L’honneur militaire en péril. En dehors des exhibitions peu orthodoxes, les égarements de certains militaires et policiers sont légion sur les réseaux sociaux et mettent en mal l’image de la grande muette et du corps de la Police. Le haut commandement interpellé.

© Jean Assomo et Marcien Essimi │ La Voix Des Décideurs – La tenue militaire jadis réservée exclusivement au service des armes est devenue de nos jours l’un des habits les plus vulgaires via les réseaux sociaux. Ce n’est qu’un secret de polichinelle si on dit que la quasi-totalité des hommes en tenue affiliés à Facebook, Twitter,  Whatsapp et autres réseaux sociaux,  s’exposent avec leurs uniformes laissant découvrir  tout ce qu’il y a de caché ou de professionnel dans celles-ci. Or, la force du service militaire réside d’une manière générale dans le secret que renferme ladite uniforme.

Honneur militaire en péril

Il n’est pas rare de trouver la photo d’un homme en tenue brandissant des bouteilles de bière dans un débit de boisson, ou se livrer dans une danse qui l’amène finalement à se débarrasser de certaines parties de son uniforme tels que le béret, le ceinturon et parfois  même les épaulettes.

En fait, l’honneur militaire est sérieusement entamé. L’image que l’on pouvait avoir d’un Pierre Semengue ou de Titus Ebogo par exemple, ne peut pas être celle du militaire « androïde » d’aujourd’hui, qui semble se laisser emporter, pour la majorité, par des conduites déviantes et peu professionnelles. Pourtant le service militaire a davantage besoin de sa discrétion et son honorabilité d’antan. La tenue militaire fait indubitablement partie des éléments qui marquent la souveraineté de notre pays tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est la raison pour la quelle le port de cette uniforme est régi par des lois définissant les circonstances et les types d’uniformes y afférents. Situation très lamentable quand on sait que la discipline est ce sur quoi repose le service militaire.

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Un observateur de la scène politique pense que « ces attitudes répréhensibles dans les réseaux sociaux laissent voir tout le mépris que ceux-ci ont de la discipline et de la déontologie relative à leur métier. »  

« S’il n’existe pas encore des lois y afférentes, il faudrait redéfinir des sanctions spécifiques pour des égarements liés à la conduite des militaires dans les réseaux sociaux, et s’il en existe déjà, il est grand temps que le haut commandement saisisse le taureau par les cornes afin que le militaire retrouve ses lettre de noblesse, sa dignité et que, par conséquent, notre pays conserve sa dignité tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières », propose un autre. 

Fuite d’informations

Ces égarements s’accompagnent toujours des fuites d’informations. Deux cas récents ne sont pas passés inaperçus, du moins pour les observateurs attentifs.

En  début avril 2016, la divulgation plus ou moins calculée d’un message porté du ministre  délégué à la présidence de la République, chargé de la Défense ( parlant de l’infiltration d’une dizaine des kamikazes de Boko Haram à Yaoundé),  dont le contenu n’était pas destiné à un large public, a fait le tour des réseaux sociaux et créé la panique générale dans la capitale camerounaise. Des sources avaient attribué  la publication de ce document via  Whatsap à un militaire qui aurait été interpellé par la suite.

La publication des images  non authentifiées sur les réseaux, mettant en exergue le Général de Division Kodji et ses éléments quelques heures avant le crash du 22 janvier 2017 qui avaient suscité quelques commentaires, serait-t-elle une œuvre de l’une des compatriotes de la grande muette ?

Cette interrogation  n’est pas seulement une évidence de la gravité de la situation. Elle interpelle davantage les  ministres Joseph Beti Assomo et  Martin Mbarga Nguelé appelés à sensibiliser d’abord et avant toute sanction, les hommes et femmes en tenue aperçus parfois, tout grade confondu, dans les salles et kiosques des jeux du hasard dans nos villes.

 

Selon des sources policières, ce phénomène  a suscité une prise de conscience à la Sûreté Nationale. Mais rien de concret n’est encore fait.

Au Ministère de la Défense, Joseph Beti Assomo  ferait bien de poursuivre la sensibilisation entamée et faire des propositions pertinentes au Chef des Armées, Paul Biya. On espère que le message n’est pas tombé dans les oreilles de sourds et qu’il sera suivi des mesures qui feront de ces déviances un lointain souvenir.

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