Dans une interview exclusive accordée à votre journal,  Son Excellence ANU’A-GHEYLE Solomon AZOH-MBI, Haut Commissaire pour la République du Cameroun au Canada, lève le voile sur les émeutes des pro-cessesionistes et éclaire l’opinion publique camerounaise offusquée par le malheureux incident survenu le jeudi 10 août 2017 en territoire camerounais à Ottawa.

Réalisée par Marcien Essimi l La Voix Des Décideurs – Bonjour, Excellence Monsieur le Haut-Commissaire !
Oui Bonjour Monsieur le Journaliste !

Comment avez-vous appris l’attaque de notre Ambassade et que peut-on retenir de cet incident ?

C’est avec indignation et une déception totales que j’ai appris la nouvelle de cet incident survenu autour de 15 h00 le jeudi 10 août 2017… Pour l’information de vos lecteurs et du public en général, je restitue ci-dessous le contexte et le fil des événements.

L’incident est survenu au moment où je me trouvais hors de la Mission en compagnie d’une délégation gouvernementale en visite au Canada. Leur programme prévoyait une rencontre officielle avec les autorités du Ministère Canadien des affaires étrangères à 10 heures.

Cette rencontre s’est déroulée dans un climat de compréhension mutuelle et de collaboration accrue. Le partenaire canadien a saisi l’opportunité pour annoncer l’augmentation substantielle de leur aide humanitaire au Cameroun.

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Deux activités figuraient au programme de la délégation dans l’après-midi, dont une rencontre d’informations avec la communauté camerounaise à 17 heures. Vers 13 heures, suite à la modification du programme de la délégation gouvernementale, le Haut-Commissarait a pris des mesures pour annoncer l’annulation de cette rencontre par voie de courriel, communiqué, affichage et contacts téléphoniques auprès des responsables d’associations et de quelques leaders camerounais.

Nous avons également informé la police canadienne, qui était censée arriver à 16 heures, soit une heure avant la tenue de la rencontre, tout en sollicitant tout en sollicitant le maintien de sa présence autour de la Mission.

Craignant que beaucoup de compatriotes ne reçoivent ce message d’annulation et créent des troubles à leur arrivée, j’ai instruit la fermeture de l’Ambassade pour le reste de la journée.

Vers 15 heures, la police me téléphone pour me signaler le déclenchement de l’alarme du Haut-Commissariat dans ses services, en me demandant s’il y avait des problèmes. Presqu’au même moment, un de mes collaborateurs (qui était le dernier à sortir pour fermer l’entrée principale) m’informe que des manifestants l’avaient encerclé et fait irruption dans le hall d’entrée du haut-commissariat en lui brandissant en cercueil, pendant que d’autres descendait le drapeau pour le brûler ; tous arboraient le t-shirt et le drapeau de la SCNC, qu’ils ont hissé instantanément.

La police canadienne est arrivée quelques minutes plus tard sur les lieux, et moi-même cinq minutes après elle.

A mon arrivée, choquée par ce que je voyais, j’ai procédé immédiatement à la descente du drapeau des envahisseurs, puis demandé l’enlèvement immédiat du cercueil posé à l’entrée de l’ambassade sans rencontrer aucune résistance. Ensuite je suis entré dans le hall du haut-commissariat plein de manifestants avec pancartes et drapeaux, qui exigeaient la présence de la délégation gouvernementale et les raisons de l’annulation de la rencontre programmée.

Avec fermeté j’ai ordonné à tous de sortir des locaux diplomatiques qu’ils ont violés s’ils espéraient échanger avec moi. Une grande majorité s’est exécutée immédiatement. Malgré l’intervention de la police, quelques récalcitrants sont restés dans le bâtiment. Vers 21 heures, après de longues heures de négociations avec sept de leurs représentants et la police, ces derniers ont finalement quitté les locaux de la mission sans casse ni dommage ; le seul incident étant la descente et l’incinération du drapeau national.

Avez-vous été informé avant cette agression orchestrée par les pro-sécessionnistes le (10) aout 2017 ? Si oui quelles dispositions avez-vous prises pour éviter ce qui est arrivé ?

a tenue des événements publics, au canada comme au Cameroun, nécessite la prise de mesures préalables pour assurer la sécurité et l’ordre public.
A cet effet, le haut-commissariat avait dûment saisi le Ministère canadien des Affaires Etrangères (service de la police chargé de la protection diplomatique) pour solliciter la présence et la protection de la police (cf. note verbale no. 056/HCO/SP).

