SAUNIA 2026 : le SAUNIA LAB ouvre la voie à des projets numériques africains
▌ La première édition du Salon universitaire de l’intelligence numérique en Afrique s’est achevée vendredi 30 octobre 2026 à Yaoundé, avec la constitution de deux équipes de recherche sur les langues africaines et l’agriculture. L’ouverture s’est déroulée le 27 octobre 2026, sous le thème : « Souveraineté numérique africaine : bâtir l’intelligence, la confiance et la prospérité partagée ».
Par Alix Afana, La Voix Des Décideurs
Yaoundé, LVDD– Quatre jours de réflexions, de partage d’expériences et de découvertes autour de l’intelligence artificielle. La première édition du Salon universitaire de l’intelligence numérique en Afrique (SAUNIA 2026), organisée à l’Institut de formation et de conservation du patrimoine audiovisuel (IFCPA) de la CRTV, à Ekounou, a refermé ses portes vendredi 30 octobre. Placée sous le parrainage du ministère des Postes et Télécommunications et du ministère de l’Enseignement supérieur, cette rencontre a réuni chercheurs, universitaires, experts du numérique et étudiants autour des enjeux de la souveraineté numérique africaine.
Deux équipes de recherche mises sur pied
Au terme des travaux, Alex Blérot Momha, promoteur du salon a mis en avant l’un des principaux résultats de cette première édition : la mise en place du SAUNIA LAB. Deux équipes mixtes, constituées des chercheurs, d’universitaires et d’experts, ont été formées pour travailler sur des problématiques liées aux réalités du continent.
La première équipe s’intéressera à l’intelligence artificielle et aux langues africaines, avec notamment la participation de l’École normale supérieure de Yaoundé et de l’Agence nationale pour la promotion des langues camerounaises (ANACLAC). La seconde travaillera sur l’application de l’intelligence artificielle à l’agriculture, avec l’Institut supérieur Ruben Um Nyobe de Douala, ICT University de Yaoundé et le cabinet N2SH basé à Dubaï.
Pour le promoteur, l’objectif était de dépasser le cadre des simples échanges. « Nous ne voulions pas faire un salon pour le salon. Nous voulons faire un salon à résultats », a-t-il indiqué. Ces équipes devront ainsi poursuivre leurs réflexions afin de faire émerger des projets susceptibles d’intéresser les institutions publiques et privées. Un autre chantier est envisagé autour de l’intelligence artificielle et des médias, notamment la désinformation et l’utilisation de l’IA générative dans les rédactions.
La souveraineté numérique au cœur des échanges
La maîtrise des technologies par les Africains a également constitué l’un des principaux axes des discussions. Pour le Dr Alain Nkoyock, expert invité, le continent doit agir sur trois dimensions complémentaires : la souveraineté juridictionnelle, qui consiste à encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle par des lois ; la souveraineté architecturale, fondée sur la maîtrise des systèmes, des logiciels et du code ; et le développement des compétences augmentées.
L’expert (Dr Alain Nkoyock) estime que l’Afrique ne peut se limiter à réglementer des technologies conçues ailleurs. Elle doit également développer ses propres capacités techniques et intégrer l’Intelligence Artificielle(IA) dans les différents secteurs d’activités. « Si nous n’embrassons pas l’IA d’ici trois à cinq ans, nous serons tous des analphabètes », a-t-il informé, appelant les professionnels, quel que soit leur domaine, à s’approprier ces nouveaux outils.
La CRTV encourage la pérennisation de l’initiative
Au nom du Directeur général de la CRTV Charles Ndongo, Le professeur Emmanuel Mbede, directeur de l’IFCPA a salué l’audace des organisateurs et le choix des thématiques tournées vers les défis futurs du continent. Il a encouragé les participants à faire vivre les connaissances acquises et souhaité que les prochaines éditions connaissent une participation plus importante. « Il faut veiller, chacun à son niveau, à ce que la graine qui a été semée ici puisse germer, grandir et produire des fruits », a-t-il déclaré. Il a par ailleurs réaffirmé la disponibilité de l’IFCPA à accompagner les initiatives visant à valoriser le potentiel intellectuel et les savoirs africains.
De son côté, le porte-parole des participants a salué les acquis de ces quatre jours, notamment, les échanges sur l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la protection des données et l’éthique numérique. Il a exprimé le souhait de voir le salon devenir un rendez-vous durable de coopération, de recherche et d’innovation au service de l’Afrique.
Avec la mise en place du SAUNIA LAB et les différents chantiers annoncés, cette première édition entend ainsi inscrire les réflexions sur l’intelligence numérique dans une dynamique de recherche et de production de solutions adaptées aux réalités africaines.
©La Voix Des Décideurs
LIRE AUSSI CES ARTICLES
- Drame au lycée de Nsam : Après les violences, le gouvernement passe à l’action – La Voix Des Decideurs
- SAUNIA 2026 : Yaoundé accueille le premier Salon universitaire de l’intelligence numérique en Afrique – La Voix Des Decideurs
- Musique Gospel – Olivia Zama : de la Belgique au Cameroun, « TARA » marque un nouveau tournant – La Voix Des Decideurs
- BEAC : l’échange des anciennes pièces démarre le 2 novembre – La Voix Des Decideurs









































