Yaoundé : plus de 3 000 taxis mis en fourrière pour défaut d’identification numérique
▌La mise en œuvre du nouveau dispositif d’identification numérique des taxis dans la capitale politique camerounaise suscite des tensions entre la mairie et les syndicats de transporteurs. Depuis le 8 octobre 2026, plus de 3 000 véhicules ont été mis en fourrière pour non-conformité.
Par Alix Afana, La Voix Des Décideurs
La mesure est désormais effective dans la ville de Yaoundé. Chaque taxi doit disposer d’un QR code et d’un numéro unique apposés sur ses portières. Ce système vise notamment à permettre aux passagers de vérifier l’identité du chauffeur ainsi que la conformité du véhicule. À travers cette réforme, la mairie entend renforcer le contrôle du transport urbain et améliorer la sécurité des usagers.
Sur un parc automobile estimé à plus de 30 000 taxis, plus de 20 000 véhicules ont déjà été enregistrés dans le cadre de cette opération. Toutefois, le processus est loin d’être achevé. Des centaines de conducteurs attendent encore leur enregistrement à l’Hôtel de Ville de Yaoundé, dans l’espoir de se conformer aux nouvelles exigences.
Cette situation soulève des interrogations sur le calendrier de mise en application des contrôles, alors que plusieurs professionnels du secteur n’ont pas encore achevé les formalités nécessaires à leur régularisation.
Dos contre dos
Du côté des syndicats de transporteurs, le lancement des opérations de contrôle est contesté. Les organisations professionnelles estiment que les sanctions interviennent alors que certains chauffeurs sont toujours en attente d’enregistrement. Elles pointent du doigt les difficultés rencontrées par les conducteurs pour se mettre en conformité avec le nouveau dispositif.
La mairie, pour sa part, défend sa démarche. Elle considère que les retardataires ont bénéficié d’un délai suffisamment long pour accomplir les formalités requises avant le début des contrôles.
Entre impératif de modernisation du transport urbain et préoccupations des conducteurs, la mise en œuvre de cette identification numérique constitue désormais un enjeu majeur pour les acteurs du secteur dans la capitale politique du Cameroun.
Depuis le 6 octobre, la répression en cours perturbe considérablement le transport urbain à Yaoundé. Dans les rues de la capitale, les taxis se font de plus en plus rares, obligeant les usagers à se massent aux points de ramassage, notamment aux heures de pointe, le matin avant 8 heures et l’après-midi à partir de 16 heures. Une situation qui entraîne de longues attentes pour de nombreux habitants.
Cette pénurie s’explique non seulement par la mise en fourrière de plusieurs véhicules, mais aussi par la prudence de certains conducteurs qui, faute d’être en règle, préfèrent suspendre leurs activités pour éviter les sanctions. D’autres choisissent de se replier vers les zones périphériques de la ville. Dans ce contexte, les transporteurs clandestins et les mototaxis autorisés à circuler dans certains quartiers profitent de la forte demande pour revoir leurs tarifs à la hausse.
L’évolution de la situation dépendra notamment de la capacité des services municipaux à traiter les demandes en attente et à accompagner les chauffeurs encore concernés par la procédure.
©La Voix Des Décideurs
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