Un producteur de pétrole africain exhorte le Nigeria et ses voisins à prendre position sur la diversification économique et énergétique sur le continent.

S’il y a une chose que les crises actuelles du COVID-19 et du prix du pétrole ont démontré, c’est que les pays africains producteurs de pétrole ne sont toujours pas économiquement diversifiés. Malgré les mesures répétées prises par les gouvernements au cours de la dernière décennie pour diversifier leurs économies, en particulier à la suite des récessions africaines de 2014-2016, les résultats sont insuffisants. Les crises économiques dans les pays africains producteurs de pétrole cette année seront si graves qu’elles pourraient atteindre des récessions économiques à deux chiffres.

Alors que des pays comme le Nigéria, l’Angola, le Gabon, le Congo ou la Guinée équatoriale font face à des creux sans précédent des prix du pétrole et luttent pour maintenir leurs économies à flot, le ralentissement actuel pourrait bien être le tournant historique dont ces économies ont besoin pour placer sérieusement la diversification de l’économie au sommet de leurs priorités.

Pour être clair, la diversification ne signifie pas la fin du pétrole, bien au contraire. Une diversification efficace passe par une meilleure utilisation des revenus pétroliers pour alimenter d’autres secteurs de l’économie, bâtir une base industrielle plus forte et créer des emplois. Mais cela signifie également diversifier la production nationale d’hydrocarbures et accroître la production, la monétisation et la valorisation du gaz naturel.

En fait, pour de nombreux producteurs de pétrole africains, une diversification économique réussie dépend de leur capacité à augmenter la production d’hydrocarbures et à mieux exploiter le gaz naturel torché et associé pour produire de l’électricité pour les industries, des engrais pour les agriculteurs et des produits pétrochimiques pour leurs marchés intérieurs en pleine croissance.

Avec 188,8 Tpi3 de gaz naturel prouvé (BP, 2019), le Nigéria possède les plus grandes réserves de gaz découvertes d’Afrique et les 10e plus grandes au monde. En 2019, il était le sixième exportateur mondial de GNL avec une part de marché mondiale de 6%, devant l’Algérie (3%), l’Angola (1%) et la Guinée équatoriale (1%) selon les derniers chiffres de l’Union internationale du gaz. Pourtant, sur les 20,8 millions de tonnes de GNL que le Nigéria a exportées l’année dernière (IGU, 2020), 54% sont allées en Europe, 37% en Asie et le reste aux Amériques et au Moyen-Orient. En bref, aucun GNL nigérian ne reste en Afrique.

 

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