▌Dans « Valeurs fondamentales parfaites et développement de l’Afrique », l’auteur propose une réflexion sur les conditions profondes du développement du continent, de la Renaissance aux Lumières africaines.

 

Par Abdoul Kader , La Voix Des Décideurs

 Yaoundé, LVDD — Et si le développement de l’Afrique ne se résumait pas à une question de financements, d’infrastructures ou de ressources naturelles ? C’est l’une des questions centrales posées par Dr Erik Essousse dans son ouvrage Valeurs fondamentales parfaites et développement de l’Afrique – De la Renaissance aux Lumières africaines, publié aux éditions L’Harmattan Cameroun.

Dans ce livre de 470 pages publié le 27 juillet 2018 présenté comme le fruit d’une « recherche fondamentale » sur la problématique du développement de l’Afrique, l’auteur défend une thèse qui place la connaissance, la transformation de l’être humain et la quête du Vrai, du Bien et du Beau au cœur du processus de développement.

Selon la présentation de l’ouvrage, le développement des sociétés humaines serait d’abord le résultat d’une évolution intellectuelle et spirituelle avant d’être une recherche de moyens matériels et financiers. Une approche qui conduit l’auteur à déplacer le débat sur le développement africain vers des dimensions moins souvent mises en avant dans les politiques publiques : la connaissance, les valeurs, la conscience et la formation de l’homme.

Repenser le développement à partir de la connaissance

Pour Dr Erik Essousse, la question fondamentale n’est donc pas uniquement de savoir comment financer le développement, mais également de déterminer quelle connaissance doit guider les sociétés qui souhaitent se développer.

L’auteur estime que l’accès à une connaissance « vraie, parfaite et éternelle » constitue l’une des conditions permettant à l’être humain de renouveler son intelligence et de devenir un acteur du développement.

Cette réflexion conduit l’ouvrage à s’intéresser aux différentes traditions et sources de connaissance qui ont marqué l’histoire de l’humanité. Le judaïsme, le christianisme, le bouddhisme, l’islam et l’animisme sont notamment évoqués comme autant de traditions susceptibles de contribuer à la recherche de cette connaissance originelle.

L’ambition affichée est de dépasser une conception strictement économique du développement pour interroger les fondements humains et philosophiques qui le rendent possible.

L’Afrique face à son propre chemin de développement

L’un des enjeux majeurs du livre réside ainsi dans la volonté de replacer l’Africain au centre de la réflexion sur le devenir du continent.

La présentation de l’ouvrage soutient que les peuples qui ont connu le développement sont passés, à des degrés divers, par une transformation de leur rapport à la connaissance. L’Afrique, estime l’auteur, ne devrait pas faire exception à cette « règle d’or ».

Cette approche s’inscrit dans une interrogation plus large sur les modèles de développement importés ou reproduits sur le continent depuis plusieurs décennies. Elle invite à s’interroger sur la capacité des sociétés africaines à construire leur propre vision du progrès, en s’appuyant à la fois sur les connaissances universelles et sur leurs propres héritages culturels.

Le titre même de l’ouvrage — De la Renaissance aux Lumières africaines — suggère une volonté de penser une nouvelle étape historique pour le continent, fondée sur une renaissance intellectuelle et une appropriation de la connaissance.

Un auteur issu de la haute administration camerounaise

Dr Erik Essousse n’est pas présenté comme un universitaire détaché des réalités administratives. La quatrième de couverture indique qu’il a exercé comme Directeur général de Elections Cameroon, après un parcours dans la haute administration au ministère de l’Administration territoriale et dans les services du Premier ministre.

Titulaire d’un doctorat en relations internationales contemporaines obtenu en 1982 à la Sorbonne, à Paris, l’auteur est décrit comme particulièrement intéressé par la recherche sur les dimensions humaines du développement de l’Afrique et du monde.

Cette trajectoire administrative et académique donne à son ouvrage une double perspective : celle d’un haut responsable ayant évolué au sein de l’État et celle d’un chercheur qui entend interroger les ressorts profonds du développement.

Une réflexion qui dépasse l’économie

L’intérêt de Valeurs fondamentales parfaites et développement de l’Afrique tient précisément à cette volonté de dépasser les indicateurs économiques classiques.

L’ouvrage pose en filigrane une question essentielle : peut-on durablement transformer une société sans transformer au préalable les individus qui la composent ?

À travers cette interrogation, Dr Erik Essousse établit un lien entre connaissance, valeurs, spiritualité, intelligence et développement. Sa réflexion invite également à revisiter les rapports entre progrès matériel et progrès humain.

Cette conception peut susciter le débat, notamment sur la place accordée aux dimensions religieuses et spirituelles dans l’analyse du développement. Mais elle contribue surtout à élargir la discussion sur l’avenir de l’Afrique, en rappelant que le développement ne se réduit pas nécessairement à la croissance du PIB, aux investissements ou aux infrastructures.

Une invitation aux « Lumières africaines »

Avec cet ouvrage, Dr Erik Essousse propose finalement une lecture du développement africain à partir de la formation de l’homme et de la quête de connaissance.

L’objectif semble être de poser les bases intellectuelles d’une nouvelle réflexion sur le continent : une Afrique capable de puiser dans les sources universelles du savoir, tout en construisant une pensée adaptée à ses propres réalités historiques, culturelles et sociales.

Préfacé par Simon Bolivar Njami-Nwandi et suivi d’une postface du Pr Jacques Fame Ndongo, le livre entend ainsi participer à un débat qui dépasse la seule question économique : celui de la construction d’une Afrique consciente de ses ressources intellectuelles, culturelles et humaines.

À travers Valeurs fondamentales parfaites et développement de l’Afrique, Erik Essousse fait donc le pari que les futures transformations du continent pourraient commencer moins par les ressources disponibles que par la manière dont l’Africain pense, apprend, connaît et conçoit son propre avenir.

 

© La Voix Des Décideurs

 

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