Cameroun : après la démission de Maurice Kamto, Okala Ebodé appelle le MRC à « respecter intégralement ses textes »
La démission de Pr Maurice Kamto de la présidence nationale du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) ouvre une nouvelle période d’incertitude au sein du parti. Dans une réaction publiée mardi 9 septembre 2026, Dr Okala Ebodé estime que cette décision doit surtout conduire à un retour strict au respect des textes de la formation politique.
Par Abdoul Kader, La Voix Des Décideurs
Yaoundé, 9 sept. 2026 – Sous le titre « Le droit ne se pratique pas à la carte », Dr Okala Ebodé le membre fondateur MRC , considère que le départ de Pr Maurice Kamto confirme, selon lui, les inquiétudes exprimées depuis plusieurs mois autour de la conformité des décisions du MRC à ses propres textes.
« Le professeur Maurice Kamto a déposé son tablier. La règle de droit, aussi gênante et impopulaire soit-elle, a fini par s’imposer », écrit-il, estimant que la crise actuelle trouve sa source dans ce qu’il présente comme une violation des textes du parti et dans la primauté d’intérêts particuliers sur la règle commune.
Des interrogations sur la prochaine Convention
Dr Okala Ebodé s’attarde notamment sur le communiqué annonçant la convocation d’une Convention nationale extraordinaire le 10 octobre 2026. Il questionne la référence faite aux textes du parti, alors que deux ensembles de textes, ceux adoptés en décembre 2023 et ceux issus de la Convention en ligne de décembre 2025, font l’objet de controverses.

Il estime que si les textes de 2023 sont retenus comme référence, leurs dispositions doivent être appliquées dans leur intégralité.
L’intéressé cite notamment l’article 68 du règlement intérieur, relatif à la démission du président national, ainsi que l’article 32 des statuts, qui encadre le dépôt des listes de candidatures avant la Convention. Selon son interprétation, la fixation au 9 octobre à 10 heures de la clôture des candidatures pour une Convention prévue le 10 octobre serait incompatible avec le délai de trente jours prévu par les statuts de 2023.
Il soulève également une question concernant le mode de scrutin. Les articles 28 et 30 des statuts de 2023 prévoiraient, selon lui, une élection sur listes pour plusieurs fonctions dirigeantes, et non des candidatures individuelles.
La succession à la tête du MRC en question
La situation de Tiriane Balbine Noah, désormais appelée à jouer un rôle central dans la transition, constitue également un point de questionnement pour Dr Okala Ebodé, le natif de Nkol’Ossan dans le département de la Lékié.
Selon lui, les textes de 2023 ne prévoiraient pas d’accession automatique d’un vice-président à la présidence nationale en cas de vacance du poste. Il demande ainsi que soit juridiquement clarifiée la fonction exacte exercée par Tiriane Noah.
« On ne peut pas invoquer les instances de 2023 pour obtenir une reconnaissance administrative, puis emprunter aux textes de 2025 les procédures qui arrangent », affirme-t-il, résumant sa position par cette formule : « Le droit à géométrie variable n’est pas le droit. »
Les démissions ne régleraient pas les contentieux antérieurs
Pour le Dr Okala Ebodé, la démission de Maurice Kamto et celle de Mamadou Mota ne suffisent pas à effacer les contestations antérieures. Il soutient notamment que les décisions prises par les dirigeants dont la légitimité statutaire était contestée ne sauraient être automatiquement régularisées par les démissions intervenues ultérieurement.
Il évoque ainsi les décisions prises sous la direction de Mamadou Mota en qualité de président national par intérim, mais également les réaménagements d’instances, nominations, décisions du CNMA et exclusions intervenus après le retour de Maurice Kamto à la tête du parti.
Ces affirmations constituent l’analyse et l’interprétation juridique de Dr Okala Ebodé, et pourraient faire l’objet de contestations de la part des responsables du MRC.
Appel à une « remise en cause générale »
Au-delà de la bataille autour des textes, Dr Okala Ebodé appelle le MRC à tirer les leçons de la crise. Il estime que le parti doit engager « une remise en cause générale de son fonctionnement », en abandonnant notamment, selon lui, la recherche permanente de responsables des difficultés internes.
« L’avenir du MRC doit s’écrire dès aujourd’hui dans l’humilité, la vérité, le courage et le respect intégral de ses textes », conclut-il.
La démission de Maurice Kamto, effective depuis le 8 septembre, place ainsi le MRC devant un double défi : organiser sa succession et clarifier le fondement juridique de ses prochaines décisions, dans un contexte où la légitimité des instances dirigeantes demeure au cœur des débats.
À l’approche de la Convention annoncée pour le 10 octobre, la question centrale sera désormais de savoir quelles règles le MRC retiendra et comment elles seront appliquées.
© La Voix Des Décideurs





































