Ces affrontements ont été déclenchés le 14 mars 2017 lorsque les agriculteurs de l’arrondissement d’Oku, dans la région du Nord-Ouest, ont constaté une fois de plus la dévastation de leurs exploitations par le cheptel bovin du milliardaire Baba Ahmadou Danpullo qui dit ne pas avoir  de  temps pour  parler  de cette affaire.

© Gabriel Noah : La Voix Des Décideurs  – Se pourrait-il donc que le Camerounais le plus financièrement nanti soit l’un des plus moralement vulnérables ? C’est en tout cas la thèse que semble soutenir l’intempérance affichée par Aladji Baba Danpullo, dont l’instrumentalisation de certains éléments de  l’Armée camerounaise pour régler ses comptes personnels à de pauvres personnes. En témoignent les événements qui vont suivre…

Acte premier

Mardi, le 14 mars 2017. Il est environ 10h, lorsque les agriculteurs de l’arrondissement d’Oku, situé dans la région du Nord-Ouest, qui se rendent dans leurs exploitations, découvrent, ahuris, le cheptel bovin du milliardaire se repaissant tranquillement de leurs récoltes.

Selon des sources concordantes, les bergers d’Aladji Baba  Ahmadou Danpullo n’étaient pas à leur premier acte de provocation. Les mêmes sources affirment que les plaintes des paysans sont régulièrement demeurées lettres mortes et le fruit de leur dur labeur souvent volatilisé de la même manière, les condamnant à la disette et à la mendicité.  Est-ce la raison pour laquelle ils se laissent alors aller à une réaction répréhensible ? On ne saurait le justifier.

Une riposte vigoureuse

Toujours est-il que courroucés et face à la condescendante indifférence des bergers, les agriculteurs vont s’acharner sur les bêtes qui dégustaient paisiblement leur production et en massacreront 35. Confrontés à leur impuissance devant la  hardiesse des paysans, les bergers s’enfuient et vont rendre compte à leur patron.

La violente réponse

C’est alors qu’Alhadji  Baba Ahmadou Danpullo, piqué d’une vive colère, aurait demandé l’envoi  d’un corps expéditionnaire composé des militaires stationnés dans ladite localité, à l’effet de capturer et brutaliser les villageois, pourtant victimes des pertes de leurs récoltes. Mais c’était également sans compter avec la détermination de ceux-ci à régler cette affaire à leur manière.

Les jujus mettent le corps expéditionnaire en déroute

Le résultat éloquent en est que face à la multitude et à la colère généralisée, ce sont les mousquetaires qui prennent la poudre d’escampette. Ceux-ci auraient abandonné  leurs armes entre les mains des villageois, qui auraient appelé leurs jujus, (pouvoirs magiques), à la rescousse. Même le sous-préfet de cet arrondissement  aurait plié bagages à la suite de ses soldats, redoutant une éventuelle remontée d’adrénaline, qui aurait transformé la vengeance en affrontements d’ordre sociopolitique, telle que la pratique est devenue courante.

L’imposture

Il s’agit au demeurant d’une humiliation dont l’Armée camerounaise n’avait certainement  pas besoin, mais qui  lui a été infligée du simple fait des excès que génère la possession incontrôlée de la puissance financière. « L’argent corrompt », stipule l’adage. Si les agriculteurs ont péché par ignorance et surtout par dépit de ne pouvoir obtenir justice depuis qu’ils subissent de lourdes pertes, il appartenait toutefois à l’auteur indirect de ces drames, d’écouter les plaignants avant de leur envoyer son armée et s’offrir une si navrante publicité.

« Mais que non, le milliardaire de Bamenda qui, imbu de son incommensurable puissance, croit devoir justifier l’imposture en  instrumentalisant cette force au gré de ses intérêts, au lieu d’entendre les parties avant de prendre position, comme l’aurait  commandé  le sens de l’équité », commente un habitant d’Oku.

Joint  directement au téléphone par la rédaction de La Voix Des Décideurs ce  31 mars 2017 à 15 h 15  (GMT+1),  pour avoir sa version des faits, Baba Ahmadou Danpullo n’a pas voulu se prononcer sur la question. « Il faut recouper les informations là  vous voulez.  Moi je n’ai pas le temps de parler de ça », a lâché le milliardaire.

Certains observateurs pensaient jusqu’ici, que le Président de la République était le seul dépositaire des prérogatives constitutionnelles de mobiliser l’Armée.  « Mais que non, le milliardaire de Bamenda qui, imbu de son incommensurable puissance, croit devoir justifier l’imposture en  instrumentalisant cette force au gré de ses intérêts, au lieu d’entendre les parties avant de prendre position, comme l’aurait  commandé  le sens de l’équité », commente un habitant d’Oku.

 ‘‘We no die fear gunshots” 

Quant aux militaires en repli  dans leur base d’Oku, ils auraient projeté, selon nos sources, un retour musclé sur le lieu des affrontements. Mais les villageois, confiants en la toute-puissance des jujus et fermement décidés à défendre leurs intérêts, déclaraient ne pas avoir peur des tirs de fusils. « We no die fear gunshots », martelaient-ils en anglais.

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