Selon un communiqué datant du 21 décembre 2016  arrivé à la rédaction de la Voix Des Décideurs  en ce jour, deux experts de l’ONU exhortent le gouvernement camerounais  à mettre fin à la violence contre les manifestations de la minorité anglophone.

COMMUNIQUE

L’appel des experts à la retenue et au dialogue a été approuvé par le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Michel Forst

Nous appelons les autorités à engager un dialogue fructueux et inclusif avec la société

GENEVA, Suisse, 21 décembre 2016 – Deux experts des droits de l’homme des Nations Unies* ont appelé le gouvernement du Cameroun à faire preuve de retenue et à entamer un dialogue, dans le contexte des attaques croissantes contre les manifestants pacifiques.
Les rapporteurs spéciaux Maina Kiai et Rita Izsak-Ndiaye se sont dits profondément préoccupés de la recrudescence de la violence dans le nord-ouest et le sud-ouest du pays, notamment concernant le recours à la force contre des manifestants anglophones qui protestaient contre la nomination de plus en plus fréquente de fonctionnaires francophones dans leurs régions. La plupart des manifestations ont été dirigées par des associations régionales des barreaux et des syndicats d’enseignants.

« Nous appelons les autorités à engager un dialogue fructueux et inclusif avec la société, en particulier avec les syndicats d’avocats et d’enseignants des régions anglophones qui revendiquent des services publics bilingues et une meilleure inclusion des anglophones dans la sphère publique », ont déclaré les experts.

Les anglophones déplorent depuis longtemps devoir faire face à la discrimination et à la marginalisation ainsi que d’être exclus des hautes fonctions et services publics. Ils affirment également que leur accès à la justice est limité, la majorité de la législation et des procédures judiciaires étant exclusivement en français.

« Nous appelons les autorités à engager un dialogue fructueux et inclusif avec la société, en particulier avec les syndicats d’avocats et d’enseignants des régions anglophones qui revendiquent des services publics bilingues et une meilleure inclusion des anglophones dans la sphère publique », ont déclaré les experts.

M. Kiai, Rapporteur spécial sur le droit à la liberté de réunion pacifique et d’association, se dit particulièrement alarmé par les informations selon lesquelles les forces de sécurité ont utilisé une force excessive lors de manifestations le 28 novembre à Buea et le 8 décembre à Bamenda.

Les sources indiquent que la police a utilisé des tirs à balles réelles pour disperser les manifestants, entraînant la mort d’au moins quatre personnes. Des dizaines d’autres personnes ont été blessées, arbitrairement arrêtées et auraient été torturées.

« J’exhorte le gouvernement du Cameroun à mener une enquête approfondie sur l’utilisation de la force contre les manifestants ces derniers mois et à faire preuve de la plus grande retenue dans la surveillance des futures manifestations », a déclaré M. Kiai.

« Dans les sociétés démocratiques, les manifestations sont indispensables à la sensibilisation aux droits de l’homme et aux préoccupations politiques et sociales, notamment celles concernant les questions relatives aux minorités », a-t-il souligné. «Les manifestations pacifiques jouent un rôle crucial pour faire entendre la voix des personnes marginalisées et présentent un discours alternatif aux intérêts politiques établis».

La Rapporteuse spéciale sur les questions relatives aux minorités, Rita Izsak-Ndiaye, qui a effectué une visite officielle au Cameroun en 2013*, a déclaré qu’il y avait des défis importants concernant les minorités linguistiques. « Lors de ma visite au Cameroun, la discrimination à l’encontre des anglophones a été portée à mon attention comme une source de préoccupation majeure à Bamenda, en particulier en ce qui concerne l’accès aux fonctions publiques et politiques », a-t-elle noté.

Mme Izsak-Ndiaye a demandé au gouvernement de répondre aux inquiétudes exprimées par les anglophones concernant l’exercice de leurs droits linguistiques et de mettre pleinement en œuvre une politique de bilinguisme.

« Le respect des droits linguistiques des minorités est non seulement essentiel pour éviter que les tensions ne s’intensifient, mais est également un élément fondamental de la bonne gouvernance », a souligné la Rapporteuse spéciale.

L’appel des experts à la retenue et au dialogue a été approuvé par le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Michel Forst.

SOURCE: Office of the UN High Commissioner for Human Rights (OHCHR)

[ads1]

Facebook Comments

14 Commentaires

  1. Michel Claude Bikongo

    Le pb n est pas un pb d anglophone ou de francophone !c est un pb de condition de vie des population ds ces localites ou nous devrions pointer un doigt accusateur sur les acteurs charger de la developper en occurrence ( les mairies ;les delegues gouvernementaux et elites exterieur a ces localitees)

  2. Michel Claude Bikongo

    Meme ci le pouvoir en place accepte le federalisme. pensez vous que cela va resoudre le pb des conditions des vies des population?ou vont d abord tout les fonts verser ds les mairies?ou va la taxe verser aux delegues gouvernementaux !que les populations s informent !il y a des fonts pour developper leurs localites mais certain en on fait leur salaire!conclusion le peuple sombre ds les mauvaises conditions de vie !

  3. Michel Claude Bikongo

    Ainsi tant que les dirigeants locaux ne prendrons pas conscience que le buged qui leur est allouer n est pas leur salaire mais pour ameliorer les conditions de vie des populations! Federalisme ou pas nous continuerons a souffrir

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here