Orpaillage au Cameroun : le Gouvernement veut mieux encadrer l’exploitation artisanale de l’or
▌À Ketté, dans la région de l’Est du pays, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT) que conduit le Professeur Fuh Calistus Gentry, a lancé, lundi 5 octobre, une campagne d’une semaine destinée aux artisans miniers et aux maires des communes minières. Une opération de proximité qui vise notamment à renforcer la formalisation du secteur aurifère et à endiguer les circuits informels d’exportation.
Par Abdoul Kader, La Voix Des Décideurs
Bertoua, LVDD – À Béké Route, dans la localité de Ketté, l’administration minière camerounaise a choisi le terrain pour rappeler les règles. Conduite par l’Inspecteur général du MINMIDT, Philippe NYETAM, la délégation du Comité de suivi des activités minières et de la restructuration du secteur aurifère, la « Task Force », a échangé avec les autorités locales, les organisations professionnelles et les exploitants artisanaux.
Au cœur des discussions : la formalisation de l’exploitation minière artisanale. Les participants ont été sensibilisés aux démarches permettant de constituer des Groupements d’intérêt économique (GIE), d’obtenir la carte d’artisan minier et les autorisations d’exploitation artisanale. Les procédures encadrant l’exportation de l’or ont également occupé une place importante dans les échanges.

L’enjeu est à la fois administratif et économique. Pour les autorités, mieux connaître les obligations légales doit permettre aux exploitants de travailler dans un cadre davantage structuré, tout en améliorant les retombées de l’activité pour les collectivités territoriales décentralisées et les populations riveraines.
La question de l’exportation de l’or a particulièrement retenu l’attention. Documents exigés, contrôles, traçabilité de la production : le MINMIDT a insisté sur la nécessité de recourir aux circuits officiels, présentés comme un moyen de limiter la fraude et la contrebande dans un secteur où les flux échappent encore en partie aux mécanismes formels.
La rencontre de Ketté n’est que la première étape d’une tournée qui doit se poursuivre durant la semaine dans plusieurs localités de l’Est et de l’Adamaoua.
À travers cette campagne, le ministère entend rapprocher l’administration des acteurs de terrain et transformer la connaissance des règles en pratiques effectives. Derrière cette volonté de formalisation se joue aussi une question plus large : faire de l’exploitation artisanale de l’or une activité davantage contrôlée, traçable et susceptible de profiter aux territoires qui abritent ses ressources.

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