À l’occasion de la Conférence Mondiale sur l’Application de l’Approche « Une seule santé » dans les systèmes agroalimentaires organisée par la FAO à Rome, le Cameroun a délivré un message clair : les normes internationales ne valent que si elles sont appliquées concrètement sur le terrain.

 

Rome, La Voix Des Décideurs ǀ Représentant le Cameroun, le Dr TAIGA, Ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales, a rappelé devant les Hauts responsables de la FAO, les ministres et ambassadeurs présents, l’interdépendance entre santé humaine, animale, végétale et environnementale.

« Le Codex Alimentarius , les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé Animale, les normes phytosanitaires et le Règlement Sanitaire International fournissent un langage commun pour gérer les risques tout au long de la chaîne agroalimentaire », a souligné le Ministre.

 

Un modèle bâti sur 20 ans d’expérience

Situé au cœur du bassin du Congo et doté de cinq zones agroécologiques, le Cameroun est particulièrement exposé aux risques zoonotiques. Le ministre a évoqué les épisodes d’anthrax et la mortalité de grands singes dans la Réserve du Dja en 2005 qui ont poussé le pays à se doter d’une Stratégie nationale de lutte contre les zoonoses émergentes et réémergentes, à la faveur du programme « Emerging Pandemic Threats ».

Aujourd’hui, cette stratégie est devenue une architecture institutionnelle solide. Le Programme National de Prévention et de Lutte contre les Zoonoses Émergentes et Réémergentes (PNPLZER) constitue la Plateforme nationale  « Une seule santé », placée sous la supervision des Services du Premier Ministre et réunissant plusieurs départements ministériels.

Cette dynamique est soutenue par un système de normalisation opérationnel piloté par l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR), qui référence plus de 3 200 normes dans 34 secteurs. Le Cameroun a homologué 113 normes sur l’élevage et la pisciculture en 2024 et 25 normes sur la technologie alimentaire en 2025.

Sur le terrain, le dispositif s’appuie sur les Services vétérinaires, le Laboratoire national vétérinaire, le Réseau d’épidémiosurveillance animale (RESCAM) et le Centre de coordination des urgences en santé animale.

 

Trois leçons pour le monde : Le Dr TAIGA a dégagé trois enseignements pour la communauté internationale : les normes doivent être adaptées au contexte national sans perdre leur cohérence internationale ; leur application exige un portage politique au plus haut niveau et une coordination permanente entre secteurs ; et leur crédibilité dépend de capacités opérationnelles concrètes : laboratoires, surveillance, plans de préparation, ressources humaines et financement.

Appelant à passer de « l’existence des normes à leur application mesurable », le Cameroun a réaffirmé sa volonté de poursuivre cette démarche et a appelé à une coopération et une solidarité internationales accrues, afin de soutenir la résilience des systèmes agroalimentaires nationaux et la sécurité sanitaire des aliments.

 

© Celcom Minepia,  correspondance particulière

 

 

 

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