart de ces bâtisses paradisiaques parsemées dans les tréfonds de la dense forêt équatoriale, les grass field, la steppe et la savane sont occultés depuis des lustres. Cette omission confère alors les allures d’un précédent au « scoop » qui défraie la chronique de l’heure. Plus curieux encore, la délirante campagne fait gloser et séduit paradoxalement au Cameroun, où la liberté d’expression distribuée avec parcimonie, se heurte quotidiennement à d’insurmontables obstacles. La presse s’est enfin débridée. Même le verbeux Mincom en a perdu sa verve, pendant que le Conseil National de la Communication (CNC) d’ordinaire bilieux contre un certain type de médias, a perdu de sa férocité et sombre dans une léthargie qu’on peine à lui reconnaître. C’est que la victime de la cabale fait partie des Camerounais originaires de l’une des régions, dont les natifs sont voués à la guillotine de la « mal-gouvernance », appelée « opération épervier ». Dans cette épuration politique, Henri Engoulou, Catherine Abena, Mendouga y ont trépassé, pendant que d’autres, Atangana Mebara, Polycarpe Abah Abah, Emmanuel Ondo Ondong, Urbain Olanguena Awono etc…attendent leur sort définitif, dans ses antichambres de l’au-delà que sont les prisons camerounaises.

Une sentence âpre

Antoine Félix Samba serait donc un « éperviable », pour délit d’excès d’enrichissement. Point n’est plus besoin de preuve à l’appui d’une accusation de détournement de fonds publics. Sa sentence est âprement prononcée. Voleur …! Ses adversaires s’en réjouiraient. Il n’y a pourtant pas longtemps qu’un directeur de publication purgeait une peine d’emprisonnement pour avoir établi et publié un inventaire succinct des édifices appartenant à un haut cadre de l’administration camerounaise. Pourquoi n’est-ce pas le cas pour cette cible dont le domicile, le dernier retranchement d’un citoyen, est exposé à la vindicte d’un peuple au tempérament imprévisible ? Aurait-il donné un blanc seing à ce qui apparaît comme une évidente conspiration ?

Sur l’Axe Grand nord-Ouest

Comparaison n’est cependant guère raison. Alors, va-t-on enfin mettre en branle le fameux article 66 de la Constitution ? Si tel avait été le cas, l’inspecteur général ne serait certainement point épinglé maintenant, parce qu’il aurait déclaré lui-même ses biens au moment de sa prise des fonctions de directeur général du budget (DGB). Hélas ! Ce sont encore les mêmes qui s’opposent à la mise en application de cet article, qui s’offusquent et instrumentalisent une presse à gage, dans cette virulente guerre de succession à Paul Biya, inside laquelle tous les coups sont autorisés et où s’invite le tribalisme. L’axe nord-sud s’est subrepticement réveillé en axe Grand nord-Ouest moins le Noun. Circonstance oblige. On verra le reste après. Priorité, chasser d’abord l’hyène autour de la charogne. On n’examine plus les possibilités d’un enrichissement via l’agriculture. Parce que l’accusé est un exportateur dans l’agroalimentaire. Il est également propriétaire d’une carrière d’extraction du gravier, d’une scierie pour bois brut et de multiples autres exploitations rentables.  La pertinence de cet argument qui dissipe les suspicions n’est plus à établir. Mais il leur semble… larvé.

Pourquoi seulement aujourd’hui ?

Il y a donc lieu de s’interroger à mi-parcours vers l’échafaud. Déjà à l’époque DGB, le supplicié était taxé d’absentéisme. Plus préoccupé par ses affaires personnelles que par ces fonctions qui lui valent autant de haine. A ceci s’ajoutent l’arrogance et l’orgueil des riches trop pleins d’eux-mêmes, qui lui sont attribués. Il ne s’agit plus de prouver le vol et la corruption, sources présumées de cet enrichissement querellé. C’est lui plutôt qui doit prouver son innocence, dans l’absurdité de notre univers à la fois ubuesque et kafkaïen. La moindre question de savoir à quel moment il s’est enrichi n’effleure plus aucun esprit. Son chantier de construction a pourtant duré plus de 15 ans, déclarent les voisins.  Et pourquoi est-ce seulement aujourd’hui que sa fortune fait problème ?

Il faut ajouter à la guerre de succession à Paul Biya, les noms de celui à qui il a refusé un service indu, et celui dont le poste est potentiellement menacé par lui, pour que soit enfin révélé l’architecte de cette battue, dont Antoine Félix Samba est la proie. L’objectif final étant d’éliminer toutes forces vives qui pourraient gêner ce lobby invisible qui veut prendre le pouvoir après Biya.

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