Par Marcien Essimi ∫ La Voix Des Décideurs – Le spectre de la crise anglophone a plané sur la session du Conseil Supérieur de la Magistrature présidé par le président de la République Paul BIYA mercredi 07 juin au Palais de l’Unité.

Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner les nominations dans les régions revendicatrices.
C’est le cas de le dire. Les avocats anglophones continuent de savourer les fruits de leur mouvement d’humeur. En effet, le Conseil avait en esprit leur cause en procédant à l’intégration de jeunes auditeurs de justice, récemment sortis de l’ENAM ; puis à la promotion et aux nominations des magistrats du Siège et du Parquet ainsi que ceux du Minjustice.

On se souvient que le ministre de la Justice, Laurent Esso expliquait face à la presse le 30 mars 2017 que « le président de la République a ordonné une nouvelle évaluation sur la maîtrise de la Common Law par les magistrats en service dans les Cours d’Appel du Nord-Ouest et du Sud-ouest et du droit romano-germanique dans les ressorts des autres Cours d’Appel.

Sur la base de cette seconde évaluation, [il] procèdera au redéploiement des magistrats en tenant compte de leur maîtrise de la langue officielle la plus usitée dans les ressorts d’affectation, sans remettre en cause ni l’option irréversible de l’intégration nationale ni l’évolution de la carrière des magistrats ». C’est chose faite ou du moins, le président a fait plus qu’essayer.

En effet, il ressort des décrets du 7 juin 2017 portant nomination de magistrats au Parquet comme au siège dans les tribunaux du Sud-ouest et du Nord-ouest qu’à défaut de « la maîtrise de la Common law », c’est l’origine de la zone anglophone ( si l’on s’en tient à la consonance des noms) qui a prévalu dans les affectations. A ces enfants du pays, il est toutefois difficile de nier une parfaite maitrise du droit d’essence anglaise.

En compulsant les décrets du 7 juin, il apparaît très clairement que Paul Biya a tenu parole au pied et à la lettre à quelques exceptions près s’il en est. En effet, au parquet de la Cour d’appel de Bamenda, a été nommé avocat général un certain Sokem Ngale Mborh avec pour attachés Bumah Chi, Afonje Eric Awah ou encore Sérika Roland Ché.

De même au TPI et au TGI, on a comme substituts Etoanwei Anyangata ou encore Banmi Patience Muyit. Le respect de l’origine et de la maîtrise de la langue s’est également invité à Kumbo, Batibo, Mbengwi, Ndop, Nkambe, Fundong. Idem dans le parquet du Sud-ouest à Buéa, Limbé, Tiko, Mamfé, Mundemba, Kumba Bangem ou Menji. La même chose se fait remarquer pour ce qui est des juges du siège.

Même à la Cour Suprême, le parquet général est marqué par une forte présence des magistrats anglophones tels que Niba Amancho qui remplace Paul Ayah Abine. Ils sont trois sur sept avocats généraux, le premier étant Yap Abdou.

 

 

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