Dans une interview exclusive accordée au media panafricain La Voix Des Décideurs,  Kag Sanousi, expert en Intelligence Négociationnelle, jette un regard froid sur la gestion des conflits en Afrique notamment sur les cas du Cameroun, du Gabon , de la RCA…

La Voix Des Décideurs: Bonjour Monsieur Kag Sanoussi . Pouvez-vous présenter à nos lecteurs ?

Kag Sanousi: Bonjour, je suis le Président-Fondateur de l’ Institut International de Gestion des Conflits (IIGC) qui regroupe plusieurs experts sur plusieurs continents dans les domaines de la médiation, de la négociation stratégique, de la prévention et la gestion des conflits, de la responsabilité sociale des entreprises(RSE), dans le fait religieux, l’inter culturalité.

Je suis particulièrement intéressé par l’accompagnement des entreprises, des pouvoirs politiques à œuvrer pour une meilleure gestion des situations conflictuelles qui, mal gérées ou non gérées, sont de véritables handicaps à la compétitivité des entreprises et à la bonne marche démocratique des pays. Nous mobilisons plusieurs outils en conseils, formations et accompagnement des acteurs. Enfin, la prise en compte des diasporas dans les projets de développement des pays est une de nos préoccupations, tant il est important de favoriser une meilleure prise en compte de la diaspora, dans sa diversité et complexité, car un enfant du pays, est toujours du pays, où qu’il réside.

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On vous connait comme  un expert en Intelligence Négociationnelle. Pouvez-vous nous  parler ce domaine visiblement  mal connu  du grand public africain?

Comme vous le savez, chaque individu dispose de plusieurs types d’intelligences mis en lumière depuis la théorie des intelligences multiples de Howard Gardner. Nos pratiques en négociation, en médiation notamment nous ont conduits à développer le concept de l’Intelligence Négociationnelle (IN) qui se veut, la capacité donnée à chaque individu de mobiliser tout ou partie de ses autres intelligences dans la conduite d’une négociation. C’est un art particulier que de parvenir à identifier d’une part les intelligences qui sont siennes et d’autres parts, comment les mobiliser pour faire aboutir un projet.

L’Intelligence Négociationnelle (IN) se positionne donc comme le vade mecum moderne pour une meilleure prévention et gestion des crises, risques et conflits au sein des Entreprises, des Etats et dans tout type d’organisme.

Elle est en même temps un levier efficace dans la conduite des projets et dans les négociations stratégiques, notamment à travers une approche systémique basée sur les huit points focaux de la négociation. (cf. Les 10 clés de l’Intelligence Négociationnelle, Rama éditions, avril 2016). En entreprise, elle est un outil formidable pour faire face aux conflits et plus particulièrement aux conflits interculturels.

L’IN, est cette capacité donnée à toute personne, dans le cadre de la conduite d’un projet par exemple, de miser sur le rôle du réseau des acteurs, et/ou sur la séduction, et/ou sur sa capacité argumentative orale, et/ou sur la qualité de sa présentation écrite, sur l’impact du support, sur l’humour, sur l’intimidation voire la menace, sur sa présentation physique, etc. Faire cela, c’est faire preuve d’une intelligence négociationnelle, c’est-à-dire, être parvenu à mettre en avant ses atouts, dans le but de faire aboutir sa quête.

Nous formons, afin d’aider les uns et les autres à identifier laquelle de leurs intelligences multiples (spatiale, cognitive, émotionnelle, etc.), ils peuvent utiliser et dans quelle situation. En effet, chacune des intelligences a un aspect qui peut être mobilisé dans la négociation ou la conduite d’un projet ou dans la prévention ou la gestion d’un conflit.

L’Intelligence Négociationnelle est le nouveau paradigme déjà présente dans nos pratiques et dont la conscientisation, la mise au grand jour en fait un allié stratégique.

