Irresponsabilité gouvernementale : Jean Claude Mbwentchou sacrifie 131 étudiants boursiers camerounais au Togo

Le Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain se débine de ses responsabilités, abandonnant des étudiants boursiers camerounais dans une situation irrégulière à Lomé au Togo. Les plus chanceux manquent de pitance journalière et sont sans domicile fixe, tandis que d’autres sont menacés de poursuites judiciaires. Et les études qu’ils sont allées poursuivre se trouvent tout simplement hypothéquées. Un état de choses qui démontre que Mbwentchou bafoue la promotion de la politique sociale du président.

 

Ils sont 131 à crier leur malaise dans la capitale togolaise, un pays d’Afrique de l’Ouest. Ils y ont été envoyés par le gouvernement camerounais pour poursuivre leurs études dans les domaines de l’architecture, l’urbanisme et la gestion urbaine à l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU).

Le statut de boursier qui les a conduits au pays d’Emmanuel Adebayor prévoyait qu’ils soient pris en charge par le gouvernement camerounais à travers les Ministères de l’Habitat et du Développement Urbain et celui des Finances. Seulement, ces étudiants sont abandonnés à eux-mêmes à Lomé, soumis à toutes formes de pression et les études pour lesquelles, ils s’y étaient rendus se trouvent hypothéquer. A cause du laxisme et de l’immobilisme dont fait preuve le Minhdu qui se trouve être leur tutelle.

 

 

Une procédure complexe
C’est depuis le mois de janvier 2017 que les dossiers des boursiers ont été acheminés au Minhdu. D’après les informations à notre disposition, celui-ci a reçu l’approbation du directeur de l’architecture et des normes de l’habitat, ainsi que celle du ministre avant d’être acheminé au Ministère des Finances. De là et après traitement, il aurait été envoyé à la paierie générale qui aurait autorisé un virement en février 2018. Depuis cette opération, c’est silence radio. Les pauvres étudiants attendent toujours.

Le jeu trouble de l’ambassade du Cameroun en Côte d’Ivoire
Le montant du virement signalé aux étudiants devait leur être versé par les responsables de l’ambassade du Cameroun en Côte d’Ivoire. Mais celle-ci signalera aux délaissés que ce qui leur a été présenté n’était qu’une autorisation de virement, mais que le virement en lui-même n’a été effectué que le 13 juin 2018. Seulement, la perceptrice de l’ambassade n’aurait pas rempli sa part de contrat, alléguant qu’elle était en déplacement au Libéria. Face à l’insistance des jeunes étudiants, elle se montrera désagréable et furieuse. Renvoyant les plaignants à leurs études qui selon elle, devaient être leur priorité. Sauf qu’elle oubliait que lesdites études étaient conditionnées par le paiement de certaines factures.
Il faut déjà noter qu’à l’occasion du paiement de la précédente bourse, la perceptrice avait procédé à une curieuse amputation. En effet, elle aurait prélevé 17 000 francs Cfa de la bourse de chaque étudiant. Pour se justifier, elle aurait avancé le fait que ce montant représentait les frais de déplacement de la Côte d’Ivoire pour le Togo. C’est à se demander si l’ambassade met ses employés en mission sans en assurer les frais nécessaires à la réalisation de celle-ci. Notons qu’elle a touché un montant global d’environ 2 040 000 francs Cfa juste pour le ralliement de deux pays d’Afrique de l’Ouest.

Des études hypothéquées
Face à cette situation, les jeunes étudiants n’ont jamais hésité de mettre leur hiérarchie au parfum, afin que celle-ci prenne des mesures nécessaires pour la régularisation et le règlement du problème. Mais du côté du Ministère de l’habitat et du développement urbain, l’on garde un silence de carpe. Comme si la situation de ces compatriotes n’intéresse véritablement personne. On dirait au contraire que cette situation est volontairement entretenue par des personnalités tapies dans l’ombre et qui en tireraient des subsides. Au nom des égoïsmes et des intérêts inavoués, le MINHDU fait des jeunes camerounais, des parias sociaux loin de leur chère patrie et de la terre de leurs ancêtres.

Les étudiants concernés vivent une véritable impasse. Les études qui constituent la raison de leur présence au Togo sont hypothéquées. Les plus chanceux n’ont réussi à sauver leur année académique que grâce à des efforts herculéens. Les mémoires ont été rédigés et soutenus dans la douleur. Pour imprimer leurs documents, certains ont été contraints de mettre leurs documents officiels en hypothèque. Notamment leurs passeports. La condition étant de s’acquitter de leurs dettes pour rentrer en possession de ceux-ci. C’est dire qu’ils ne pourraient pas revenir au pays natal si jamais ils n’arrivent pas à payer leurs multiples dettes.
Des Camerounais SDF au Togo et menacés de prison
L’autre fait qui met les jeunes étudiants en difficultés, c’est celui de l’habitat. Ne recevant pas leurs bourses normalement, ils n’arrivent pas à s’acquitter de leurs obligations immobilières. Ce qui entraine des querelles à n’en point finir avec les différents bailleurs. Certains de ces propriétaires ont préféré saisir la justice pour pouvoir rentrer dans leurs droits. Les camerounais ne sont pas encore en prison simplement parce que constitués en association, ils ont plaidé et sollicité que les autorités attendent le règlement de la bourse.

 

 

 

Mais jusqu’à quand est-ce que ces autorités vont patienter ? Certains ont d’ailleurs simplement été mis à la porte par leurs bailleurs qui n’ont pas cédé à l’excuse du non règlement de la bourse. Ces derniers sont désormais obligés de squatter chez leurs compatriotes qui bénéficient de l’indulgence de leurs bailleurs. Il se dit même qu’il y aurait parmi eux, des moins chanceux qui dormiraient à la belle étoile dans les rues et ruelles de la ville de Lomé.

L’opprobre jeté sur le Cameroun

Voilà une manière très drôle de promouvoir l’image du Cameroun à l’extérieur. En abandonnant ses fils à leur sort, vadrouillant comme des bêtes en divagation dans un pays étranger. Juste parce que le MINHDU n’a pas veillé à ce que leur bourse soit payée en bonne et due forme. Que retiendra ce pays frère et ami du Cameroun ? Quelle image est ainsi vendue à la prestigieuse école qui a accueilli ces jeunes qui ne demandaient qu’à apprendre ? Cette école pourra-t-elle encore accepter les étudiants originaires du Cameroun ? Des questions et bien d’autres auxquelles Jean Claude Mbwentchou devra répondre, au moins devant la représentation nationale qui a été saisie afin qu’elle se penche sur la question.
Quelle est cette façon anachronique et antipatriotique d’encourager l’excellence ? Quel est le péché commis par ces jeunes qui se trouvent aujourd’hui abandonnés à leur propre sort dans un pays étranger ? Au moment où l’on s’achemine vers une élection présidentielle aux enjeux multiples, il faut dire que Jean Claude Mbwentchou ne travaille pas dans le sens de la promotion de la politique sociale du président Paul Biya. La diaspora étant appelée à voter le 07 octobre prochain, cet agissement de l’originaire de la région de l’Ouest n’est-il pas fait à dessein pour mettre le chantre du Renouveau en mauvaise posture face à ses compatriotes en séjour dans les pays étrangers ? Une réponse affirmative à cette question ne viendrait que confirmer l’hypothèse d’un soutien nocturne qu’il apporterait à un de ses frères, candidat pour la prochaine élection présidentielle. Suivez mon regard !

© La Voix Des Décideurs édition n °033

 

 

 

Facebook Comments
Print Friendly, PDF & Email

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.