Cameroun : Le PDC d’André-Marie Mbida fait son come-back politique, Simon-Pierre Ombga Mbida désigné nouveau président  général du parti

68 ans après sa création, le Parti des Démocrates Camerounais veut reconquérir sa place dans l’histoire politique nationale. Le nouveau président du PDC, Simon-Pierre Ombga Mbida, a placé cette renaissance sous le signe de la continuité historique. Le Ministre Plénipotentiaire a rendu hommage aux figures fondatrices du parti et appelé à une nouvelle dynamique politique.

 

Par Marcien Essimi ǀ La Voix Des Décideurs

Yaoundé, La Voix Des Décideurs ǀ Le 13 juin 2026 restera comme une date symbolique dans l’histoire du Parti des Démocrates Camerounais (PDC). Réuni en Congrès National Ordinaire dans le lieu chargé de mémoire qui fut la résidence d’André-Marie Mbida, figure historique de la politique camerounaise et fondateur du parti en 1958, le PDC a annoncé son retour sur la scène politique avec une ambition affichée : redevenir un acteur majeur du débat national.

« Le PDC n’est pas un parti comme les autres », ont martelé les responsables du mouvement, rappelant l’héritage politique d’André-Marie Mbida, présenté comme le dépositaire de valeurs fondamentales : la démocratie, la dignité humaine, l’amour du Cameroun et le courage politique.

Pour les dirigeants du parti, ce congrès n’est pas une simple rencontre statutaire. Il marque « un moment de refondation », une volonté de tourner une page après plusieurs décennies de difficultés, de marginalisation et de combats politiques.

« Le PDC spolié, le PDC martyrisé, le PDC ostracisé, mais le PDC éveillé et toujours bien vivant », a déclaré le parti, revendiquant la continuité historique d’une formation politique née dans les premières années de construction de l’État camerounais.

Le nouveau président général du PDC, Simon-Pierre Ombga Mbida

 

Le réveil d’un héritage politique

À travers ce congrès, le PDC entend remettre au centre du débat public l’héritage d’André-Marie Mbida. Le parti affirme vouloir renouer avec une ligne politique fondée sur la démocratie, la justice sociale et la défense de la dignité de la personne humaine.

Dans son discours de clôture, le nouveau Président Général du PDC, Simon-Pierre Ombga Mbida, a placé cette renaissance sous le signe de la continuité historique. Il a rendu hommage aux figures fondatrices du parti et appelé à une nouvelle dynamique politique.

« Le PDC est de retour », a-t-il déclaré, annonçant une nouvelle phase de mobilisation avec l’objectif de faire du parti une alternative politique crédible. Le nouveau bureau exécutif élu lors du congrès devra désormais transformer cette ambition en implantation politique concrète sur le terrain.

Un discours de rupture et de reconquête

Le message porté par les responsables du PDC est clair : le parti veut sortir de la marginalité et participer pleinement aux grands débats qui concernent l’avenir du Cameroun.

Dans son discours d’ouverture, le parti a insisté sur les défis nationaux : unité nationale, paix dans les régions en crise, emploi des jeunes, justice sociale, renforcement des institutions et place des citoyens dans la gouvernance publique.

Le PDC affirme vouloir défendre une démocratie qui dépasse le simple cadre électoral, en mettant l’accent sur l’équilibre des pouvoirs, la liberté d’expression et le respect de la volonté populaire.

Au lendamain du congrès

« Le Cameroun avant les clans »

Le congrès a également été marqué par un discours offensif sur la situation politique nationale. Les dirigeants du parti ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme des blocages institutionnels et appelé à un dialogue politique plus large.

Le mot d’ordre lancé aux militants : « Le Cameroun passera avant les clans ». Une formule devenue le symbole de ce congrès de relance, présenté comme « le congrès de la rupture » et « du sursaut ».

« Nous voici réunis parce que le Cameroun est à larrêt.  Depuis l’élection présidentielle du 12 octobre dernier, il ny a plus de gouvernement. Plus de cap. Plus darbitre.  Le pays est pris en otage par des clans qui se battent pour les postes, pendant que le peuple se bat pour survivre », a déclaré le diplomate.

Sans diplomatie, le nouveau Président Général du PDC a renchéri : « Le constat est brutal. Les activités tournent au ralenti. Les hôpitaux manquent de tout. Les routes se dégradent. Les jeunes nont plus dhorizon.  Et au sommet de l’État ? Depuis le 12 octobre 2025…. Le vide. Le silence. Le calcul.  Quand l’État abdique, ce sont les clans, les réseaux et les milices qui prennent sa place.  Cest exactement ce que dénonçait déjà André-Marie Mbida à l’époque : un pouvoir sans boussole, cest un pays sans avenir.»

Mais au-delà de la critique, le PDC affirme vouloir privilégier la voie démocratique et institutionnelle. Son nouveau président a insisté sur la nécessité d’une politique centrée sur l’intérêt général, la justice sociale et la dignité humaine.

 

La bataille de l’avenir

Le retour annoncé du PDC intervient dans un contexte où les formations politiques cherchent à redéfinir leur positionnement auprès des citoyens. Le parti veut capitaliser sur son ancienneté historique et sur la mémoire d’André-Marie Mbida pour proposer une nouvelle offre politique.

Pour ses responsables, l’enjeu est désormais de transformer l’héritage en force électorale, en allant à la rencontre des populations et en préparant les prochaines échéances politiques. Le pari est lancé : faire du PDC non plus seulement un symbole du passé, mais un acteur du présent et un prétendant sérieux pour l’avenir politique du Cameroun.

Le PDC veut écrire une nouvelle page de son histoire. 1958 appartient à la mémoire ; 2026 pourrait être l’année de sa renaissance.

 

© La Voix Des Décideurs

 

 

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