Le Syndicat national des chercheurs du secteur public (SYNAC) interpelle la Communauté nationale sur l’impact positif de son action au produit intérieur brut.

 

► La Voix Des Décideurs  – Le développement du Cameroun depuis l’entrée au 21ème siècle fait recours à diverses stratégies dont les résultats restent improbants. Les Documents de stratégies de réduction de la pauvreté (DSRP), et  pour la croissance et l’emploi (DSCE) sont engagés. Ils prennent tous deux corps et se succèdent respectivement en 2003, puis en 2009.

L’envers de l’exclusion   

Cependant, la recherche camerounaise reste faiblement impliquée comme outil d’impulsion de la croissance du Produit intérieur brut (PIB) du Cameroun. La capacité à implémenter la recherche dans tous les domaines de la vie courante s’avère très mollement conséquente.

Ainsi, l’innovation sensée contribuer au développement du Cameroun, n’a pas suivi dans différents secteurs sociaux et économiques. La situation peut ainsi expliquer l’échec de ces stratégies au développement du Cameroun.

Dr Alban Ngatchou, Président du SYNAC

Engagement critique

Les choix politiques apparaissent ainsi un frein à la valorisation de la recherche camerounaise. Pour Dr Alban Ngatchou, président du SYNAC, la place du chercheur est sine qua non dans la participation du PIB. Ce leader de la cause des chercheurs indique que « nous voulons qu’on nous mette dans les conditions à même de nous permettre de libérer notre potentiel d’innovation ».

Pour ainsi dire, « les chercheurs veulent se positionner comme le véhicule vers l’émergence ». Toute chose qui pour un développement du Cameroun, dans son effectivité, engage leur responsabilité. Pour ce faire, le syndicat soumet depuis peu, au Ministère de la recherche scientifique et de l’innovation, un comité de dialogue social. Ledit comité doit servir de plateforme de partage du produit de la recherche avec le monde professionnel.

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Ainsi, par cette plateforme, impulser la matérialisation du produit de la recherche en concret devant servir au quotidien des Camerounais. Les chercheurs servent par conséquent d’Input au monde professionnel qui devient requérant et consommateur des actions de la recherche.

Carburant de recherche

Mais au-delà, le nerf de la guerre, l’argent pour booster la recherche doit faire l’objet d’une législation bien définie. A en croire le SYNAC, l’État serait garant d’un fonds public pour le développement du Cameroun via un mécanisme de financement pérenne.

Ainsi, avec 120 milliards de francs Cfa de fonds par an, c’est environ 1.000 projets de recherche sur 12 mois. Le fonds représentant environ 05% du PIB, permettra de financer l’agro-industrie, l’énergie électrique, le numérique et les sciences sociales. Selon une étude, les 1.000 projets de recherche à raison de 120 millions de francs Cfa chacun, généreraient 800 brevets compétitifs pour 300.000 emplois sur 2020-2030.

Un tel financement, pourrait impacter le PIB d’au moins 4.000 milliards de francs Cfa par an. Ce qui ramènerait le pays autour de 15% de taux de croissance par an, pour un meilleur développement du Cameroun.

Plus ou moins

En 2011 le Cameroun pointait à la 103ème place sur 125 pays de l’indice mondial de l’innovation. En 2017 la dégringolade l’a conduit à la 117ème place sur 127 pays selon le même indice. Des statistiques dues au faible intérêt pour la recherche scientifique et l’innovation.

La réalité se traduit par 10 milliards de francs Cfa alloués comme budget annuel au Ministère chargé de la recherche scientifique. Pourtant, 230 milliards sont recommandés par l’Union Africaine à chaque pays membre, à travers le plan d’action de Lagos 1980. Une recommandation pour laquelle le Cameroun s’est engagé sans vraiment l’implémenter. Ce qui favorise les industries et commerces à capitaux étrangers et les importations à plus de 80% du marché national. La balance commerciale se faisant de plus en plus déficitaire.

Bâtir et conquérir

Les chercheurs Camerounais accusent désormais, plus que par le passé, une stature d’ouvriers pour le développement du Cameroun. Cette dernière passe par un triptyque missionnaire.

Ainsi, le chercheur revêt les fonctions d’ouvrier des politiques nationales de recherche, d’entrepreneur scientifique et d’architecte de développement. Par conséquent, le chantier industriel de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 lui est dévolu. Ses travaux scientifiques peuvent faire l’objet d’obtention de brevets d’invention sur le plan industriel. De même, la production de brevet lui permet de participer à la création d’emploi source de richesses et à la participation du budget de l’État.

 

Eric Martial NDJOMO E. ► La Voix Des Décideurs

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