🚨  Le Sénégal veut soigner avant de guérir : Dakar lance une réforme qui pourrait faire baisser les dépenses de santé

â–ŚLe SĂ©nĂ©gal a lancĂ© le 22 juillet 2026 l’Ă©laboration de son Plan national de PrĂ©vention et de Promotion de la SantĂ© (PNPPS) 2026-2030, une rĂ©forme destinĂ©e Ă  faire de la prĂ©vention le principal levier de son système de santĂ© afin de rĂ©duire le poids des maladies chroniques et la facture mĂ©dicale supportĂ©e par les mĂ©nages.

 

Par Alix Afana, La Voix Des Décideurs

DAKAR, 24 juillet 2026 ( LVDD ) – Inscrit dans l’Agenda national de Transformation « SĂ©nĂ©gal 2050 », ce plan marque un changement de stratĂ©gie dans un pays oĂą les dĂ©penses de santĂ© demeurent largement consacrĂ©es aux soins curatifs, alors que les maladies non transmissibles (MNT) progressent rapidement.

Des maladies chroniques qui coûtent de plus en plus cher

Selon le ministère de la SantĂ© et de l’Hygiène publique, 65 % du budget sanitaire national est actuellement consacrĂ© aux soins curatifs.

Les maladies non transmissibles, notamment l’hypertension artĂ©rielle et le diabète, ont reprĂ©sentĂ© 45 % des dĂ©penses courantes de santĂ© en 2023, soit 361,5 milliards de francs CFA, alors que seuls 2 % de ces financements ont Ă©tĂ© investis dans des actions de prĂ©vention.

L’hypertension touche dĂ©sormais 28,2 % de la population, tandis que les dĂ©penses de santĂ© restent en grande partie Ă  la charge des familles. Les paiements directs des mĂ©nages reprĂ©sentent 44,2 % des dĂ©penses de santĂ©, un niveau considĂ©rĂ© comme un important facteur d’appauvrissement.

Selon l’Organisation mondiale de la SantĂ© (OMS), les maladies non transmissibles sont responsables de 53 % des dĂ©cès au SĂ©nĂ©gal et la probabilitĂ© de mourir prĂ©maturĂ©ment d’une de ces pathologies avant 70 ans est estimĂ©e Ă  22 %.

« Pendant longtemps, nous avons privilĂ©giĂ© les soins. Il est temps, aujourd’hui, de prioriser la prĂ©vention et la promotion de la santĂ©. En lançant ce plan, nous choisissons d’investir dans la santĂ© avant la maladie », a dĂ©clarĂ© le ministre de la SantĂ© et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy

Prévenir plutôt que guérir

« Pendant longtemps, nous avons privilĂ©giĂ© les soins. Il est temps, aujourd’hui, de prioriser la prĂ©vention et la promotion de la santĂ©. En lançant ce plan, nous choisissons d’investir dans la santĂ© avant la maladie », a dĂ©clarĂ© le ministre de la SantĂ© et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, lors du lancement officiel du processus Ă  Dakar.

Le ministre a rappelĂ© que les soins mĂ©dicaux n’expliquent qu’environ 11 % de l’amĂ©lioration de l’Ă©tat de santĂ©, contre 89 % pour les dĂ©terminants liĂ©s aux comportements, Ă  l’alimentation, Ă  l’environnement ou encore aux politiques publiques.

Les autoritĂ©s sanitaires soulignent notamment que 86,1 % des SĂ©nĂ©galais ne pratiquent pas une activitĂ© physique suffisante et que 73 % de la population est exposĂ©e Ă  la pollution de l’air extĂ©rieur.

Une approche plus large de la santé publique

Au-delĂ  de la lutte contre les maladies chroniques, le futur plan intĂ©grera Ă©galement la prĂ©vention des Ă©pidĂ©mies Ă©mergentes, la lutte contre le paludisme — dont le taux d’incidence Ă©tait de 22,8 % en 2024 —, le renforcement de la santĂ© maternelle ainsi que l’intĂ©gration de la santĂ© mentale dans les soins de santĂ© primaires.

Ă€ travers cette rĂ©forme, le gouvernement sĂ©nĂ©galais entend rééquilibrer les investissements publics en faveur de la prĂ©vention afin de rĂ©duire durablement les dĂ©penses de santĂ© et d’amĂ©liorer l’Ă©tat sanitaire de la population, un objectif prĂ©sentĂ© comme l’un des piliers de la stratĂ©gie SĂ©nĂ©gal 2050.

 

© La Voix Des Décideurs

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