Minesec : Le grand nettoyage que doit faire Pauline Nalova Lyonga

Ngallè Bibehè avait laissé une institution enkystée et enkylostonée. Entre tribalisme, népotisme, sectarisme et détournements de fonds publics, la coupe n’est pas loin d’être pleine.

 

 

S’agissant des assurances scolaires, aucun établissement du pays n’a reçu une police d’assurance. Une pression avait été faite aux chefs d’établissements de reverser les frais d’assurance (100F/élève), auprès des délégations départementales avant la fin du mois de septembre 2017. Ces derniers devaient convoyer l’argent au ministre qui seul devait traiter avec les compagnies d’assurances sans police d’assurance, ni convention de soins. Depuis, des centaines de milliers d’élèves vont à l’école sans police d’assurance. Ils sont allés aux jeux Fenassco, sans être assurés et pire encore, ont fait les épreuves pratiques d’Eps aux examens officiels, qui ont souvent malheureusement toujours connu des accidents mortels, sans assurance.
Dans les lycées des grandes métropoles, des consignes auraient été données aux nouveaux chefs d’établissements pour badigeonner les murs des bâtiments et distraire ainsi des centaines de millions des Apee.

En comparant les réalisations des nouveaux proviseurs à celles des anciens à Yaoundé ou à Douala, on se rendra compte qu’en dehors des projets en cours d’exécution, aucune réalisation n’a été faite. Alors que les frais des Apee ont augmenté !

Au lycée Bilingue de Deido par exemple, le proviseur (un prédateur connu depuis Mambanda) est épinglé par la Conac qui a constaté qu’il dissimulait les effectifs. Il est allé louer des classes au quartier, pour loger des élèves.

A Douala, les lycées de Deido, Maképé, Oyack, Mambanda, Bobongo Petit Paris, Nylon Brazzaville et Nylon Ndogpassi, Bilingue Bonabéri sont des catastrophes managériales et de gestion financière. Nyalla, Génie militaire, Japoma, Akwa Nord, sont des niches de tribalisme ouvert et de haine tribale, où le vivre ensemble était battu en brèche par les relations très rapprochées au couple Ngallè Bibehè.
Livrets
Toujours en complicité avec ses complices des assurances, une vaste escroquerie était sur le terrain pour contraindre les enseignants à adhérer à la Mutuelle des personnels des enseignements secondaires (Mupes), autre création du ministre Ngallè où trône sa sœur, Mme Sansi Dovas. Des menaces sérieuses étaient faites aux chefs d’établissement qui n’obligeraient pas la majorité de leurs personnels à adhérer. Ils seraient systématiquement remplacés en Août.

Des émissaires du ministre, dont le très pétillant Nkounkeu Ngouaba, devenu Ipn (Inspecteur pédagogique national) à force de délation, étaient sur le terrain avec dans leurs bagages, délégués régionaux et départementaux.

Dans ce même registre de l’appétit financier, il y aurait les multiples détournements des quotes-parts, frais de Fenassco, et frais d’examens dont sont devenus habiles les proviseurs de la nouvelle époque. Et le phénomène des faux effectifs (le Littoral et le Wouri en particulier).

Dans le Wouri et le Moungo par exemple, malgré les multiples lettres de rappel du délégué régional aux hyper délégués départementaux, des dizaines de millions de francs sont portés disparus. Ni les quotes-parts, ni l’argent des livrets médicaux ne sont reversés. Le délégué du Moungo a réussi l’exploit de distraire une vingtaine de millions depuis l’an dernier sans suite. Là-bas, tous les établissements cotisent environ 200 000 Fcfa pour le fonctionnement de la délégation.

Et que dire du délégué du Wouri ? Véritable icône de l’incompétence qui, pour intimider les nouveaux proviseurs et avoir un peu d’autorité, était obligé de faire affecter les anciens proviseurs dont la compétence pour certains reste encore objet de regrets pour les populations, personnels et élèves. Celui de l’Océan a distrait les frais des examens. Dans la Sanaga Maritime, le délégué ne peut pas tenir une réunion plus de 5mn, faute d’arguments !…
Incompétence
S’agissant des nominations, l’incompétence du ministre Ngallè Bibehè l’aurait contraint à évincer tous ceux qui pouvaient soutenir un débat argumenté contradictoire. Ainsi tous les directeurs, sous directeurs et chefs d’établissements qui pouvaient agir avec compétence ont été balayés des établissements d’envergure qui étaient déjà bien dirigés, vers les villages au prétexte qu’il n’y avait pas des proviseurs de ville et des proviseurs de brousse.

‘’Nous espérons que ceux-là qui ont été parachutés auront le plaisir d’accepter que la carrière administrative est descendante et non ascendante ! Beaucoup d’établissements se meurent aujourd’hui à cause de ces incompétents qui n’ont pour seule arme que de menacer les enseignants d’une affectation s’ils appelaient le ministre. Beaucoup de familles ont été disloquées et éparpillées à cause de la jalousie et la haine utilisées comme mode de gouvernance’’, soutient un enseignant.

‘’Pour avoir les grâces du ministre, il fallait être frater (Lycée polyvalent de Bonabéri), mouchard (l’incompétent proviseur du Lycée de Bobongo Petit-Paris) ou coté par le clan de Mme Ngallè, véritable Dieu de tous les proviseurs de Douala et Yaoundé’’, ajoute-il.

La Gouvernance de Ngallè au Minesec n’aurait été qu’intimidations, affectations et culte de la personnalité. En dehors de son directeur des ressources humaines, extrêmement corrompu, et de son homme d’ombre financier, propulsé directeur des ressources financières, M. Epale Mabingo, les autres directeurs n’étaient que des décors de cortège dans les sorties du ministre. Il se raconte d’ailleurs que c’est l’épouse du ministre qui rationnait les directeurs en matériel de fonctionnement. La fourgonnette venant de Mboppi, étant connue au Minesec !

 

 

«Des solutions existent si Mme Nalova veut réussir. Sans toutefois faire un nettoyage ridicule comme celui fait en 2016 qui ne tenait pas compte de l’état de service des responsables, un déparasitage des ressources humaines est impératif. Des hommes compétents et qui ont fait leurs preuves ont été cachés dans des brousses pour briser leur carrière. Il est question de laisser travailler les directeurs et conseillers techniques afin qu’ils retrouvent dans les villages, ces gens qui peuvent redorer le blason de ce ministère. Madame le ministre devra envoyer rapidement sur le terrain des contrôles pour récupérer ces centaines de millions distraits des quotes-parts.

Que tous ces délégués voleurs remboursent et soient poursuivis ainsi que leurs complices chefs d’établissements, dans le Littoral, à l’Ouest et à l’Est… Tout est dans le choix des ressources humaines et non la délation. Comment admettre qu’un fonctionnaire soit à Yaoundé et son épouse affectée à Bafoussam ?

 

Madame le ministre devra aussi remettre les mutations des enseignants aux délégués régionaux qui savent où combler le vide. C’est aussi ça la décentralisation dont parle tant le Chef de l’Etat», termine un proviseur sous le couvert de l’anonymat.

 

© L’Araignée

 

Facebook Comments
Print Friendly, PDF & Email

1 COMMENTAIRE

  1. Comment comprendre que beaucoup d’enseignants se font affecter sans avoir déposer un dossier de mutation? Est-ce le fameux réseau d’affectations qui a drainé des milliers d’enseignants des campagnes vers les villes s’est encore remis en place? Consultons seulement les dernière s affectations.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.