DOUALA – HÔPITAL LAQUINTINIE : Louis Richard Njock sort un grand malade du bloc

Depuis la prise de fonction du Pr Louis Richard Njock, cette institution hospitalière fait une mue progressive qui rassure les usagers. Entre les innovations infrastructurelles et les changements liés aux comportements des employés de l’hôpital, il y a lieu de dire que l’hôpital Laquintinie affiche à ce jour un visage des plus reluisants. L’enquête de La Voix Des Décideurs.

 

 

 

Au moment de sa prise de fonction en avril 2016, les défis qui attendaient le Pr Louis Richard Njock étaient aussi nombreux que l’hôpital Laquintinie est vaste. En effet, la formation sanitaire dont il prenait la charge en qualité de Directeur Général traînait une réputation aussi puante qu’une fosse septique mal entretenue. Entre l’affaire relative à l’éventration à mondovision de Monique Koumatéke ; le vol des médicaments ; le détournement des patients ; l’absentéisme des personnels…, la liste des récriminations avait la taille d’un chapelet moine et ne donnait pas bonne presse à cet hôpital de référence implantée dans la capitale économique du Cameroun.

Sombres souvenirs
En parcourant les rues de Douala et en écoutant attentivement les conversations des populations, la seule bonne nouvelle qui pouvait provenir de l’enceinte de cette formation sanitaire ne concernait que les morts : ils avaient la certitude de reposer désormais en paix et d’échapper aux vicissitudes de ce monde. En d’autres termes, en entrant à l’Hôpital Laquintinie, il fallait s’assurer qu’on avait suffisamment d’argent à défaut d’écrire soi-même sa biographie et son programme des obsèques.

Une ancienne patiente que nous avons rencontrée nous a fait une confidence troublante à ce sujet. « En 2006, j’ai été victime d’un accident sur le chemin de fer. J’avais alors perdu mon foi, j’ai même eu une hémorragie interne. J’ai attendu deux jours avant d’être opérée parce que ma famille n’avait pas versé le montant exigé pour mon opération » affirme-t-elle, une perle de larme coulant sur sa joue, signe que la douleur lui est restée en travers de la gorge.

 

 

 

Face à tous ces faits, il fallait réagir. Et le gouvernement a su le faire le 12 avril 2016 en remplaçant le Dr Jean II Dissongo par le Pr Louis Richard qui était jusqu’alors en service à l’hôpital régional d’Edéa.

« L’éthique et la déontologie » de retour
Une fois la passation de service effectuée, le nouvel impétrant a directement pris le taureau par les cornes en lançant l’Initiative à résultat rapide (IRR) de la Commission nationale anti-corruption (Conac). La mise en pratique de cette opération a prioritairement visé la lutte contre le faux médicament qui était devenu une véritable gangrène.

Décriée par les patients, cette pratique freinait la bonne marche des activités de l’hôpital et paralysait les actions de relooking de l’image de Laquintinie. L’ambition du Pr Njock était alors de ramener « l’éthique et la déontologie » au sein de cette formation sanitaire de référence.

Si les habitudes ont la peau dure, les nouvelles qui viennent du site font état de ce que le faux médicament n’est plus qu’un mauvais souvenir et ceux des employés qui se livraient à cette activité ont été mis en quarantaine.

« Actions fortes »
Les grands hommes se distinguent par les actions fortes qu’ils mènent au quotidien pour écrire leur nom en lettre d’or. Le Pr Njock a démontré sa détermination à marquer d’une empreinte indélébile, l’histoire de l’hôpital qu’il dirige. Et ce ne sont pas les actions qui manquent pour le démontrer. L’une d’elle et pas des moindres, c’est la réhabilitation des urgences de l’hôpital dans le but d’optimiser la prise en charge des malades dont le pronostic vital est engagé.

 

 

D’un coût global de 14 millions, les travaux ont été réalisés grâce à un partenariat qui lie l’hôpital Laquintinie à l’Ong Pepfar. Lesdits travaux ont offert à cet important service, une architecture plus fonctionnelle, pour accueillir le flux de malades et améliorer la gestion des personnes victimes de catastrophes. Dans le même sillage, le système d’accueil et d’orientation a été rénové, avec l’aménagement de boxes confidentiels pour le personnel hospitalier et pour l’intimité du malade.

Amélioration du service d’orientation
Tout visiteur de passage à l’hôpital Laquintini peut également remarquer que le service d’orientation a été amélioré. Contrairement au calvaire qui voulait que l’on se renseigne en posant des questions aux passants, le Pr Louis Richard a facilité la circulation dans l’enceinte de l’hôpital.

Des enseignes lumineuses ont été placées dans tout l’hôpital. Fléchées, elles indiquent les différentes directions à prendre pour se rendre dans un service précis.

 

 

Confiance des patients rétablie
Inéluctablement, toutes ces innovations au plan infrastructurel n’ont pas empêché de s’appesantir sur les comportements humains. Le vol des médicaments, l’absentéisme des médecins ne sont plus que de vieux souvenirs. Le Pr Njock a réussi à tordre le coup à toutes ces mauvaises habitudes. Et mieux que les mots d’un journaliste, le témoignage d’un patient peut mieux résumer cet état des choses.

« Lorsque, depuis l’hôpital de la Cité des Palmiers, on m’a signalé que j’allais être évacué à Laquintinie, j’ai paniqué parce que c’est un hôpital qui il y a peu, avait très mauvaise réputation. Mais à ma grande surprise, des urgences où j’ai été reçu jusqu’à la cardiologie où l’on m’a gardé, tout le personnel m’a fait très bonne impression. Aux urgences, j’ai été pris en charge immédiatement après mon arrivée et ce n’est le lendemain matin après que j’ai été référé que nous avons parlé d’argent. A la cardiologie, j’ai constaté que le médecin traitant passait au moins deux fois par jour pour s’enquérir de la situation de chacun. Plus encore, au moment des soins, seuls les gardes malades ont accès au sac de médicament. Les infirmières n’y touchent pas. C’est certainement pour cela qu’on entend plus parler de vol des médicaments ».

Ce long témoignage en dit suffisamment sur les nouvelles règles en vigueur à l’hôpital Laquintini de Douala. Lesquelles ont travaillé à redorer le blason de cette prestigieuse formation hospitalière et à rétablir la confiance des patients qui y vont désormais sans crainte de subir les méthodes d’arnaque et d’abandon qui y avaient déjà installé leur lit.

 

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