Ils ont été réunis le 22 juillet 2017 au bureau de Yaoundé, autour d’une conférence-débat constructif et républicain placée sous le thème « Le Cameroun à la croisée des chemins, sortir de la logique de crise perpétuelle par une gouvernance moderne ». L’échange a porté sur la question de la crise anglophone, la tenue de la prochaine élection présidentielle et la gouvernance au Cameroun.

© Salomon Ngono ı La Voix Des Décideurs – La situation du Cameroun nécessite une prise de conscience collective des acteurs de divers horizons. En effet, après plus d’un demi-siècle d’indépendance, notre pays fait face à plusieurs enjeux qui interpellent son avenir, en occurrence  l’effectivité de l’édifice démocratique, la conception et la mise en œuvre d’une vision économique pertinente, l’élaboration d’un modèle social efficace, la sécurisation du pays et son rayonnement diplomatique et bien d’autres.

Cette observation laisse cependant transparaitre un tableau mitigé, notamment au niveau de la gouvernance globale que des perspectives de développement.

Ainsi, la corruption, le chômage massif des jeunes, la vétusté des infrastructures, les services sociaux de base inaccessibles et les crises sociopolitiques récurrentes. Dès lors, le défi du Cameroun est de changer sa logique pour une gouvernance moderne et fédératrice autour de nouvelles valeurs solidement ancrées dans les mœurs.

 

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Ainsi, ladite conférence se proposait de susciter un débat constructif et républicain sur ces interrogations qui interpellent la vie de la nation. Débutée à 14 heures par le mot d’ouverture de Mlle NGONWEI Christencia MBAH, responsable de la Fondation FOMUNYOH pour le bureau de Yaoundé. Elle a aussi présenté les activités de la Fondation et de son promoteur le Dr Christopher FOMUNYOH.

Elle présente la fondation en ces propos : « la Fondation FOMUNYOH est une organisation humanitaire à but non lucratif  créée en 1999 à Bamenda avec pour objectif principal la promotion de la démocratie et la bonne gouvernance. Dans son rôle humanitaire,  elle œuvre pour les couches minoritaires et les défavorisés, la promotion de l’éducation des jeunes en offrant les livres et fournitures scolaires aux élèves, la création des points d’eau. La direction de Yaoundé est un cadre idéal pour la recherche et pour l’organisation des réunions car elle offre une salle d’étude, une salle de conférence, une bibliothèque et internet haut débit ».

Pour mieux éclairer la lanterne de l’assistance, trois exposés ont été présentés par BABOKA, ingénieur en télécommunication, GUEFACK Pacôme économiste et NKENGUE Marc,  internationaliste.

 

 

Le premier exposé traite de « La crise anglophone, quelles solutions de sortie de crise ». Ici, BABOKA a insisté sur l’état des lieux de la crise, les perspectives et les solutions de sortie de crise préposées par le promoteur de la Fondation. Le Dr FOMUNYOH pense que pour sortir de cette crise il faut  « promouvoir un dialogue inclusif et franc, appliquer la décentralisation poussée visant un semi-fédéralisme, réparer les injustices et abjections  issus de la mal gouvernance, la mise en œuvre d’un système de gouvernance afin de promouvoir le développement…»

 

 

Lever le flou

La deuxième intervention développée par Pacôme GUEFACK traite de la présidentielle de 2018 au Cameroun, les conditions pour un scrutin crédible et démocratique. Le panéliste expose  une kyrielle de préalables pour une élection crédible sans contestation.

“.Donner à ELECAM le pouvoir de publier les tendances pour que les Camerounais soient au courant de l’évolution du processus électoral dans tout le territoire, l’implication des observateurs de la société civile et des Organisations Internationales telles que l’ONU, l’UA dans l’organisation et la gestion des élections.”

Il propose de: «lever le flou concernant la date exacte des élections, d’instaurer un bulletin unique et les procès verbaux à souche, appliquer de manière stricte l’article 96(4) qui interdit l’ouverture des bureaux de vote dans les lieux non ouverts ou public, instauration de la majorité électorale, l’interdiction de la distribution des cartes d’électeur le jour du vote, donner à ELECAM le pouvoir de publier les tendances pour que les Camerounais soient au courant de l’évolution du processus électoral dans tout le territoire, l’implication des observateurs de la société civile et des Organisations Internationales telles que l’ONU, l’UA dans l’organisation et la gestion des élections. Parvenir à l’instauration de la biométrie totale, promouvoir l’égalité d’accès des partis politiques et des candidats aux médias publics pendant la campagne électorale, et la recomposition d’ELECAM pour plus de crédibilité de son action ».

 

 

Article 66

Enfin, le dernier thème présenté par  Marc NKENGUE titré « Gouvernance au Cameroun : Entre redéfinition de l’architecture constitutionnelle et nécessité de moralisation de la vie politique ». Pour mieux appréhender son sujet, l’intervenant fait un bref bilan sur l’état de la gouvernance au Cameroun et donne des perspectives sur le mode de gouvernance adéquat au Cameroun pour son développement. « Après plus de 50 ans d’indépendance, le pays présente un tableau désolant sur son état de gouvernance. Cet état des choses impacte négativement sur le pays. Cependant, les maux tels que la corruption qui est un frein à l’évolution, le détournement des deniers publics, le mauvais climat des affaires, la gabegie financière  causée par les dépenses faramineuses et la distorsion des fonds, le clientélisme, le défaut de l’état de droit, la non séparation des pouvoirs, le cumul de mandats et de fonctions, la fonctionnalisation de la gestion de l’entreprise publique qui est l’apanage de certaines grandes écoles, la taille du gouvernement, la non application de l’article 66, la confusion entre le parti et l’Etat. La mauvaise administration de la justice, la répression politique, la concentration du pouvoir et la toute puissance du décret, la lenteur et l’inertie administratives. La fuite des investisseurs, l’augmentation de la pauvreté et les inégalités des classes ».

” Après plus de 50 ans d’indépendance, le pays présente un tableau désolant sur son état de gouvernance. Cet état des choses impacte négativement sur le pays.”

Pour une nette évolution du Cameroun vers la gouvernance moderne, l’intervenant propose à l’Etat l’application des mesures suivantes : « la transparence dans la gestion des affaires de l’Etat en communiquant sur les actions menées, la mise en œuvre d’un code électoral consensuel capable de garantir la crédibilité du scrutin afin d’avoir des dirigeants légitimes, la mise en œuvre des politiques d’anticipation afin de prévoir et planifier les projets étatiques. La rigueur dans le choix des hommes et dans l’application des procédures, la légitimité, la justice et la légalité, ce qui implique le respect de la loi, la séparation des pouvoirs et d’élargir les sphères de prise des décisions au niveau local  visant l’élaboration et la mise en œuvre des politiques étatiques pour parvenir à une régionalisation totale et implémenter les politiques de développement au niveau local et communautaire. La compétence, la proximité impliquant la collaboration et le rapprochement  entre la population et les dirigeants pour qu’ils soient imprégnés des réalités que vivent les populations à la base ».

 

 

 

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