À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Réseau des Patrons de Presse du Cameroun (REPAC) a publié une déclaration empreinte de gravité, dressant un constat préoccupant sur l’état de la liberté de la presse dans le pays.
Par Josiane Ekomo ǀ La Voix Des Décideurs
Yaoundé, 3 mai 2026 — Dans son message rendu public ce 3 mai, le REPAC souligne que le Cameroun a reculé de deux places dans le dernier Classement mondial de la liberté de la presse, se positionnant désormais au rang 133 sur 180 pays. Une régression que les éditeurs de presse considèrent comme le reflet d’un environnement médiatique de plus en plus contraignant.
Le réseau alerte également sur la dégradation des conditions de travail des journalistes, évoquant des menaces, des pressions économiques, des agressions physiques, ainsi que des procédures judiciaires jugées abusives. À ces difficultés s’ajoute l’insécurité persistante dans certaines régions en crise, qui expose davantage les professionnels de l’information.
« Trop de confrères travaillent dans la peur, trop de rédactions ferment, trop de voix se taisent », déplore le REPAC, qui appelle à une prise de conscience nationale face à ce qu’il qualifie de situation alarmante pour la démocratie et le pluralisme médiatique.
S’inscrivant dans le thème mondial de cette année, « Un journalisme au service de l’avenir : façonner la paix par l’information », le REPAC réaffirme le rôle central de la presse dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix. Pour l’organisation, une information rigoureuse, vérifiée et pluraliste constitue un rempart essentiel contre la désinformation et les tensions sociales.

Dans ce contexte, le réseau lance un appel solennel aux pouvoirs publics. Il exhorte les autorités à renforcer la protection des journalistes, tant sur le plan physique que juridique, et à accélérer les réformes structurelles du secteur. Parmi les priorités évoquées figurent la dépénalisation des délits de presse, la mise en place d’une aide publique plus conséquente à la presse privée, la sécurisation des reporters en zones sensibles, ainsi que la création d’un réseau de distribution de la presse à l’échelle nationale.
Le Réseau des Patrons de Presse du Cameroun interpelle également les autres acteurs de la société, les invitant à respecter le travail des journalistes. « Le désaccord n’est pas une agression, la critique n’est pas un crime », rappelle la déclaration, qui plaide pour un climat de tolérance et de dialogue.
L’organisation présidée par François Mboké , rend hommage aux journalistes camerounais, saluant leur engagement quotidien au service du droit à l’information, malgré les risques. Les éditeurs de presse réaffirment leur engagement à accompagner les professionnels du secteur par la formation et la défense de leurs droits.
Concluant sa déclaration sur une note d’engagement, le REPAC rappelle que « la paix ne se décrète pas, elle se construit », et qu’elle ne peut l’être sans une presse libre, responsable et protégée.
© La Voix Des Décideurs