 

 Pensez-vous que les dirigeants africains accordent une importance au rayonnement de  l’Intelligence Négociationelle comme  c’est le cas avec l’Intelligence économique ?

Le concept de l’Intelligence Négociationnelle (IN) est relativement récent et donc encore peut connu ; même si dans le quotidien, chacun de nous en fait l’usage, mais de manière inconsciente et totalement empirique.

Il est donc difficile d’accorder une certaine importance à quelque chose dont on ignore même l’existence. En effet, actuellement, seule une petite poignée de dirigeants africains sont sensibilisés à la pratique de l’IN. Notre rôle est donc simple : faire connaître la pratique de l’Intelligence Négociationnelle, qui justement peut se positionner aux confluences de l’intelligence économique.

L’Intelligence Négociationnelle est applicable dans les négociations de budgets, dans la recherche de nouveaux marchés, dans l’établissement des partenariats d’affaires, dans  toutes sortes de négociations commerciales, dans le management des équipes, notamment dans le cadre des conflits interculturels qui peuvent émerger au sein des organisations privées ou publiques.

Pour les dirigeants, elle constitue un atout stratégique dans l’art de mener des négociations les plus difficiles, incertaines et les plus complexes.

L’IN, grâce à la combinaison d’outils qu’elle permet d’utiliser, comme par exemple le Plan OSER : Plan d’Organisation de la Réponse de Sécurité pour l’Etat / l’Entreprise Responsable, doit être appropriée, aussi bien par les dirigeants en Afrique que par leurs équipes qui sont bien souvent aux avants postes dans les négociations.

Nous développons pour cela une série de formation de trois jours avec une conférence publique à compter du mois de juin dans différents pays d’Afrique. Un stage de dix jours aura également lieu au mois d’octobre à Paris.

 

Et  quels commentaires faites-vous de la gestion des crises et des conflits en Afrique en général et en Afrique Centrale en particulier?
L’Afrique est hélas traversée depuis fort longtemps d’une série de crises aux conséquences dévastatrices. A l’instar des conflits dus au terrorisme aveugle, inhumain et brutal, dont les causes sont aussi complexes, parfois lointaines, mais surtout géostratégiques, la majorité des conflits a un principal point d’entrée : la question de l’accession et ou du maintien à la magistrature suprême des dirigeants dans divers pays. Et la vraie cause est celle de la possession, du partage, de la gestion des biens.

Vous avez beau tourner la question dans tous les sens, vous revenez immanquablement à cette problématique de captation, de gestion, de partage des biens. Et les protagonistes ne sont pas seulement les seuls Africains qui finissent souvent au bout des armes, mais bien d’autres acteurs, souvent étrangers qui œuvrent pour leurs intérêts égoïstes.

Quand une personne mange seule, elle ne se rassasie que très peu et aura toujours envie de manger plus ; mais quand elle mange avec d’autres en partage, elle se rassasie plus vite.

Je pense qu’il est en effet possible, avec l’appropriation de nouveaux paradigmes de gestion des biens publics de diminuer significativement certains types de conflits récurrents que connaissent bien de pays.

L’Afrique Centrale offre hélas le tableau le plus désolant des conflits multiformes, multi-acteurs et dont certains durent depuis fort longtemps. Sur l’ensemble des pays de l’Afrique centrale : l’Angola, le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo, Sao Tomé-et-Principe et le Tchad, le conflit est hélas visiblement présent ou refoulé, voir latent.

Les mécanismes de résolutions des conflits mis en place, furent-ils onusiens, européens ou des instances sous-régionales, peinent à produire des effets probants et durables, tant les règles de jeux, les volontés demeurent aléatoires. Plus important, certains conflits de l’Afrique Centrale sont une réelle émanation de la course aux intérêts égoïstes de certains acteurs, véritables prédateurs et catalyseurs des oppositions entre les filles et fils du même pays.

