Affaire Martinez Zogo : l’ex-capitaine Effoudou charge Judith Yah Sunday et met en cause les opérateurs de téléphonie

▌L’affaire Martinez Zogo revient au centre du débat à travers un nouvel extrait de « Les mémoires du Capitaine Effoudou », une série d’entretiens réalisée dans le cadre du programme Master Class de la chaîne YouTube « Fauteuil Rouge », animé par le journaliste camerounais Morgan Palmer., qui relance les interrogations sur le rôle des opérateurs télécoms.

Par  Abdoul Kader, La Voix Des Décideurs

Yaoundé — Dans ce quatrième épisode, l’ex-capitaine Effoudou revient notamment sur les zones d’ombre qui entourent encore l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. Dans un extrait particulièrement incisif, il interpelle directement Judith Yah Sunday Epse Achidi, Directeur général de Cameroon Telecommunications (CAMTEL), au sujet de ce qu’il présente comme des entraves à la manifestation de la vérité.

Une interpellation directe à Judith Yah Sunday

Face à la caméra, l’ancien capitaine s’adresse directement à la dirigeante de CAMTEL et l’interroge sur les raisons pour lesquelles, selon lui, le tribunal militaire aurait rencontré des difficultés dans l’accès à certains éléments utiles à l’enquête.

« Qu’est-ce qui vous donne le droit d’aller faire balader un tribunal ? », lance-t-il, mettant en avant ce qu’il considère comme une obstruction susceptible de ralentir la manifestation de la vérité. Son intervention prend ensuite une dimension plus personnelle lorsqu’il évoque la mère de Martinez Zogo.

« Vous êtes une mère », rappelle-t-il à Judith Yah Sunday Epse Achidi, avant d’évoquer la douleur de la mère du journaliste assassiné, qui, selon lui, ne peut toujours pas faire pleinement son deuil.

 

 

« Les opérateurs de téléphonie sont la clé de l’affaire »

L’un des moments forts de cet extrait intervient lorsque le journaliste Morgan Palmer demande à l’ex-capitaine s’il considère les opérateurs de téléphonie comme un élément déterminant dans cette affaire.

La réponse est catégorique : « C’est eux la clé de l’affaire. »

L’ex- capitaine Effoudou affirme que les données techniques liées aux communications pourraient, selon lui, permettre de progresser dans l’identification des personnes impliquées dans l’opération ayant conduit à l’assassinat du journaliste Martinez Zogo.

Il évoque notamment la question de l’accès à Internet sur les téléphones attribués aux membres du commando et cherche à savoir qui aurait éventuellement donné des instructions pour empêcher ou limiter cet accès, ainsi que l’existence d’éventuelles consignes données aux opérateurs de télécommunications de ne pas coopérer avec les enquêteurs.

« Si on sait qui a donné les ordres… »

Dans son raisonnement, l’ex-capitaine établit un lien direct entre l’identification de ceux qui auraient donné de telles instructions et la recherche du commanditaire présumé.

« Si on sait qui a donné les ordres de bloquer Internet dans le téléphone des membres du commando chargé de l’exécution de Monsieur Zogo, si on sait qui a donné l’ordre aux opérateurs de téléphonie mobile de ne pas coopérer, bien on sait qui est le commanditaire », affirme-t-il dans l’extrait.

Ces propos constituent des déclarations de l’ex-capitaine Effoudou et ne sauraient être considérés comme des faits judiciairement établis. La responsabilité éventuelle de CAMTEL, de sa direction ou d’autres opérateurs de télécommunications doit être établie sur la base de preuves et des procédures conduites par les autorités judiciaires compétentes.

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Le quatrième épisode d’une série consacrée aux « mémoires » d’Effoudou

À travers « Les mémoires du Capitaine Effoudou », le programme Master Class de Fauteuil Rouge, porté par le journaliste Morgan Palmer, entend donner la parole à l’ancien capitaine sur plusieurs épisodes de son parcours et sur des dossiers qui ont marqué l’actualité camerounaise. Ce quatrième épisode s’inscrit ainsi dans une série de témoignages et de déclarations qui viennent nourrir le débat public autour de l’affaire Martinez Zogo.

Plus de trois ans après l’assassinat du journaliste, les questions relatives à la chaîne des responsabilités, aux éventuels commanditaires et aux éléments techniques susceptibles d’éclairer les dernières heures de la victime continuent de susciter l’attention.

Pour l’ex-capitaine Effoudou, la réponse semble claire. Reste désormais à savoir ce que les investigations judiciaires et les éléments de preuve permettront effectivement d’établir.

 

La Voix Des Décideurs