Benoît Couzin, le Président Directeur Général de la maison d’édition de droit français est tombé amoureux de la littérature francophone africaine et camerounaise en particulier. Dans un entretien avec votre journal, le spécialiste des chiffres et passionné des lettres entend promouvoir cette littérature.  Une littérature dont il apprécie l’originalité et la générosité de ses auteurs.

 

Benoît Couzi et Guy Migrenne, respectivement PDG et Directeur de la communication des Editions Le Lys Bleu

Benoît Couzi, Président Directeur général des Editions Le Lys Bleu.

Bonjour Eric Martial.

Vous êtes au Cameroun et ce n’est pas anodin. C’est en quelle occasion ?

En fait, Nous sommes au Cameroun depuis déjà plusieurs années. Notre maison d’édition existe depuis quasiment 4 ans. Nous avons un bureau de représentation de notre maison d’édition à Douala depuis 2 ans et un peu plus. Nous avons des gens qui sont là pour représenter notre maison, pour faire en sorte de populariser notre nom. Mais aussi, que nous puissions publier des auteurs camerounais.

Comment arrivez-vous à l’édition et particulièrement à la création des Editions Le Lys Bleu ?

C’est une véritable aventure. Aujourd’hui j’ai 63 ans, je suis dans l’édition depuis une dizaine année. Avant, j’étais dans les chiffres avant d’être dans les lettres. J’ai été responsable financier, directeur financier, directeur d’usine, le tout dans l’industrie internationale pendant 30 ans à parcourir le monde. Et, je n’étais pas franchement destiné normalement à devenir éditeur. Mais la vie est faite d’une façon très simple en fait. Je crois qu’aujourd’hui je commence à avoir du recul et je dirais que comme on finit, c’est comme on a commencé. A 16 ans, j’avais écrit une vie de napoléon, un livre de 750 pages que j’avais écrit pour épater une fille, j’ai pris un plaisir incroyable. Le livre a été publié et vendu à quelques centaines d’exemplaires, c’était rigolo. Mes parents étaient très fiers de moi. Ensuite, j’ai fait des études très longues. J’ai un bacc + 12, et je me suis orienté vers les chiffres, et puis un jour la littérature m’a rattrapé. La vie est telle que j’ai donc basculée des chiffres vers les lettres, toutes 2 des passions de ma vie.

Qu’est-ce qui aura motivé la publication des auteurs à votre charge ? Les camerounais en particuliers ?

Lorsque je crée cette maison, je n’ai pas voulu faire une énième maison d’édition en France. Il y en a plus de 10000, en faire une supplémentaire n’avait vraiment aucun sens, si elle était dans le même modèle. Et donc je me suis rendu compte qu’il y avait un défaut dans l’édition française. C’est de toujours vouloir publier la même chose, c’est-à-dire des gens qui écrivent très bien, avec une belle littérature et toujours la même littérature. Si on prend les romans de 2020 et les romans qui ont été publiés en 2000 par de très grandes maisons d’édition française, c’est extraordinairement linéaire en termes de plumes. C’est-à-dire que c’est le même style littéraire. Et ça c’est quelque chose qui m’a choqué depuis longtemps. Lorsque j’ai voulu créer cette maison d’édition, l’idée c’était d’avoir un crédo. Et ce crédo était de dire que nous allons chercher avec Le Lys Bleu, une littérature nouvelle, véritablement différente. Une littérature qui peut même déranger, mais qui va faire avancer le monde tel qu’il est aujourd’hui. Ecrire ce n’est pas simplement se faire plaisir, c’est changer le monde par le regard du lecteur. C’est ce qu’on a voulu faire, et aujourd’hui on y est. Maintenant, pourquoi l’Afrique ? Parce que nous nous sommes investis en Afrique de façon très claire et nous sommes présents sur tous les pays francophones. Considérez que le 1er continent francophone au monde n’avait quasiment qu’un désert éditorial était insupportable. Et puis, avec quelques amis africains ou d’origines africaines installés en France depuis longtemps, je m’étais rendu compte que de grands noms de la littérature africaine comme Senghor ont fait qu’il y a une plume, une écriture différente, pas du tout celle qui est assez prisé en Europe. J’ai voulu qu’on aille par là.  Et puis au Cameroun, il y a un gisement extraordinaire. Les auteurs camerounais sont gentils par leurs plumes qu’ils le sont dans la vie. Et pour moi, c’est un plus indéniable.

Quels sont donc les perspectives de votre maison d’édition, Le Lys Bleu ?

Je vais peut-être paraître pédant. Mais, lorsque j’ai créé cette maison d’édition, j’envisageais qu’à la fin de la cinquième année, elle serait incontournable en France. Mais aussi qu’elle sera parmi les 20 plus grandes maisons d’édition française. Nous sommes rendus à 3 ans et demi, nous sommes aujourd’hui considérés déjà comme une maison incontournable. Et, nous sommes quasiment déjà arrivés  au peloton de ces 20 maisons d’édition. C’est-à-dire dire qu’aujourd’hui, à la fin des 5 ans, on pourra être parmi les 10 meilleures maisons d’édition française. Et j’en suis extrêmement fier, pas seulement à titre personnel, mais surtout pour nos auteurs qui reçoivent aujourd’hui les avis du public, des lecteurs, ils reçoivent des satisfecit réguliers. Et ça pour moi, c’est ma grande fierté.

Entretien mené par Eric Martial NDJOMO E.

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