Forum africain de l’eau 2026 : Le Cameroun dévoile sa feuille de route hydrique à N’Djaména
▌ À N’Djaména, au Tchad, le Ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, représentant personnel du Président de la République, a défendu la stratégie du Cameroun pour renforcer la sécurité de l’eau. Il a également appelé les partenaires techniques et financiers à soutenir le Compact Eau, un programme d’investissement estimé à près de 4 milliards de dollars.
Par Alix Afana, La Voix Des Décideurs
Yaoundé – N’Djaména – Forum africain de l’eau à N’Djaména Organisé le 15 juillet 2026 dernier, sous l’égide de l’initiative « Water Forward » de la Banque mondiale, a permis au Cameroun de réaffirmer son ambition de faire de l’eau un levier stratégique de développement.
Représentant personnel du Chef de l’État, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, a porté la voix du Cameroun devant les ministres africains, les bailleurs de fonds et les partenaires au développement réunis ce jour pour réfléchir aux solutions durables en matière de sécurité hydrique.
Dans son allocution, le membre du Gouvernement a salué l’initiative des autorités tchadiennes et de la Banque mondiale avant de rappeler que, malgré un potentiel hydrique considérable, « le Cameroun reste confronté à une répartition inégale de ses ressources en eau ». Cette situation prive encore de nombreuses populations d’un accès fiable à l’eau potable et freine le développement des secteurs clés tels que l’agriculture, l’élevage, l’industrie et l’énergie.
Selon le ministre Gaston Eloundou Essomba, les inégalités entre les régions, spécialement entre les zones urbaines, rurales et sahéliennes, accentuent les difficultés d’approvisionnement. Dans les régions septentrionales, le manque d’infrastructures de stockage entraîne d’importantes pertes agricoles et pastorales, tandis que la baisse des niveaux d’eau affecte également la production hydroélectrique, qui représente près de 80 % du mix énergétique national.
Le Compact Eau, pilier de la stratégie gouvernementale
Pour inverser cette tendance, le Gouvernement a élaboré un Compact Eau, désormais validé, qui aidera de cadre de référence pour la politique nationale de sécurité de l’eau. Cette feuille de route prévoit des investissements dans les infrastructures hydrauliques, le renforcement de la gouvernance du secteur et l’amélioration de la qualité des services destinés aux populations.
Le Ministre a insisté sur la nécessité d’engager des réformes structurelles afin d’accroître les performances du service public de production et de distribution d’eau potable, condition indispensable pour garantir un accès durable et équitable à cette ressource essentielle.
Près de 4 milliards de dollars à mobiliser
Évalué à près de 4 milliards de dollars américains, le Compact Eau bénéficie déjà d’un niveau de financement estimé à environ 30 %. Des négociations sont également engagées pour mobiliser une nouvelle tranche de financement, mais un important besoin des ressources demeure.
À cet effet, Gaston Eloundou Essomba a lancé un appel aux partenaires techniques et financiers afin d’accompagner le Cameroun dans la réalisation de ce programme structurant. Il a salué le soutien déjà apporté par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, notamment à travers le Projet de Sécurité de l’Eau au Cameroun (SEWASH), qui prévoit la construction d’une centaine de mini-adductions d’eau potable dans les régions sahéliennes et l’accompagnement des réformes institutionnelles.
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En clôturant son intervention, le représentant personnel du Chef de l’État a réaffirmé que la réussite du Compact Eau constitue un enjeu majeur pour le Cameroun.
Au-delà de l’amélioration de l’accès à l’eau potable, cette stratégie à pour but de renforcer la sécurité alimentaire, de soutenir la production énergétique, d’accroître la résilience face aux changements climatiques et faire de l’eau un véritable moteur de croissance économique et de développement durable.
©La Voix Des Décideurs











































