Musique Gospel  – Olivia Zama : de la Belgique au Cameroun, « TARA » marque un nouveau tournant

▌Après trois singles et un parcours musical qui se construit progressivement en Belgique, la chanteuse gospel camerounaise Olivia Zama vient au pays pour présenter « Tara », un clip qui révèle une nouvelle facette de son univers artistique. Une tournée promotionnelle entre retrouvailles avec ses racines et conquête de nouveaux publics.

 


 

Par Joseph AYANGMA, La Voix Des Décideurs

 

Yaoundé, LVDD  –  Il y a des voix qu’on écoute et d’autres qu’on ressent. Celle-ci fait partie de la seconde catégorie. Une voix venue du Cameroun, polie par le froid de Belgique, mais qui a gardé la chaleur et parfois la langue de ses origines.

Ses textes, elle les conçoit dans le temps, et non dans l’éphéméride « Je ne fais pas dans ce qui fonctionne actuellement » déclare-t-elle. Dès la première note, on comprend. Ce n’est pas du chant mais, un témoignage. C’est un timbre chaud, profond, légèrement voilé tel des matinées de prière dans un sanctuaire qui soudain, s’éclaire, monte et perce.

Un talent unique

En langue Etōn, « Zama » signifie Dieu, et on pourrait dire que son timbre vient du ciel. Il n’est pas fabriqué par auto-tune ou dans les studios. Il est brut, peaufiné au fil du temps dans la chorale de l’église, sans micro, où il fallait parfois porter sa voix au-dessus d’une centaine de fidèles.

Olivia a acquis cette justesse qui lui est innée, cette capacité rare à être juste, même dans les chuchotis. La justesse de l’artiste originaire du Cameroun, fait aujourd’hui qu’on pense que la note habite son corps.

 

Un timbre exact

C’est une mezzo qui courtise le soprano. Douce quand il faut implorer l’éternel, comme une mère qui berce et puissante quand il faut déclarer, comme une prophétesse qui ordonne aux montagnes de bouger. Ses fans Belges, qui l’ont découverte l’ont dit : « On ne savait pas qu’une voix pouvait avoir autant de corps et d’âme à la fois. »

Des envolées angéliques

C’est son paraphe presque dans tous ses singles. Elle part bas, presque en confession, puis elle monte le lyrique comme pour s’affirmer et remonte encore. Ce ne sont pas des cris, ce sont des ascensions mieux, « des envolées » pour rejoindre le vocabulaire musical. Elle est capable de transcender le fa, pour aller chercher le si.

Quand on croit qu’elle a tout donné, elle peut encore trouver du souffle pour une dernière variation question de donner de la chair de poule à tout amoureux averti du Gospel. Ses envolées, commente un fan sur sa page, « … sont un moment de reconversion à Christ » car, le temps s’arrête. C’est le cas dans son single « Tu es mon Dieu ».

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Du rythme

Il s’apparente au slow, ce n’est pas un(e) apôtre de slow triste, première impression que l’on pourrait avoir aux premières notes. C’est un rythme doux, folklorique, épousant le bikut’si-gospel ou un afro-adoration, dont l’instrumentale négro-eurasiatique combine violon, balafon et guitare.

Le résultat : un groove propre, carré, mais qui reste dansant, enraciné dans sa culture Ekang. On tape du pied sans s’en rendre compte. On est à la fois à la chapelle et au village comme dans son titre « Tara » qui signifie « Père ».

Entre le Cameroun et la Belgique, Olivia Zama n’a pas choisi mais, a fait un pont. Elle apporte à la Belgique la ferveur, la spontanéité, le feu du Gospel africain. Elle apporte au Cameroun la rigueur, l’exigence musicale, la finesse d’arrangement apprise en Europe.

On dit souvent que « le Gospel n’a plus de grande voix ». Que tout se ressemble. Il convient néanmoins de relever qu’il est des voix qui ne traversent pas les frontières mais les abolissent.

 

© La Voix Des Décideurs

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