Jerry Rawlings, président du Ghana de 1982 à 2000 a marqué d’un sceau indélébile le Ghana. Par lui, le pays voit restaurer sa fierté par l’industrialisation et l’instauration de la démocratie.

Admis à l’hôpital universitaire Korle-Bu d’Accra une semaine auparavant, le Capitaine Jerry Rawlings, ancien président ghanéen, est mort de suite de COVID-19 le jeudi 12 novembre à l’âge de 73 ans, d’après les médias locaux. Ancien pilote capitaine de l’armée de l’air, Rawlings aura marqué l’histoire de son pays et du continent africain.

Curriculum

Né Jeremiah John Rawlings le 22 juin 1947 à Accra (Côte-de-l’Or) d’un père écossais et d’une mère ghanéenne, Jerry Rawlings fut un homme d’État et président de la République du Ghana pendant 20 ans entre 1981 et 2001.

Le 15 mai 1979, il anime une première tentative de coup d’État qui se solde par un échec. Arrêté, il retrouve la liberté trois semaines plus tard par d’autres officiers. Le 4 juin de la même année, il renverse le régime de Fred Akuffo par un nouveau coup d’Etat qui le porte au pouvoir. Le 24 septembre 1979, il cède le pouvoir à un gouvernement civil, mené par le Président Limann.

Ecœuré et insatisfait par la gestion civile du pouvoir qu’il qualifie de corrompu, Jerry Rawlings reprend les armes. Il s’assure le contrôle du pays le 31 décembre 1981 par un nouveau coup d’État qui renverse le régime de Limann. Il devient alors le président du Conseil provisoire de la défense nationale.

Homme de parole et artisan de la démocratie ghanéenne

Jerry John Rawlings jouit de la réputation d’avoir permis au Ghana d’être aujourd’hui une démocratie des plus solide en Afrique de l’Ouest. Le cycle  d’alternance au pouvoir devient régulier entre les deux principaux partis politiques du pays.

Jerry John Rawlings en méditation

La remarquable convergence de tous les systèmes de gouvernement du début des années 1990 en faveur de la démocratie libérale et sa généralisation avaient irréversiblement conduit l’entrée des Etats africains dans la galaxie des pays démocratiques.

Ainsi en 1992, Rawlings démissionne de l’armée, instaure le multipartisme, et fonde le Congrès démocratique national. Il engage le pays dans un processus de démocratisation. Jerry Rawlings ne se réclame ni du marxisme ni du capitalisme.

A la suite de son élection le 7 décembre 1992, Rawlings prend ses fonctions présidentielles  le 7 janvier 1993. La IVe République du Ghana est de ce fait proclamée. Le 7 décembre 1996, il est réélu à la présidence de la République du Ghana. Il entame son second mandat le 7 janvier 1997. Après deux mandats, la limite prévue par la Constitution ghanéenne, Rawlings entérine la candidature de son vice-président. John Atta Mills arrive ainsi à la présidence du Ghana en 2000, au nom de son parti.

Du chaos à la stabilité

Le renversement de Nkrumah en 1966 a déclenché une série de coups d’Etat et l’instabilité politique. Aucun dirigeant élu n’est allé au bout de son mandat. Ceci n’a changé que lorsque Jerry Rawlings a transformé son gouvernement militaire pour devenir un président élu en 1992. Son transfert du pouvoir en 2000 à une opposition élue démocratiquement marque le début d’un changement de destin politique pour le Ghana.

Jerry John Rawlings laisse aussi le souvenir d’un leader politique africain qui a assuré plusieurs fonctions diplomatiques au plan international. Il a notamment été le représentant de l’Union Africaine en Somalie.

Jerry Rawlings et le progrès de l’économie ghanéenne

Confronté à une crise économique, Rawlings applique à partir de 1983 une politique économique libérale. Par cet acte, il répond aux desiderata du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

En effet, dans les années 80, une grande partie du secteur manufacturier du pays, y compris l’industrie de l’habillement, s’est effondrée à la suite de l’adoption par le Ghana des programmes d’ajustement structurel. Sous le régime de Jerry Rawlings, le Ghana a libéralisé son économie, attirant de nombreux investisseurs dans les secteurs du pétrole et de l’or.

À partir de 1985, le Ghana a renoué avec la croissance économique. Cette tendance s’est confirmée sous la bonne gouvernance de John Kufuor, au début des années 2000. Les priorités concernent la rigueur monétaire et fiscale, ainsi que l’accélération des privatisations et l’amélioration des services sociaux.

Dans le secteur de l’agriculture, des programmes de réhabilitation marque le règne de Jerry Rawlings. Ceux-ci vont permettre de rétablir la prospérité des produits de rente. Ainsi, café, coton, palmier, bananes, arachides, canne à sucre et tabac sont également cultivés pour l’exportation.

En outre, des plantations d’hévéas voient le jour dans le Sud-Ouest du pays. Dans le même temps, les principales cultures vivrières sont le sorgho et le maïs.

Eric Nganang

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