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Calvin Honoré Djouari, Ecrivain et enseignant

Ma grande inquiétude pour l’avenir de l’ Afrique face aux changements climatiques

L’ Afrique inquiète ces deux dernières années, j’ai visité huit pays africains : la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Burkina, le Mali, la Mauritanie, le Sénégal, le Bénin, puis le Cameroun. Ce que j’ai constaté m’a beaucoup attristé. Il fait très chaud dans ces pays, des températures qui avoisinaient les 45°.

En Mauritanie les régions où se trouve la ville de Zouérate, la température atteignait 52°, à présent au nord du Cameroun la température est dans les 45°, la plupart de gens dorment à la belle étoile. C’est une chaleur persistante, qui frappe sur le moral. Plus grave, les régions forestières comme le Mbam au Cameroun, surchauffent également. Le réchauffement climatique est une réalité en Afrique.

Ce qui m’a surpris, alors que je plaignais de cette chaleur, les gens semblaient vouloir me convaincre en me disant : « c’est parce que tu viens d’arriver c’est pourquoi tu subis ce genre de chaleur ». J’ai vraiment ri. Mon constat c’est que l’Afrique est victime du complexe de gribouille, qui veut que comme la grenouille, on peut résister à toutes les températures si on augmente la chaleur un par un c’est-à-dire degré par degré, jusqu’à 100° la grenouille vivra. Alors que si on verse directement sur lui une chaleur de 100° elle meurt ; voilà la réalité. Le problème de réchauffement climatique en Afrique doit nous poser un cas de conscience, partout des hommes aux visages secs et noircis par la chaleur, les Africains notamment, l’Afrique noire, se défigurent. Les Africains pleurent désespérément du soleil sans solution future. Un avenir obscur est clôturé par la grille ensoleillée. L’expansion des océans, la fonte des glaciers sont en cours.

« L’Afrique vit la situation du galeux qui se gratte, le galeux lorsqu’il se gratte, il a l’impression que c’est sucré pourtant il est rongé par une maladie. Ce soleil est encore beau, mais il va d’ici peu brûler. »

 

Dans les gouvernements, il règne un silence de mort. On se contente tout simplement d’assister à des rencontres internationales. Cette inaction de l’Afrique aura des répercussions graves. L’Afrique est vaste et présente une grande diversité d’une région à l’autre, son paysage, ses collectivités, son économie. Le changement climatique aura une incidence sur la démographie parce que les gens vont quitter les îles pour s’établir dans d’autres continents. C’est un mal qui va ronger l’Afrique. L’Afrique vit la situation du galeux qui se gratte, le galeux lorsqu’il se gratte, il a l’impression que c’est sucré pourtant il est rongé par une maladie. Ce soleil est encore beau, mais il va d’ici peu brûler.

C’était le premier problème. Un autre sujet. À ma connaissance dans l’Afrique francophone, il n’y a pas un seul centre d’études stratégiques et internationales avec des experts à leur tête. Je vais expliquer pourquoi je suis pessimiste pour notre continent. En ce moment dans le monde, on fait face à quatre grands enjeux principaux : l’énergie, la défense stratégique, le climat et la mondialisation. Donnez un seul domaine où l’Afrique se bat, vous ne verrez aucun.

 

 

Mon avis sur le pétrole, tous les pays occidentaux sont en train d’étudier la fin de l’utilisation du pétrole d’ici 20 ans et par ailleurs ces mêmes experts savent que les sources du pétrole africain vont tarir d’ici 50 ans, et les grands pays étudient depuis des années les solutions qui leur permettront de vivre sans pétrole. Vous vous imaginez l’Afrique sans pétrole ? Que deviendra-t-elle ? Aucune mesure de sauvegarde, aucune mesure alternative n’est prise par les autorités au contraire on cherche d’autres puits, on creuse on explore et on vend. Et où va l’argent ? C’est pathétique.

