■■ La reconstruction de la traversée de la falaise de Dschang franchit une étape importante. Au 28 avril 2026, les travaux ont enregistré une avancée notable avec le démarrage effectif de la mise en œuvre de la chaussée sur cet axe stratégique de la route régionale R0606.
■■ Cependant, de vives inquiétudes sur la solidité de l’infrastructure enregistrées. Emmanuel Nganou Djoumessi sur la situation d’autres chantiers dans d’autres régions.
Par Marcien Essimi ǀ La Voix Des Décideurs
Yaoundé ǀ Sur le terrain, les équipes de l’entreprise CFHEC, appuyées par la mission de contrôle, restent fortement mobilisées malgré des conditions climatiques peu favorables. Les pluies persistantes n’ont pas entamé la dynamique du chantier, qui évolue désormais sur un remblai entièrement achevé, consolidé et renforcé à l’aide de géo-grilles, une technologie adaptée aux contraintes géotechniques de la zone.
Une avancée technique majeure
Avec l’achèvement des travaux de remblai, l’entreprise a engagé les opérations de chaussée, menées en parallèle avec la protection des talus et la pose de glissières en béton armé. Cette approche simultanée vise à accélérer le rythme d’exécution tout en garantissant la sécurité et la durabilité de l’infrastructure.
L’itinéraire en cours d’aménagement s’étend sur 367 mètres linéaires, avec un décalage de 100 mètres par rapport à l’ancien tracé. Ce repositionnement stratégique répond à des impératifs de stabilité et de sécurisation, dans une zone connue pour sa fragilité géologique.
Un ouvrage pensé pour durer
Un accent particulier est mis sur la stabilité de l’ouvrage, grâce à la mise en place d’un système d’assainissement complet, destiné à canaliser efficacement les eaux de ruissellement et à prévenir les risques d’érosion ou d’éboulement. Le recours à des techniques innovantes vient renforcer la fiabilité de la solution adoptée.
Au fil de l’avancement, l’équipe-projet se dit confortée dans les choix techniques opérés pour assurer la continuité de la circulation sur ce point critique de la R0606.
Vers une livraison imminente
Selon le planning établi, les travaux en cours constituent les dernières étapes avant l’achèvement du projet. Si les conditions restent favorables, la livraison de cette infrastructure majeure pourrait intervenir dans les tout prochains jours, selon le Ministère des Travaux publics conduit Emmanuel Nganou Djoumessi.
Cette réalisation est attendue avec impatience par les usagers, pour qui la traversée de la falaise de Dschang représente un enjeu majeur de mobilité, de sécurité et de développement économique régional.

Une solution technique saluée… mais questionnée
Si l’équipe-projet se dit confortée par les choix techniques opérés pour stabiliser cette zone réputée fragile, certaines voix s’élèvent néanmoins pour exprimer des inquiétudes quant à la sécurité de l’infrastructure.
Sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, l’internaute Nguefack Sob Martin attire l’attention sur la solidité des dispositifs de retenue installés. Selon lui, les GBA, constitués d’éléments préfabriqués, pourraient présenter des limites face à des chocs violents. Il s’interroge notamment sur leur ancrage, qu’il juge insuffisant pour résister à d’éventuels dérapages de véhicules.
L’internaute met également en doute l’efficacité des bétons de blocage disposés à l’arrière de ces structures, estimant qu’ils ne pourraient pas jouer pleinement leur rôle de contrepoids en cas d’impact. Il préconise plutôt une solution en bétonnage continu, qui offrirait selon lui une meilleure résistance mécanique grâce à un ensemble monobloc. « J’aurais préféré le bétonnage en continue de cette protection afin que l’ensemble monobloc puisse résister à ces éventuels chocs »
Autre point de préoccupation soulevé : la profondeur du ravin et la configuration des gabions utilisés pour reconstituer le remblai. Ces derniers, bien que techniques et couramment employés, pourraient, en cas d’accident, aggraver les conséquences en constituant des obstacles rigides. « Le ravin est très profond et les redans des gabions construits pour reconstituer le remblai constituent un danger ou une arme pour détruire les biens et personnes», pense-t-il.

« La mairie doit planter les eucalyptus »
Par ailleurs, plusieurs internautes mettent en avant des solutions complémentaires visant à renforcer la stabilité de l’ouvrage et la sécurité des usagers. « La mairie doit planter les eucalyptus en bordure de la route pour stabiliser la terre et jouer aussi le rôle du garde-fou », propose Abibi Moctar Mountouopou. De son côté, Charles Noel alerte : « Il faut montrer les images des deux flancs de cet ouvrage, il y a des zones d’érosion en contrebas, un très grand danger pour l’avenir. » Des préoccupations qui mettent en lumière la nécessité d’une approche globale intégrant à la fois ingénierie et solutions naturelles.
D’autres contributions insistent sur les mesures de sécurité routière à intégrer avant la mise en service définitive. « Il faut mettre des panneaux de limitation de vitesse, il faut mettre des dos d’âne », recommande Samuel Israel. Dans la même veine, Patrick Njoume souligne : « Après la pose de chaussée, faudrait pas oublier la signalisation horizontale, le marquage au sol, très important en conduite de nuit pour les automobilistes. » Autant de dispositifs jugés indispensables pour sécuriser cet axe sensible.
Enfin, certains commentaires traduisent à la fois reconnaissance et attentes supplémentaires vis-à-vis des pouvoirs publics. « Merci au ministère pour ce travail titanesque. Maintenant nous vous prions de reprendre les travaux juste en bas de la falaise pour boucher les trous et réparer certaines déformations survenues au fil du temps », déclare Armand Kenang.
À l’inverse, François Atangana adopte un ton plus critique, dénonçant un déséquilibre perçu dans l’exécution des projets routiers selon les localités. « Quand c’est la route de son village les travaux avancent très vite, mais quand c’est chez les autres, il vient raconter comment l’argent est fini… voilà la boucle de la Lékié qui ne va jamais finir », souligne-t-il.
Des réactions qui traduisent à la fois l’intérêt citoyen et les attentes fortes autour de cette infrastructure.
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