La volonté politique d’un changement radical des paradigmes, telle qu’aperçue ces derniers temps auprès de certains dirigeants de l’Afrique Centrale doit être encouragée pour rompre ce cycle dramatique. Le conflit n’est pas une fatalité pour l’Afrique !
Et du rôle des médias …
Les médias sont des acteurs très importants, pour la démocratie, mais surtout aussi pour aider à mieux gérer les conflits.

Les médias peuvent humaniser un conflit, peuvent aggraver les tensions entre les acteurs, peuvent aider à sa meilleure compréhension, peuvent surtout aider à sensibiliser l’opinion sur des solutions possibles.

C’est dire que le rôle des médias peut ne pas s’arrêter à informer l’opinion. Quand on se souvient du rôle combien nuisible qu’a joué la radio des milles collines au Rwanda, lors du génocide Tutsi, on ne peut qu’inviter les médias à prendre le contre-pied de cette pratique.

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Mais beaucoup de responsables de médias, de journalistes sont peu sensibilisés à leurs rôles dans les conflits. Nous développons pour cela, des formations ciblées «  Journalistes sensibles aux conflits » durant lesquelles, les journalistes et autres acteurs de médias sont formés sur la connaissance des types de conflits, les enjeux, le rôle des acteurs visibles et invisibles (qui n’apparaissent pas aux premiers abords), les différentes formes de traiter les sujets en période de conflits de manière responsable, etc.

Cette formation a déjà lieu en Afrique Centrale en Centrafrique pour une trentaine de journalistes, une conférence de sensibilisation à des journalistes au Tchad. Elles seront développées prochainement dans d’autres pays.

Un acteur de médias non sensible aux conflits peut être dangereux dans le traitement du sujet et induire hélas, des effets d’aggravation du conflit.
Comment appréhendez- vous  la gestion de la crise centrafricaine caractérisée par la détermination des groupes rebelles à faire taire les dérives et violences ?
Nous travaillons depuis quelques années sur la crise centrafricaine et sommes en relation avec plusieurs des protagonistes impliqués. C’est une gestion qui est en cours, alors permettez-moi de ne pas être très explicite sur certains aspects.

L’élection à la magistrature suprême de la RCA, du professeur Faustin Archange TOUADERA signe le retour de l’ordre constitutionnel avec un espoir manifeste d’un retour de la paix intégrale.

La question des groupes rebelles, des groupes armés est le défi prioritaire du nouveau Président ; car  sans la sécurité, rien n’est vraiment possible.

Si l’on peut constater une sérieuse amélioration de la situation sécuritaire dans Bangui ainsi que dans quelques localités dans l’arrière-pays, il n’en demeure pas moins que certains groupes continuent de sévir, soumettant des populations civiles à de rudes épreuves.

Le pouvoir actuel est face à une série de contraintes et de difficultés qu’il faut parvenir à appréhender aussi bien individuellement que collectivement.

La rébellion Seleka s’est fragmentée en plusieurs groupes qui parfois se combattent entre eux, obligeant le pouvoir politique légitime à négocier avec chaque mouvement dont les intérêts sont parfois antagonistes;

Le mouvement d’auto-défense Anti-balaka, connait également un éparpillement en plusieurs groupes obéissant à des lignes de commandements aux intérêts divergents;

Puis nous avons également assisté à l’émergence de nouveaux groupes armés sous des formes et contours non précis;

L’embargo imposé au pays, perdure et la réorganisation de l’armée nationale, les Forces Armées Centrafricaines (FACA) bien qu’engagez n’a pas encore atteint un niveau satisfaisant pour assurer convenablement la sécurité du pays.

C’est dans ce contexte que le nouveau pouvoir tente d’aller à la paix avec les différents groupes rebelles.

De notre analyse, le fait que 14 groupes armés aient accepté d’intégrer le processus du Désarmement, Démobilisation, Réintégration, Rapatriement (DDRR) est un point positif. Reste pour le pouvoir de trouver des points de convergence durable, équilibrés et qui s’imposent à tous. C’est une condition nécessaire pour ramener l’Etat de droit sur toute l’étendue du territoire.

Bien évidemment, le DDRR actuel doit être différent des expériences antérieures. Il reste à réussir cette négociation entre les groupes armés et le pouvoir. Le processus est long sinueux, complexe, mais c’est le seul chemin pour une paix durable. Revenir dans la légalité républicaine, est une nécessité pour une paix durable qui intègre aussi bien la situation des ex-combattants, mais aussi la prise en compte des victimes des exactions.


Toujours en Afrique Centrale, les tensions post-électorales restent encore perceptibles au Gabon. Que faire pour régler cette crise ?

La situation du Gabon est semblable à celle de beaucoup de pays où les élections présidentielles sont sources de tensions extrêmes. La contestation de la réélection du Président BONGO est plus profonde qu’aux dernières élections présidentielles et exige une vigilance particulière, même si tout paraît être revenu à la normale.

La première donnée est l’impatience des populations qui ne bénéficient pas encore des fruits des réformes d’envergure que le pouvoir en place a annoncées et parfois entamées. C’est donc un problème social profond sur la base d’insatisfaction des besoins élémentaires des populations. Ce faisant, ce n’est pas surprenant que les mécontentements se fassent contre le pouvoir en place. Et dans cette situation, toute situation qui appelle à un changement, qui promet du renouveau, reçoit un écho favorable.

De nos analyses, le pouvoir en place doit travailler simultanément sur deux fronts :

  • Œuvrer efficacement à l’amélioration des conditions de vie des Gabonaises et Gabonais, dont une majorité se démène dans les PK, et mieux partager les richesses du pays.

  • Conduire des négociations inclusives aussi bien avec les acteurs politiques que des acteurs de la société civiles pour consolider la démocratie, l’Etat de droit.

Mais nous reconnaissons que les acteurs n’ont plus confiance dans ces types de négociations, car la confiance fait défaut et les expériences du passé, ne plaident pas forcément pour recommencer.

Le Pouvoir  doit absolument s’engager dans cette dynamique pour l’amour du pays et la garantie d’un règne apaisé ; car en réalité, c’est à celui qui est « grand » de s’abaisser pour saluer celui qui est « petit ». Cela grandit et apporte l’apaisement. La pratique de l’Intelligence Négociationnelle, peut être d’une aide utile.

 

« Les 10 clés de l’Intelligence Négociationnelle », dernier ouvrage de Kag Sanousi

 

On ne saurait s’entretenir avec vous sans évoquer  l’épineuse crise et les revendications dites anglophones au Cameroun qui est d’actualité. Comment percevez-vous la gestion de cette crise ?

Le sentiment de la marginalisation de la communauté anglophone au profit d’une « francophonisation » du Cameroun est une réalité qui dure depuis la réunification des deux Cameroun. En effet, et comme vous le savez, le « problème » anglophone et francophone remonte à l’histoire du Cameroun qui était comme le Togo, une colonie allemande qui passera, après la défaite de l’Allemagne pendant la première guerre mondiale, pour partie sous la tutelle de la France (partie francophone) et l’autre partie sous la tutelle de la Grande-Bretagne (partie anglophone). Il a fallu presqu’une année après l’Indépendance du 1er janvier 1960 pour parvenir à la création de la République Fédérale du Cameroun avec ces deux entités francophone et anglophone.

La sous représentation des anglophones dans les instances politiques dirigeantes du pays, le chômage massif des jeunes, le sentiment d’une discrimination systémique dont les « francophones » seraient les responsables, sont hélas des données qui réactivent par cycles,  le besoin d’autonomie de cette partie du Cameroun.

