Centre des Urgences de Yaoundé – CURY : De graves accusations d’une famille relancent le débat sur l’humanisation des soins au Cameroun, Malachie Manaouda « indifférent »

▌ Un témoignage publié sur les réseaux sociaux par un proche d’un patient hospitalisé au Centre des Urgences de Yaoundé (CURY), suscite une vive émotion et ravive les interrogations sur la qualité de la prise en charge dans certains établissements hospitaliers publics du Cameroun.

 

Yaoundé – Selon le récit de la famille, le patient, hospitalisé depuis plusieurs mois, aurait été contraint de refaire lui-même son pansement dans la cour de l’hôpital après plusieurs heures d’attente. Le soin, prévu à 8 heures, n’aurait toujours pas été effectué à 15 heures. Face à l’ouverture du pansement provoquée par d’importants écoulements, ses proches affirment avoir été contraints d’assurer eux-mêmes les premiers soins.

Mais les accusations portées par la famille vont bien au-delà d’un retard de prise en charge.

Selon ses déclarations, le patient aurait subi trois interventions chirurgicales et devrait prochainement être opéré une quatrième fois. Image à l’appui, la famille affirme qu’une serviette chirurgicale aurait été retrouvée dans son abdomen plusieurs mois après une opération, entraînant de graves complications, notamment une perforation intestinale et une infection persistante. Elle met en cause l’équipe médicale ayant assuré son suivi, tout en soulignant que ces accusations ne visent pas l’ensemble du corps médical.

La famille dénonce également le coût élevé des soins, affirmant avoir réglé l’ensemble des factures médicales malgré une situation qu’elle considère comme relevant d’une faute médicale.

Des appels aux autorités restés, selon les proches, sans réponse : Manaouda is en index

L’affaire aurait été portée à l’attention des autorités sanitaires. Un proche de la famille affirme avoir personnellement tenté d’alerter le ministre de la Santé publique, Dr Malachie Manaouda, par des canaux qu’il qualifie « d’officieux ».

« J’ai personnellement saisi, par des canaux officieux, le ministre de la Santé, Malachie Manaouda. Il a bel et bien ce dossier sur la table, mais il n’a pas daigné lever le petit doigt. J’estimais beaucoup ce ministre, mais je suis profondément déçu. J’ai sollicité l’intervention d’un de ses proches afin qu’on sauve la vie de ce jeune compatriote, mais je n’ai obtenu aucune réaction », affirme un autre proche du patient qui a requis l’anonymat.

Dans son témoignage, cette même personne exprime également son incompréhension face à ce qu’elle perçoit comme une absence de réaction des autorités, alors que le ministre met régulièrement en avant sa volonté d’œuvrer pour l’humanisation du système de santé camerounais.

En revanche, ce proche avance également l’hypothèse selon laquelle l’origine régionale du patient aurait pu influencer cette absence de réaction. À ce stade, aucun élément ne permet d’étayer cette affirmation, qui relève de son opinion personnelle et n’est corroborée par aucune preuve publique.

Entre promesse d’humanisation et réalité du terrain

Depuis plusieurs années, le ministère de la Santé publique affirme faire de l’humanisation des soins un axe majeur de sa politique sanitaire. Cette approche vise notamment à améliorer l’accueil des patients, renforcer la qualité de la prise en charge et restaurer la confiance entre les usagers et les établissements de santé.

Pour les proches du patient, le contraste entre ces engagements et leur expérience est saisissant. Ils estiment avoir multiplié les démarches sans obtenir la prise en charge rapide qu’ils espéraient.

Au-delà de ce cas particulier, cette affaire remet sur la table des questions récurrentes : sécurité des actes chirurgicaux, responsabilité médicale, coût des soins, délais de prise en charge et fonctionnement des mécanismes de traitement des plaintes dans les hôpitaux publics.

Si les faits dénoncés étaient confirmés par une enquête indépendante, ils soulèveraient de sérieuses interrogations sur le respect des protocoles médicaux et sur les dispositifs de contrôle interne au sein des établissements hospitaliers.

Au moment de la publication de cet article, aucune réaction officielle du CURY ou du ministère de la Santé publique n’avait été obtenue concernant ces accusations.

NDLR : Les éléments rapportés dans cet article reposent sur les déclarations publiques de la famille du patient et de l’un de ses proches. Les faits évoqués constituent des allégations qui n’ont pas été établies par une décision de justice ou une expertise indépendante. La rédaction demeure ouverte à toute réaction ou mise au point des personnes et institutions citées, dans le respect du principe du contradictoire.

 

 

© La Voix Des Décideurs

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici