▌C’est une sortie au vitriol, teintée d’une spiritualité combative, qui secoue la toile camerounaise. Face à ce qu’elle qualifie de cabale médiatique ininterrompue, la Prophétesse Crescence Baboké, épouse d’Oswald Baboke (Directeur Adjoint du Cabinet Civil de la Présidence), a décidé de briser le silence sur sa page Facebook. Entre métaphores bibliques, démentis factuels et punchlines acérées, elle livre une riposte méthodique contre ses détracteurs.
Par Marcien Essimi, La Voix Des Décideurs
Yaoundé – Entre métaphores bibliques, démentis factuels et punchlines acérées, elle livre une riposte méthodique contre ses détracteurs. Voici les grands axes d’un message qui fait déjà grand bruit.
Le Tribunal de « Judas » et des « Pharisiens » du Web
D’entrée de jeu, la Prophetesse Crescence Baboké pose le décor d’une guerre spirituelle et réputationnelle. Elle fustige « deux ou trois individus » sur les réseaux sociaux qui, mus par l’appât du gain (« quelques pièces d’argent »), s’acharnent à détruire des vies. Plus encore que les auteurs, elle pointe du doigt le voyeurisme de la foule et des relais médiatiques, qu’elle qualifie de « pharisiens », s’abreuvant d’un « plaisir malsain » à consommer la calomnie comme un mets raffiné.
Fake News, Dubaï et Pétrole : Les Vérités Rétablies
Avec ironie, la prophétesse liste et démonte les accusations loufoques ou criminelles dont elle fait l’objet depuis plusieurs mois.
Sur l’immobilier fictif notamment des maisons inventées à l’étranger, jusqu’à des immeubles à Dubaï censés « avoir été bombardés par les Iraniens », elle met ses détracteurs au défi de produire les moindres actes d’achat. Sur le trafic d’or et les faux décrets, ce sont, selon elle, des allégations propagées sans l’ombre d’une preuve. Et à propos de l’affaire des 7 milliards et des stations-service. Accusée d’avoir détourné des fonds pour importer du carburant ou d’avoir racheté des sites commerciaux à coups de milliards (dont le restaurant Le Continent), elle rappelle que les véritables propriétaires ont fini par brandir leurs titres fonciers et contrats de location, faisant s’effondrer le mensonge. « Et demain, d’autres accusations surgiront certainement. Vous entendrez peut-être même que nous vendons des places pour le paradis… »

« Je gagne ma vie dignement » : Le Plaidoyer d’une Entrepreneure
Refusant l’étiquette de sainte, la Prophétesse Crescence Baboké revendique haut et fort son statut de travailleuse et de créatrice de richesses. Elle rappelle qu’elle emploie des centaines de Camerounais, paie de lourds impôts et honore des échéances bancaires colossales. Pour elle, s’offrir une belle voiture ou bâtir une belle maison n’est que le fruit légitime du travail de son cerveau et de ses mains, et non le produit de la prébende.
La Tactique du Silence et la Justice Divine
Empruntant à l’histoire de la Passion du Christ, elle regrette le silence complice de ceux qui connaissent la vérité mais préfèrent se taire face à une foule qui « réclame du sang » (faisant écho à l’épouse de Pilate).
Néanmoins, sa conclusion sonne comme un avertissement mystique et philosophique : la vie est un train dont tout le monde finira par descendre, et chacun devra payer sa facture.
Le Prochain Épisode au Travail
En appelant ses fidèles à appliquer Matthieu 5:43-44 (l’amour des ennemis) et à combattre « les démons qui influencent les hommes » plutôt que les hommes eux-mêmes, Crescence Baboké prévient qu’elle ne se laissera pas déstabiliser par ce qu’elle appelle « l’arbre des hiboux et des haineux ».
« Mes gens ! Asseyons-nous tranquillement sur le siège de la vie et attendons le prochain épisode ! » C’est par cette formule devenue virale qu’elle referme la page de la polémique pour, dit-elle, retourner là où se trouve sa vraie valeur : au travail. Une fin de non-recevoir cinglante qui montre que, si la prophétesse prie, la femme d’affaires garde les yeux bien ouverts.
© La Voix Des Décideurs








