Du 26 au 30 juin 2017 se tient le Premier Forum de la diaspora camerounaise . Cet événement placé sous le haut patronage du Président de la République est organisé à quelques mois de la prochaine élection présidentielle. En attendant une confirmation officielle, Paul Biya qui est annoncé à cet évènement selon nos sources, veut-il par-là, signer un contrat avec la diaspora ?

Le jeudi 22 juin 2017 s’est tenu à Yaoundé  un point de presse présidé par le ministre des Relations Extérieures,  Lejeune Mbella Mbella en présence de son homologue de la Communication. Ladite communication consistait à l’annonce du Premier Forum de la Diaspora (FODIAS 2017) avec pour thème : « Le Cameroun et sa diaspora : ensemble pour le développement de la nation ».
Dans son propos liminaire, le Ministre des Relations Extérieures a procédé à un bref rappel historique des initiatives envisagées par l’Etat du Cameroun pour se rapprocher et entrer en contact avec sa diaspora ainsi que le cadre juridique et les institutions créées pour encourager le retour de ses enfants dispersés dans le monde.
Dans un premier temps,  Lejeune Mbella Mbella a fait d’abord une évaluation statistique de la Diaspora et affirme : « A titre de rappel, une importante partie de nos compatriotes, soit un peu plus de 5 millions, se retrouve, pour une raison ou pour une autre, établie à l’étranger ».

Les démarches diplomatiques et les lois encadrant et abordant les questions de la diaspora camerounaise émergent à la fin des années 90. Pour le ministre, « entre 1999 et 2013, le statut de l’organe institutionnel en charge de l’encadrement des camerounais à l’étranger est passé de Bureau à Direction. Aucune autre structure n’a connu pareille transformation, ce qui justifie à suffisance tout l’intérêt que le président de la République porte à notre diaspora. A titre d’illustration, le Chef d’Etat a bien voulu créer au sein du Ministère des Relation Extérieures, la Division Camerounaise à l’Etranger(DCE) par le décret No2005/286 du 30 juillet 2005 portant organisation du Ministère des Relations Extérieures».
Dans la même perspective le décret No2013/112 du 22 avril 2013 portant organisation du Ministère des Relations Extérieures à son article 120 stipule : « du suivi et de l’élaboration des politiques  en vue de la participation  des camerounais  de l’étranger au développement politique, économique et social  du pays, en collaboration avec les autres administrations concernées ». Ainsi tout cet arsenal, ajouté à la collaboration du réseau des diplomates, ont contribué à l’avènement du FODIAS.

S.E. Lejeune Mbella Mbella, Ministre camerounais des Relations Extérieures

Enjeux
Dans un second temps, Lejeune Mbella Mbella, un des magnats et vétérans de la diplomatie camerounaise qui apporte une approche innovante,  a présenté  le FODIAS en insistant sur sa mission, ses objectifs, son but  et ses perspectives. La mission globale du Forum de la Diaspora 2017 est « de présenter les initiatives du gouvernement en faveur de sa diaspora, de mieux faire connaitre cette dernière et d’assurer la lisibilité de ses actions en faveur du développement de notre pays, ainsi que de mettre sur pied une plateforme permanente de communication et d’échange, afin d’améliorer les conditions d’un dialogue inclusif qui permettrait de mieux capitaliser les atouts de cette composante spécifique de notre jeune et riche Nation, en vue du développement harmonieux de notre triangle national ».
Le Forum de la Diaspora 2017 devrait contribuer à créer une plateforme permanente de dialogue et de facilitation, assurer la diffusion et la compréhension des politiques publiques en faveur de notre diaspora, faire connaitre les actions de notre diaspora relatives au développement du pays, réaffirmer la place de notre diaspora comme composante essentielle de la Nation camerounaise, faciliter l’exécution et le suivi des projets pertinents initiés ou portés par notre diaspora, encourager les investissements multiformes de notre diaspora en direction de notre pays.
Vers un nouveau contrat
Au terme du Forum de la Diaspora 2017, les résultats escomptés sont entre autres  la création d’un Comité conjoint de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre des projets collectés, la mise en œuvre d’un cadre de dialogue permanent entre le gouvernement et sa diaspora, une plus grande implication de notre diaspora au développement local et la construction d’un fichier de toutes les compétences dans tous les domaines possibles des Camerounais résidant à l’étranger. Le but  principal du FODIAS 2017 est de créer  la confiance entre le gouvernement et sa diaspora.
Dans le cadre du processus préparatoire, un pré forum est organisé du 26 au 27 juin, il permettra de procéder à des rencontres « B2B » avec les institutions nationales compétentes dans la réalisation des projets retenus  et de mieux présenter  au public national et aux partenaires internationaux le savoir-faire de notre diaspora. Le Forum se tiendra du 28 au 30 juin 2017, qui consistera à exposer sur une série de problématiques qui permettront de trouver les mécanismes  adéquats afin de mieux tirer avantages de notre diaspora, tout en réfléchissant sur des stratégies adaptées qui lui permettront d’être mieux encadrée.
Paul Biya séduit la diaspora
Toutefois, l’organisation du FODIAS suscite les interrogations de nombreux observateurs car,  après de longues années caractérisées par le manque d’une politique digne de ce nom du gouvernement camerounais  vis-à-vis de sa diaspora. Dès lors, il est regrettable de constater l’absence de notre diaspora au parlement  par opposition avec certains pays francophones d’Afrique de l’Ouest comme le Sénégal, le Mali et le Togo qui sont fort avancés dans ce domaine. Ainsi, pourquoi une telle initiative à l’aune d’une élection présidentielle ? N’est-ce pas là une campagne de séduction politique de la part du pouvoir de Yaoundé qui est de plus en plus contesté par certains activistes de la diaspora ? En dépit des efforts du gouvernement une nouvelle dynamique reste urgente au moment où on déplore l’inertie diplomatique, le vieillissement et le manque du personnel, les mauvaises conditions de travail de ces derniers, l’absence et le besoin des représentants diplomatiques et consulaires qui pourraient faciliter efficacement la mobilisation des investisseurs étrangers pour la destination Cameroun.

 

 

 

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