Diabétiques en danger au Cameroun : Le gouvernement abandonne malades face à la pénurie de I’insuline

Depuis plus de quatre mois, les diabétiques du Cameroun dont la santé se dégrade, sont aux abois à cause de la rupture prolongée de ce produit indispensable.

 

 

C’est une réalité, les diabétiques camerounais ont du mal à entrer en possession de l’insuline Mixtar. Cette situation n’est pas nouvelle. Le pays connait régulièrement des ruptures de stock de ce produit. Des ruptures d’insuline ont été enregistrées en 2006, 2011 et 2014. La pénurie de l’insuline qui sévit depuis plus de quatre mois met en péril la vie de près d’un million de diabétiques.

Il est difficile de se ravitailler en insuline Mixtar 100 unité et 10 millilitre. Dans l’optique de trouver une solution durable, les malades se sont tournés vers la présidente de l’association des diabétiques et communément appelée la mère des diabétiques. Depuis le 22 juin dernier, l’insuline Mixtar  est devenue une perle rare à la pharmacie de l’Hôpital Central de Yaoundé. Vu l’inéluctabilité évidente et perceptible de la rupture, pharmaciens et pharmaciennes à leur tour ont instauré un langage d’apaisement en déclarant simplement aux patients, « c’est n’est pas encore arrivé.»

Le paradoxe dans cette affaire réside dans la disponibilité du produit dans presque toutes les pharmacies de la cité capitale mais par contre, il en manque à l’Hôpital Central de Yaoundé où les produits sont subventionnés par l’Etat du Cameroun. Cela nous amène à nous interroger sur la politique gouvernementale de gestion des médicaments un sein des institutions hospitalières publiques. Le privilège serait-il donné aux proches et ami(e)s qui stockent des quantités considérables d’insulines destinés à la commercialisation dans des pharmacies privées des particuliers afin de servir des intérêts égoïstes et personnels.

Au demeurant de toutes ces manœuvres, le malade, le pauvre malade est sacrifié à la solde du favoritisme et les incorrections qui minent la gestion de la santé publique au Cameroun. Car, l’insuline Mixtar subventionné à la pharmacie des diabétiques de l’hôpital central coûte moins de 4000 F Cfa mais par contre les pharmacies privées qui dans la majorité des cas se ravitaillent aussi vendent le produit à 6285  F cfa.

Ce coût surélevé chez les fournisseurs privés est à l’origine de multiples complications liées au faible revenu de certains diabétiques qui ne joignent pas les deux bouts au quotidien. Mais Rien pour l’instant ne filtre les raisons de cette rupture de stock. Au ministère de la Santé publique aucune sortie des autorités pour justifier cette pénurie. Pourtant cette rupture peut être lourde de conséquences, cette rupture de stock peut entraîner la mort du patient. Pour les spécialistes, il est administré par injection. Les injections d’insuline se font par voie sous-cutanée selon les étapes de la technique recommandée par les médecins. Les malades qui sont sur insuline le prennent régulièrement et durant toute leur vie. Une rupture de stock dans ce cas suppose d’après les médecins une mort certaine.

Nos multiples tentatives d’obtenir une réaction du Ministre de  la Santé Publique André Mama Fouda,  sur les mesures entreprises par son département ministériel,  n’ont connu aucun succès.

En attendant le 14 novembre 2018 date de célébration de la Journée Mondiale de lutte contre le diabète, soulignons que le Cameroun  compte plus de 810 000 diabétiques adultes.

Selon le rapport mondial sur le diabète publié en avril 2016 de l’Organisation mondiale de la santé, le diabète 5éme cause de mortalité au Cameroun.  Il faut le dire, avec un taux de prévalence de 6,4%, à cause de l’absence d’activités sportives  et des facilités de déplacement offertes – comme les motos chinoises- même pour des petites distances, le Cameroun pourrait voir le nombre de malades doubler en 10 ans, une consommation excessive d’aliments sucrés et industriels.

 

Eric Ngono

 

 

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