Pétrole : le Cameroun a généré plus de 1 156 milliards FCFA grâce à sa production d’hydrocarbures en 2023
■ Dominée par PERENCO et ADDAX, la production nationale atteint près de 24 millions de barils, confirmant le rôle stratégique du secteur pétrolier dans l’économie camerounaise.
Par Marcien Essimi , La Voix Des Décideurs
Yaoundé – Le secteur des hydrocarbures demeure un pilier majeur de l’économie camerounaise. Selon les données publiées par l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) Cameroun, le pays a produit 23 881 698 barils d’hydrocarbures liquides en 2023, pour une valeur marchande estimée à 1,905 milliard de dollars américains, soit 1 156,01 milliards de FCFA.
Cette performance illustre la contribution essentielle du pétrole aux recettes d’exportation, aux finances publiques et aux revenus de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), dans un contexte où les ressources extractives continuent de jouer un rôle déterminant dans le financement de l’économie nationale.
PERENCO conforte sa position de leader
L’analyse des chiffres révèle une forte concentration de la production entre les mains de quelques opérateurs. PERENCO confirme son statut de premier producteur de pétrole du Cameroun en exploitant plusieurs des principaux champs du pays, notamment RDR CPP, RDR CC, Bolongo, Dissoni, Moabi, Moudi et Ebome.
À lui seul, le champ RDR CPP affiche une production de 8,7 millions de barils, représentant plus de 36 % de la production nationale. Associé au champ RDR CC, le complexe de Rio del Rey dépasse 11,4 millions de barils, soit près de la moitié du pétrole produit au Cameroun en 2023.
Cette domination traduit l’importance stratégique des actifs de PERENCO dans le bassin de Rio del Rey, principal bassin pétrolier du pays.
ADDAX, un acteur incontournable
Deuxième opérateur du secteur, ADDAX Petroleum maintient une présence significative grâce aux champs Lokélé (CPP), Lokélé (MA) et Iroko.
Ensemble, ces actifs totalisent plus de 7 millions de barils, soit près de 30 % de la production nationale. Le champ Lokélé (CPP), avec 3,82 millions de barils, figure parmi les gisements les plus productifs du pays.
Une production concentrée sur quelques champs
Les données de l’ITIE mettent également en évidence une forte concentration géographique de la production. Les cinq principaux champs – RDR CPP, Lokélé (CPP), RDR CC, Iroko et Bolongo – assurent à eux seuls près de 80 % de la production nationale.
Cette situation constitue un atout en matière d’efficacité opérationnelle, mais elle souligne aussi une vulnérabilité structurelle : tout déclin de production sur l’un de ces champs aurait un impact direct sur les recettes pétrolières du pays.
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Le rapport montre que les hydrocarbures camerounais sont commercialisés à des prix différents selon leur qualité. Le brut KOLE a enregistré un prix officiel moyen de 81,76 dollars le baril, contre 78,98 dollars pour le brut LOKELE. Quant au pétrole EBOME et aux condensats, ils ont été valorisés à 64,04 dollars le baril.
Ces écarts reflètent les caractéristiques physiques des différents bruts ainsi que leur attractivité sur les marchés internationaux.
Les condensats gagnent en importance
Outre le pétrole brut, le Cameroun a produit 980 499 barils de condensats en 2023, principalement grâce au projet Sanaga Sud FLNG, qui concentre près de 89 % de cette production. La valeur de ces condensats est estimée à 62,79 millions de dollars, soit environ 38,09 milliards de FCFA, illustrant la montée en puissance de la filière gazière dans le paysage énergétique national.
Un secteur stratégique face aux défis du renouvellement
Si les performances enregistrées en 2023 confirment la résilience du secteur pétrolier camerounais, elles mettent également en lumière plusieurs défis. La dépendance vis-à-vis d’un nombre limité de champs matures, la nécessité d’intensifier les activités d’exploration et le renouvellement des réserves figurent parmi les principaux enjeux pour maintenir les niveaux de production dans les années à venir.
Le développement de nouveaux projets pétroliers et gaziers, conjugué à une gouvernance transparente des revenus extractifs, apparaît ainsi comme un levier essentiel pour préserver la contribution du secteur à l’économie nationale.
Avec plus de 1 156 milliards de FCFA de valeur générée en une année, les hydrocarbures demeurent un moteur de croissance et un pilier des finances publiques. Les données de l’ITIE rappellent toutefois que la pérennité de cette richesse dépendra de la capacité du Cameroun à renouveler ses ressources, attirer les investissements et diversifier progressivement son portefeuille énergétique.
© La Voix Des Décideurs











