La gestion de cette crise doit prendre en compte les revendications des Camerounais « anglophones » qui n’enlèvent rien aux « francophones ». Cela passe par des réformes structurelles et surtout une évolution des mentalités de part et d’autres. C’est donc une fois de plus, l’art de la négociation responsable dont il faut faire preuve immédiatement pour trouver des solutions susceptibles de réduire les écarts entre les deux entités du pays et éviter que la grogne ne serve pas les projets séparatistes qui ne sont jamais très loin.


En RDC, l’Eglise a joué et joue un rôle déterminant qui conduit le pays vers la sortie de crise. Pensez-vous  que les chefs religieux peuvent le faire de même au Cameroun ?

Par expérience, il ne faut négliger l’apport d’aucun acteur, quand il s’agit de trouver des solutions à une situation conflictuelle. Les chefs religieux tout comme les chefs coutumiers sont détenteurs d’une certaine autorité et d’une respectabilité, quand ils ne se sont pas engagés dans des aventures politiques partisanes.

Au Cameroun, comme dans d’autres pays, ils peuvent être déterminants dans la recherche des solutions et doivent pour cela garder une distance intelligente avec les accointances politiques ; autrement, ils perdraient de leur neutralité et priveraient le peuple de leur sage inspiration.

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L’Institut International de Gestion des Conflits peut-il aider ou aide-t-il
(aider) les Etats africains à  réduire ou mettre fin aux conflits…

Nous travaillons déjà avec certains Etats en mobilisant des expertises africaines de la diaspora, d’Afrique, mais aussi étrangères afin d’optimiser l’efficacité de nos outils et approches.

Il est en effet important de mettre au service des dirigeants les outils d’analyse et de décision qui tiennent compte des réalités locales, des dynamiques interculturelles, de la place du religieux, des ainés, etc.

Fin de la session de la formation des journalistes ” sensibles aux conflits” à Bangui, RCA

Quand nous parlons d’Etats, nous parlons bien évidemment des Grands dirigeants, mais aussi des responsables des administrations, les collectivités locales, les leaders d’opinions, etc. Notre approche réside dans le fait que notre intervention dans un pays, associe obligatoirement des filles et fils du pays concerné dans notre staff et par la suite, nous pouvons disposer des relais locaux susceptibles d’intérioriser nos outils et de poursuivre le travail de qualification et d’accompagnement des acteurs.

Nous apportons et pouvons apporter  nos contributions dans la prévention des conflits mais aussi, dans leur gestion quand, hélas ils surviennent. Mais au-delà des Etats, nous sommes également aux côtés des entreprises qui sont traversées également par une série de conflits dont les conséquences peuvent être nombreuses et catastrophiques.
Avez-vous un message ?

Chacun de nous gère au moins 10 conflits par jour. Le conflit est dans notre quotidien, depuis la famille, jusqu’au lieu du travail. Du technicien de service au Président de la République, nous vivons des situations de conflits pour lesquels nous sommes invités à décider.

Nous sommes convaincus que c’est en étant formé qu’on conscientise et optimise les pratiques empiriques qui sont nôtres pour mieux réussir  à gérer nos conflits et à mener à bon port nos projets.

Nous avons espoir que d’ici peu, nombreux seront les personnes à se former à la pratique de l’Intelligence Négociationnelle, convaincue qu’elle apportera une amélioration significative dans leur vie personnelle et familiale.

Nos formations sont ouvertes et se font également sur mesure grâce à notre capacité à nous adapter  aux réalités des acteurs et des territoires.

Mon dernier livre : « Les 10 clés de l’Intelligence Négociationnelle », édité en avril dernier en France et en cours de ré-édition avec des compléments sera bientôt disponible, et contribuera à la vulgarisation de la pratique de l’IN.

 

Pour vous renseignez et suivre nos activités :

contactiigc@gmail.com      www.institut-international-gestion-conflits.org

Je vous remercie.

 

© Interview réalisée par Marcien Essimi

La Voix Des Décideurs ǀ Tel : 00237 676 821 111

 E-mail : lavoixdesdecideurs@gmail.com

 

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