« Un pays est un patrimoine, quand on veut défendre un patrimoine on devient invincible »

Ensuite la défense stratégique, l’état de déliquescence des armées africaines est si lamentable que n’importe quel mouvement, armé disposant de quelques pick-up et de kalachnikov, est capable de les mettre en déroute. Comment des lascars qui n’ont jamais fait des écoles militaires ont réussi à prendre le pouvoir en place chaque fois qu’ils se sont un peu organisés ? Je donne des exemples, Kabila avait pris des jeunes voyous et ils ont pris le pouvoir à l’ex-zaïre ; au Liberia, l’armée nationale n’a pas pu faire face devant Charles Taylor ; en Centrafrique, ce sont des petits mouvements de gens à qui on appris à utiliser les armes en une semaine qui ont pris le pouvoir devant Bozizé, qui était arrivé de la même façon ; au Tchad plusieurs fois les rebelles sont arrivés dans la capitale avant d’être repoussés ; au Congo, Sassou s’est organisé et il est revenu au pouvoir très facilement ; si la France ne s’était pas interposée au Mali les rebelles auront pris le pouvoir, de même la Libye. Un pays est un patrimoine, quand on veut défendre un patrimoine on devient invincible, ce fut le cas avec le Vietnam qui a farouchement résisté devant les visées impérialistes des Etats-Unis. C’est ce que le Cameroun est en train de faire devant la secte Boko Haram.

Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne. Il n’y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons anti-aériens, les cartes dont disposent certains états-majors datent de la colonisation ! Et aucun pays n’a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d’avions suspects dans son espace aérien sans l’aide des forces étrangères. Un tel raisonnement nous amène à croire qu’un pays comme les États-Unis, la France, l’Angleterre, peuvent détruire en une journée toutes les structures d’une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol. Rien qu’en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques.

« Ce que je voudrais prévenir aux gouvernements africains, les changements climatiques vont entraîner l’évacuation de certaines îles c’est en Afrique que l’Occident déversera ces populations »

Ce que je conseille aux gouvernements africains c’est d’utiliser les scientifiques russes, ukrainiens, chinois ou indiens, ils sont des centaines de très hauts niveaux sans emploi dans leur pays et qui sont prêts à travailler pour 2500 euros s’ils sont bien logés et s’ils vivent en sécurité. Ils peuvent nous aider à créer des centres de défenses stratégiques.

Ce que je voudrais prévenir aux gouvernements africains, les changements climatiques vont entraîner l’évacuation de certaines îles c’est en Afrique que l’Occident déversera ces populations, c’est pourquoi on a voulu depuis nous parler de mondialisation, l’objectif principal c’est la préparation de cette catastrophe naturelle, c’est la condition qui nous sera imposée pour nous sortir du problème du réchauffement climatique. C’est aussi pourquoi on veut nous faire accepter l’homosexualité. Il ne faut jamais être naïf, si la survie de l’Occident passera par l’occupation de l’espace, et la mainmise sur ses ressources naturelles vitales cela se fera sans état d’âme. C’est le théâtre qui s’est déroulé entre les rebelles du Mali et la France. La France voulait les richesses et ils ont monté les rebelles pour afin venir s’interposer.

 

« Ne croyez pas au droit international et aux principes de paix. Ce sont toujours les faibles qui s’accrochent à ces chimères. L’Afrique dort beaucoup. »

Ne croyez pas au droit international et aux principes de paix. Ce sont toujours les faibles qui s’accrochent à ces chimères. L’Afrique dort beaucoup. Ce n’est pas parce que la ville s’agrandit qu’on est développé. Certains pensent que s’ils ont construit une maison, c’est le développement, en tant qu’enseignant, j’aimerais dire que la mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l’inégalité économique. C’est un concept créé pour maintenir les pays pauvres comme sources d’approvisionnement en biens et dans l’optique d’accepter le programme futur des réfugiés climatiques.

 

Par Calvin Honoré Djouari, Écrivain et enseignant camerounais

 

 

 

 

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