L’interpellation de l’influenceuse camerounaise Aïcha Kamoise, de son nom civil Wete Aïcha Kapriski, continue de susciter de vives réactions, tant sur le plan judiciaire que dans l’opinion publique. Au cœur de cette affaire : une plainte pour diffamation et incitation à la haine, déposée par Steven Rodrigue Nbienou Kouadjo, promoteur de la chaîne NBIKO TV.

 


Par Marcien Essimi | La Voix Des Décideurs

 

Yaoundé, 21 avril 2026Arrêtée le 17 avril 2026 à l’Aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, alors qu’elle s’apprêtait à quitter le territoire, l’influenceuse fait depuis l’objet d’une procédure dont la régularité est vivement contestée par ses avocats.

 

Une procédure décriée par la défense

Dans un communiqué rendu public le 20 avril 2026, Maître Djemeni Yannick, avocat de la mise en cause, dénonce une interpellation qu’il qualifie d’irrégulière. Selon lui, les faits reprochés à sa cliente « ne sont ni constitutifs de crime ni de délit flagrant », condition pourtant nécessaire pour justifier certaines mesures coercitives.

L’avocat affirme en outre que la garde à vue de sa cliente aurait été effectuée « en violation flagrante de la loi », évoquant également des pressions exercées sur cette dernière ainsi qu’une tentative d’extorsion d’aveux. Des accusations graves qui, si elles étaient avérées, pourraient remettre en cause la validité de la procédure engagée.

La défense estime par ailleurs que cette affaire traduit une atteinte aux droits fondamentaux, notamment à la liberté individuelle, et annonce son intention de saisir les juridictions compétentes, voire des instances internationales.

 

La partie plaignante dénonce des dérives

En réaction, Steven Nbienou, par l’entremise de son conseil Maître Zibi Ndzié Guy Richard, a également publié un communiqué le 20 avril 2026, dans lequel il exprime sa « vive préoccupation » face aux déclarations de la défense.

Il reproche notamment à l’avocat de la mise en cause d’avoir violé le principe fondamental de la présomption d’innocence, en prenant publiquement position sur une affaire encore en phase d’enquête préliminaire. Selon lui, aucune juridiction n’a, à ce stade, rendu de décision de condamnation, et toute interprétation publique des faits serait prématurée.

Le plaignant évoque également une possible violation du secret de l’enquête, estimant que la médiatisation du dossier pourrait porter atteinte au bon déroulement de la procédure judiciaire.

Malgré ces tensions, Steven Rodrigue Nbienou Kouadjo  affirme maintenir sa confiance dans les institutions judiciaires camerounaises, se disant convaincu qu’une décision conforme au droit sera rendue.

Une affaire amplifiée par les réseaux sociaux

Au-delà du cadre judiciaire, l’affaire a rapidement pris une dimension médiatique. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont exprimé leur soutien à Aïcha Kamoise, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une injustice, voire une forme de persécution.

Cette mobilisation numérique contribue à polariser davantage l’opinion, transformant un contentieux judiciaire en véritable débat public.

Des conditions controversées, issue attendue

Selon certaines sources, le plaignant aurait posé des conditions pour un éventuel retrait de sa plainte, notamment la cessation des prises de parole de l’influenceuse à son encontre, la suppression de contenus le concernant ainsi que la formalisation d’un engagement écrit. Des exigences qui, si elles se confirment, pourraient relancer le débat sur les limites entre liberté d’expression et protection de la réputation.

Dans un contexte marqué par des versions contradictoires et une forte pression médiatique, la justice camerounaise est désormais attendue pour clarifier les faits et trancher le litige.

L’affaire Aïcha Kapriski Wete vs Steven Rodrigue Nbienou Kouadjo  illustre, une fois de plus, les tensions croissantes entre influence digitale, liberté d’expression et encadrement juridique, dans un paysage médiatique en pleine mutation.

A suivre.

 


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