▌Alors que les métropoles d’Afrique centrale se densifient et prennent de la hauteur, le patron de BTE Engineering Group investit 428 millions de F CFA pour lancer la première académie régionale spécialisée dans les métiers de l’ascenseur. Décryptage d’une stratégie industrielle à fort impact.

Chiffres clés :

  • 428 M FCFA d’investissement global
  • 150 techniciens / an en objectif initial
  • Ancrage : Cameroun & Sous-région CEMAC

 

Par  Alix Afana, La Voix Des Décideurs

 

Yaoundé, 27 juillet 2026 (LVDD) –  Partout dans la sous-région, du centre des affaires de Douala aux quartiers administratifs de Yaoundé, la poussée verticale est devenue la norme urbanistique. Tours de bureaux, complexes hôteliers de standing, immeubles résidentiels et centres commerciaux redessinent le paysage urbain.

Pourtant, cette modernisation du bâti heurte de plein fouet un goulet d’étranglement structurel : l’extrême rareté de compétences techniques locales en matière d’installation, de réglage et de maintenance des ascenseurs et monte-charges.

Face à ce blocage industriel, le Camerounais Yaya Ousman Tchounkeu Batchamen entend passer à la vitesse supérieure. Le président du groupe BTE Engineering prépare l’ouverture de la première académie spécialisée de la sous-région pour structurer un secteur jusqu’ici dominé par l’informel ou la dépendance coûteuse envers des techniciens étrangers.

Un plan financier de 428 millions de F CFA

L’initiative repose sur une enveloppe globale chiffrée à 428 millions de francs CFA (environ 652 000 euros). Ce capital est affecté à la construction des infrastructures dédiées, au déploiement de plateformes technologiques modernes et d’ateliers pratiques, ainsi qu’à la structuration de cursus certifiants conçus selon les standards internationaux.

« Notre objectif n’est pas uniquement de créer une école, mais de construire un véritable centre d’excellence capable d’être autonome financièrement et durable dans le temps. »

Yaya Ousman Tchounkeu Batchamen

Pour pérenniser la structure, BTE Engineering Group s’appuie sur un modèle économique diversifié reliant la formation initiale et continue, les prestations d’ingénierie technique et le conseil aux entreprises du BTP.

Objectif : 150 spécialistes qualifiés

Sur le marché local, le manque de techniciens spécialisés se traduit par des arrêts d’exploitation fréquents et des risques accrus en matière de sécurité. L’académie entend résoudre ce problème en formant 150 professionnels par an dès son démarrage.

Axée sur la pratique opérationnelle terrain, l’offre pédagogique garantit une employabilité immédiate. Les profils issus du centre cibleront plusieurs segments stratégiques : ascensoristes, sociétés de maintenance, grands groupes de BTP, promoteurs immobiliers et gestionnaires d’infrastructures publiques.

Une démarche d’ouverture partenariale

Actuellement porté par les fonds propres et l’engagement entrepreneurial du groupe camerounais, le projet recherche des synergies à plus large échelle. Yaya Ousman Tchounkeu Batchamen multiplie les démarches auprès des institutions publiques, des bailleurs de fonds multilatéraux et des industriels internationaux de la mobilité verticale.

« La réussite d’un tel projet nécessite une collaboration étroite entre le secteur privé, les institutions et les acteurs industriels », souligne l’entrepreneur, qui souhaite fédérer un pôle d’expertise régional.

Une ambition sous-régionale

Si le premier centre d’excellence sera basé au Cameroun pour répondre aux urgences du marché national, BTE Engineering vise à terme l’Afrique centrale dans son ensemble (CEMAC). La pénurie d’experts en électromécanique et en maintenance d’ascenseurs touche avec la même acuité des villes comme Libreville, Bangui ou N’Djamena.

« Notre vision est simple : former aujourd’hui les techniciens qui construiront et maintiendront les infrastructures de demain. »

En professionnalisant la maintenance industrielle et l’électrotechnique, BTE Engineering Group entend non seulement structurer un métier d’avenir, mais aussi poser un jalon clé pour la souveraineté technique et l’autonomie des infrastructures africaines de demain.

 

© La Voix Des Décideurs

 

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