Interview de  Cédrick Penda Moukoko : « Ensemble, nous devons dénoncer ces personnes  qui veulent détruire le Cameroun»

► Le leader de la communauté camerounaise au Kenya condamne, avec la dernière énergie, les exactions commises  par les groupes armés séparatistes sur les civils dans les régions du Sud-ouest et du Nord-Ouest. Cédrick Penda Moukoko,  rencontré par La Voix des Décideurs rend un vibrant hommage aux victimes et dénonce la cruauté et la  désacralisation de la vie humaine par ces hommes sans foi ni loi.

 

 

Cédrick Penda Moukoko, vous êtes Président de la Communauté camerounaise du Kenya, je suppose que vous êtes au courant des exactions des groupes armés séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest. Quelle appréciation faites-vous de ces exactions ?

Je m’indigne et condamne fermement les attaques horribles et insensées, perpétrées contre des civils dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest par des combattants séparatistes.

En effet, mon inquiétude réside sur la montée en puissance des horreurs telles les décapitations, des tortures, des explosions des bombes artisanales et des victimes civiles qui en découlent.

Ces attaques montrent le mépris du caractère sacré de la vie et la dignité humaine. L’horreur et la barbarie qui sévissent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest doivent cesser.

 

 

Y-a-t-il des clichés en illustration qui vous viennent en tête ?
Outre les meurtres des années antérieurs, nous pouvons citer le corps sans vie d’une jeune camerounaise de 32 ans, a été retrouvé le 11 août au quartier Makanga à Mayuka dans le département du Fako, région du Sud-ouest, sauvagement abattue par des individus survoltés, appartenant aux hordes terroristes sécessionnistes, pour avoir refusé d’adhérer à leurs thèses et critiquer les sécessionnistes.

Il ya aussi cinq civils dont des enfants qui ont été tués par des séparatistes anglophones à Ndop, une localité du Nord-Ouest du Cameroun ; mais aussi, accusé par les séparatistes d’aider l’Armée en lui fournissant des renseignements, Eric Pakala qui avait été enlevé, puis tué par ses ravisseurs, son corps a été retrouvé dans une rue de Ndop. Je condamne une fois de plus ces actes.

Face à ces exactions, les ONG étrangères jettent plutôt l’anathème sur les forces républicaines, que dites-vous à ce sujet ?

Depuis 2016, les deux régions d’expression anglaise du Cameroun connaissent une crise sans précèdent qui a viré à l’horreur. Dès lors, le pays subit la pression de la communauté internationale pilotée par les pays occidentaux et des organisations qui animent la vie internationale.

Cette dernière condamne en temps voulu les exactions tant de l’armée que des groupes sécessionnistes. Elle appelle aussi à la résolution de la crise et au retour à la paix dans les deux régions. Mais sont-ils vraiment sérieux de voir cette crise prendre fin ou c’est par simple hypocrisie qu’ils appellent au retour à la paix ?
Nul n’est sans ignorer et il ne fait aucun doute que ceux qui financent les groupes séparatistes au Nord et au Sud-Ouest sont connus. Ce n’est qu’un secret de Polichinelle.

Plusieurs vivent dans les pays occidentaux, ces donneurs de leçons qui appellent à la paix. Ces entrepreneurs de la guerre vaquent librement à leurs occupations là-bas en occident et font des transactions dans les banques du pays. Ils contribuent même au financement de la guerre dans le NOSO. Des vidéos sont visibles sur les réseaux sociaux.

J’interpelle toute la communauté internationale que je prends d’ailleurs à témoin et je demande à ces pays Occidentaux qui abritent les “financiers” des groupes séparatistes dans le NOSO de prendre leurs responsabilités.

Ensemble nous devons dénoncer ces personnes qui veulent détruire le Cameroun au nom des idées révolues et d’une sécession qui n’a point trouvé une adhésion populaire. Que de morts ! Le sang des innocents civils versé, ils sont aussi responsables de cet horrible bilan.

 

 

 

Que proposez-vous au gouvernement camerounais pour venir à bout de cette crise sécuritaire au NOSO ?
Du 30 septembre au 04 octobre 2019, un dialogue a été organisé pour trouver des solutions de sortie de crise, des recommandations ont été faites. Nous encourageons le gouvernement de poursuivre le dialogue et les négociations avec les parties prenantes. Nous lui demandons de ne ménager aucun effort pour la résolution de cette crise au bilan catastrophique.

Nous insistons sur la mise en œuvre des recommandations du Grand Dialogue National sur le bilinguisme, la diversité culturelle et cohésion sociale ; le système éducatif ; le retour des réfugiés et des déplacés internes ; la reconstruction et le développement des zones touchées par la crise ; le désarmement, la démobilisation et réintégration des ex-combattants ; le rôle de la diaspora dans la crise et contribution de celle-ci au développement du Cameroun, la décentralisation et le développement.

Il est temps d’agir en faveur de la paix pour l’intérêt général de tous les camerounais. Le gouvernement doit accentuer les négociations et faire des concessions si possibles dans le strict respect de l’Etat de droit pour que la paix revienne.J’en appelle aux différents acteurs des groupes séparatistes à s’ouvrir au dialogue. Il me semble que des garanties ont été faites par le président de la République à tous ceux qui jetteront ou déposeront les armes.

Propos recueillis par  Marcien Essimi l La Voix Des Décideurs

 

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