Cameroun – « Six grands projets d’avenir » :  Le cru et le cuit

►Annoncés en juin 2013 pour être réalisés avec le modèle de financement PPP, ils n’ont jamais vu le jour.

 

 

 

Tramway à Douala et à Yaoundé, lignes de chemin de fer Edea-Kribi et Douala-Limbe, port cimentier de Limbé, terminal polyvalent au port de Kribi. Des projets bien couchés sur le papier depuis bientôt 7 ans, tardent à se concrétiser. Sur la liste de ce que le gouvernement en 2013 appela «six grands projets d’avenir», seul le dernier a vu le jour. Black-out sur les 5 autres.

Il en est de même pour la quinzaine de projets à réaliser en PPP rendus publics en février 2014 par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). Aux dernières nouvelles recueillies au Minepat, des financements sont toujours recherchés.

 

 

 

Déficit de maturité

De l’avis des organisations patronales, «les projets proposés par le gouvernement pour être réalisés en PPP sont pour l’essentiel au stade d’idées de projets». «Il y a globalement un problème d’identification du type de projet à réaliser en PPP dans notre pays», explique une source au sein d’une multinationale pressentie dans la réalisation d’une des six infrastructures annoncées en 2013. Et d’ajouter : «il y avait dans cette liste, des projets qui ne pouvaient pas se faire en PPP. Mais comme c’était à la mode, tout le monde disait : « il faut qu’on réalise un PPP ».

 

Logiques mercantilistes

Le Carpa reconnait lui-même l’existence d’un tel problème. Dieudonné Bodoma Yokono (président du Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariats (Carpa) cite en effet «l’insuffisante préparation des projets» parmi les difficultés techniques et opérationnelles rencontrées dans l’implémentation des PPP.

Au sein de cette instance, placée sous la tutelle du Premier ministre, l’on avait même manifesté de la gêne en 2014, lorsque le Minepat avait inscrit dans la liste des projets à réaliser en PPP, ceux qui n’avaient fait l’objet d’aucune étude préalable.
Selon un membre du Comité d’orientation, qui a requis l’anonymat, certaines administrations le feraient en toute connaissance de cause, dans le but de saboter les PPP.
«En réalité, elles préfèrent la réalisation des projets par l’endettement ou le budget d’investissement public, qui leur donnent plus de marge de manœuvre en matière de rétrocommissions», soutient notre source.

À l’en croire, c’est également ce qui explique la petite envergure de la plupart des projets matures envoyés pour réalisation au Carpa. La modernisation du système informatique de la douane est le PPP le plus coûteux conclu sous l’égide de cette structure. Montant de l’investissement : 34 milliards de francs CFA.

 

© La Voix Des Décideurs
►Abdoul Kader

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