C’est d’ailleurs ce service qui a informé le haut-commissariat de ce que la municipalité d’Ottawa avait été saisie pour une autorisation de manifestation par un groupe de camerounais d’environ 250 personnes venant d’Ottawa, Montréal, Toronto, Edmonton. (cf. note de service de la police diplomatique, désignant en outre l’officier en charge de l’encadrement de cet événement, en date du 09 aout 2017).

Par ailleurs, pour des raisons de bienséance, le haut-commissariat, a également informé le voisinage de la tenue de cet événement, (cf. note no. 018/HCO/SP du 08 aout 2017), notre chancellerie se trouvant dans une zone essentiellement résidentielle.

 

Quelle a été la réaction des autorités canadiennes ?
Comme relevé plus haut, les autorités canadiennes étaient rassurantes par rapport à la couverture sécuritaire. De toute évidence, des mesures de sécurité préconisées s’appuyaient sur le civisme du public qui a fait défaut chez certains manifestants. Si cette attitude a embarrassé la police canadienne, cette dernière est restée professionnelle, privilégiant le dialogue (cf. note de la police en date du 11 aout 2017, rappelant les principes et procédures de la police canadienne).

Quant à leur action et leur réaction face à des crises de cette nature, il faut noter qu’elle prône strictement une « approche pondéré » et ne fait « recours à l’utilisation de la force qu’en dernier ressort ».

Son Excellence ANU’A-GHEYLE Solomon AZOH-MBI, Haut Commissaire pour la République du Cameroun au Canada

 

Il n’y a eu aucune complicité de ma part, et je n’ai aucune raison ni prétexte d’en avoir. Comment aller contre mon propre pays qui m’a fait l’honneur de le servir et de représenter personnellement le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA, dans l’un des pays les plus puissants du monde ?

 

 

Peut-on dire que la sécurité autour et dans le commissariat était presque inexistante ?

Non, au canada, la sécurité est partout présente mais très discrète. Dès le déclenchement de l’alarme du haut-commissariat, la police s’est immédiatement déployée sur les lieux. Constatant l’agitation de certains manifestant ayant fait irruption à l’intérieur du bâtiment, elle s’y est introduite pour surveiller tous faits et gestes. Elle a passé au peigne fin tout le bâtiment et ses alentours afin de s’assurer qu’il n’y avait pas eu introduction d’objets dangereux dans l’enceinte du haut-commissariat.
La présence des forces de sécurité était donc consistante, avec une vingtaine d’éléments appelés en renfort, y compris ceux de la cellule de crise (l’équivalent de notre BIR).

Excellence Monsieur l’Ambassadeur, dans de nombreux commentaires fait dans les médias, l’opinion soupçonne une certaine complicité passive de votre part, surtout qu’un jour avant cette agression, vous aviez annulé le communiqué no. 006/HCO/SP du 10 aout 2017, la tenue d’une réunion prévue avec la communauté camerounaise. Que répondez-vous à cela ?

Il n’y a eu aucune complicité de ma part, et je n’ai aucune raison ni prétexte d’en avoir. Comment aller contre mon propre pays qui m’a fait l’honneur de le servir et de représenter personnellement le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA, dans l’un des pays les plus puissants du monde ? N’avez-vous pas noté que les manifestants, après leur forfait, m’ont demis de mes fonctions ?

Excellence, avez-vous un message ?
Les Camerounais du Canada dans leur majorité sont très responsables, respectables et respectueux envers les institutions de notre pays et des autorités qui les incarnent. Ils sont hautement instruits et éduqués. Ils sont productifs et patriotiques.

D’ailleurs nombreux sont ceux qui sont venus avec des propositions constructives pour l’avancement de notre pays. Nous les remercions et les assurons de ce que leurs propositions ont été acheminées avec diligence aux autorités de notre pays. Nous savons également nombreux ceux qui sont rentrés avec amertume de n’avoir pas eu l’opportunité de leurs contributions positives pour la construction de notre pays. Nous les exhortons à garder foi et espérance pour l’avenir de notre pays.

Aussi, beaucoup ont déploré les écarts de comportement affichés par une minorité agissant sur le coup de l’émotion. Même ceux qui ont posé l’acte ignoble de brûler l’étendard tricolore (qui est la fierté de tous les camerounais), ont regretté ce malheureux incident et m’ont présenté leurs excuses et, dans un geste plein de signification, ils ont nettoyé les locaux du haut-commissariat avant de quitter paisiblement les lieux.

J’estime que ces excuses et ce geste d’amande sont adressés aux autorités et au peuple camerounais tout entier. Je le prie d’en prendre acte avec magnanimité.

 

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